Actualités :: Procès dit "Charbon fin" : "On n’est pas à cette barre pour être audité sur le (...)

La parole était du côté des conseils de IAMGOLD Essakane SA, ce vendredi 1er décembre 2023, pour la suite de l’instruction du dossier. La Défense a souhaité revenir sur la prévention de fraude délivrée par le procureur.

Me Yanogo, d’entrée de jeu, fait observer qu’il est reproché à Essakane SA, une fraude à travers une tromperie sur la quantité et la qualité de l’or contenu dans le charbon fin en augmentant le taux d’humidité pour minorer la teneur d’or.
"Avant d’en venir aux questions, je voulais faire une première observation. Je voulais rappeler que pendant la phase d’instruction, M. Yonli à fait ressortir que la composition n’était pas homogène

La deuxième observation de Me Yanogo porte sur le processus de récupération du charbon fin. Pour lui, la prévention qui a été signifiée à Essakane SA n’est pas une comparution pour être audité sur son mode de fonctionnement.

La troisième observation concerne la composition du charbon fin. Me Yanogo fait remarquer qu’ Essakane SA a toujours signifié au Parquet qu’en plus du charbon fin il y avait d’autres éléments.

Il termine ses observations sur la légalité d’exportation du charbon fin. A ce niveau, Me Yanogo fait comprendre qu’il n’a jamais été reproché à Essakane SA d’avoir illégalement exporté du charbon fin.

Après ses observations, Me Yanogo se retourne vers la directrice pays de IAMGOLD Essakane SA, Blandine Kaboré, à la barre, pour son interrogatoire.

"Pensez-vous que vous avez usé de tromperie sur la qualité ou la quantité du charbon fin ?"
"Non. S’il devait y avoir de la tromperie, nous n’allons pas impliquer les structures compétentes de l’État"

"Qu’est-ce que vous comprenez par qualité de l’or ?"
"La question de la qualité de l’or, je ne comprends pas trop. Parce qu’on n’exporte pas de l’or mais du charbon fin. Dans le cas d’espèce on ne peut pas parler de qualité de l’or"

"Qu’en dites vous de la quantité d’or ?"
"Il n’y a pas eu également de tromperie sur la quantité d’or. Sur la base des documents, ce sont les mêmes données qui sont indiquées"

"On parle d’une différence de 67t. Pouvez-vous nous en parler ?"
"Elle résulte d’une défectuosité de la balance. Nous avons expliqué cela ici que lors des instructions nos équipes l’ont relevé. Et ça concerne 2 à 3 conteneurs. Quand nous avons constaté cela, il est ressorti que pour ces conteneurs, la balance était défectueuse"

"Est-ce que Essakane SA a fait un acte quelconque dans le cadre du taux d’humidité ?"
"La réponse est non. Nos techniciens sont là, ils pourront l’expliquer. Dans la processus, c’est quasiment impossible de faire cette manœuvre. Je précise que l’augmentation du taux peut jouer sur la teneur mais de la qualité d’or"

Sur les minorations des teneurs, Me Yanogo ajoute que le BUMIGEB a déclaré qu’il n’y a pas de fraude et que les marges sont acceptables. En plus du BUMIGEB , des laboratoires certifiés ont fait la même analyse.

Selon l’avocat de l’État, Me André Ouédraogo, dans la soirée d’hier, il s’est senti interpellé. "On a eu a dire devant votre juridiction que l’État devrait être poursuivi dans cette affaire. Pour cela, à titre illustratif, nous allons procéder à un interrogatoire de la représentante de IAMGOLD Essakane SA", situe-t-il.

"Si un policier donne son arme de service à un collègue qui commet un crime. Est-ce normal ?"
"Il faut se référer à la loi. Est-ce que le policier avait le droit de donner son arme à son collègue ?. Tout se résumerait là".

"Si on doit poursuivre celui qui a commis l’acte, penses-tu qu’on doit aussi poursuivre tous les policiers"
"Celui qui a commis l’acte c’est sûr qu’il sera poursuivi. Mais s’il a aussi reçu un ordre, cette personne aussi doit être poursuivie, ainsi de suite".

"S’il n’a reçu aucun ordre, est-ce qu’on doit poursuivre le corps de la police ?"
"Je sais que le corps de la police est très respectueux de la réglementation. Donc, je ne peux pas être catégorique "

"Pourquoi vous n’avez pas jugé opportun de poser une plainte au niveau du Parquet ?
"C’est ce que je venais de dire, c’est à l’administration burkinabè de le faire. Essakane n’a pas à poursuivre des agents. Ce que nous avons, ce sont des documents légaux"

Me Ouédraogo conclut en disant que cet interrogatoire visait à avoir des noms sur ces agents de l’État dont Essakane SA fait allusion pour que le ministère public donne des suites. Il poursuit en affirmant que même dans l’hypothèse de l’absurde, c’est pas parce qu’une autorité a donné une autorisation que cette autorisation devient automatiquement légale.

L’audience se poursuit...

Obissa Juste Mien
Lefaso.net

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