Actualités :: Prévention des maladies épidémiques : Des chercheurs burkinabè et danois (...)

Les résultats de plusieurs études sur la détection et la prévention des maladies épidémiques, menées par des chercheurs burkinabè et danois ont été présentés le 27 novembre 2023, à Tenkodogo.

Des chercheurs burkinabè et danois font front commun dans la prévention et la détection des maladies épidémiques. En effet, dans le cadre du projet "Emerging épidemics : improving preparedness in Burkina Faso", des sociologues, anthropologues et épidémiologistes de l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, du Centre national de la recherche scientifique technologique et leurs collègues de l’université d’anthropologie de Copenhague du Danemark ont mené une étude sur la prévention et détection des épidémies de 2019 à 2024 dans les régions des Hauts Bassins et du Centre-est.

Ce sont les fruits de cette recherche qui ont été présentés, le 27 novembre 2023 à Tenkodogo. Les principaux résultats, selon Dr David Ilboudo, font ressortir l’inopérationnalité des stratégies de surveillance, l’incompréhension et l’incapacité des populations à pouvoir utiliser les canaux de la communication mobile pour pouvoir transmettre l’information au niveau du district. Autre acquis soulevé, c’est que l’étude a permis de former quatre doctorants dont trois ayant déjà soutenu leurs thèses. Dr Ilboudo a ajouté que les agents de santé à base communautaire, les structures de veille qui participent à la surveillance épidémiologique ne sont pas suffisamment utilisés. Il recommande une meilleure fluidité de l’information et une meilleure capacitation au niveau central pour capter l’information.

Son collègue, Dr Hamidou Sanou, ayant travaillé sur l’usage des technologies de l’information et de la communication dans le système de surveillance des maladies épidémiologiques dans le district sanitaire de Dandé, a constaté que les TIC sont utilisées pour améliorer les indicateurs épidémiologiques. Elles facilitent l’envoi des fiches de surveillance, des fiches de suivi des malades. Toutefois, Dr Sanou a relevé que des logiciels implémentés par les bailleurs de fonds ou le ministère de la Santé ne tiennent pas compte de certaines réalités du terrain, en l’occurrence la question du réseau, la répartition des charges de travail, la compétence dans la détection de certaines maladies. Ce qui lui a permis d’affirmer que ce sont des facteurs qui limitent l’utilisation des TIC dans le contexte burkinabè et rend difficile la construction d’une infrastructure numérique.

Autre insuffisance soulignée par le chercheur, c’est la méconnaissance par les agents de santé de la politique de cyber santé de 2005 révisée en 2016. Il recommande alors que les écoles de formation en santé puissent augmenter les horaires consacrés à la formation en informatique, parce que, d’après lui, les agents de santé formés le plus souvent à l’utilisation des logiciels ne maîtrisent même pas les codes techniques de l’ordinateur. Dr Sanou a déploré aussi la charge de travail, jugée très importante, pour les agents de santé, des outils inadaptés remis aux agents avec une connexion mensuelle gérée par les comités de gestion. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’accompagner les agents de santé à base communautaire qui participent à la surveillance de la maladie.

Quant au Dr Cheick Omar Diallo, il a, lui également, relevé plusieurs couacs. Il s’agit, entre autres, de l’insuffisance de stratégie adoptée dans la gestion d’une pandémie nouvelle, l’absence paradoxale de données des ASBC en ce sens que leurs données ne sont pas disponibles en temps réel au niveau central. Il a mentionné en outre l’absence de liberté d’action et de stratégie accordée aux CSPS et la défaillance des comités de surveillance.

Il en a conclu que si les populations vont vers des tradipraticiens, c’est qu’elles ont des appréhensions à l’égard du système de santé.
Pour le directeur régional de la santé et de l’hygiène publique du Centre-est, Dr Issa Guiré, cette étude est importante en ce qu’elle porte sur une thématique d’actualité, notamment la gestion des maladies à potentiel épidémique. Il a promis que ces résultats, fort appréciables, seront pris en compte pour améliorer la pratique quotidienne au plan local.

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