Actualités :: Burkina : Le SEPAFAR lance le débat sur le panafricanisme, la religion et la (...)

Le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR) a tenu une conférence, ce dimanche 19 novembre 2023 à la chapelle Bethléem de la cathédrale de Ouagadougou, dans le cadre de ses rencontres qui se tiennent chaque troisième dimanche du mois. Pour cette fois-ci, les membres de ce service ont échangé à bâtons rompus avec Pr Jacques Nanéma sur le thème « Panafricanisme, religion, culture, politique, activisme. Qu’en est-il ? ».

Grosso modo, on peut retenir de l’intervention du philosophe que le panafricanisme s’entend comme une doctrine ou un mouvement idéologique né des blessures que l’histoire a infligées aux populations de couleur noire, exposant ces dernières à des déplacements hors de chez elles et en les enlisant dans une condition d’infériorité provoquée et entretenue par des personnes d’une autre couleur, se réclamant d’une vocation de domination et d’une mission de civilisation. Il se manifeste par la recherche insistante d’une solidarité sans faille, avec la ferme volonté de rétablir un ordre originel considéré comme essentiel. Il vise à revaloriser la race noire.

L’activisme, quant à lui, désigne un modèle d’expression de ses opinions politiques qui consiste en une tentative de gouverner, non pas par les idées et les arguments, mais par la force médiatique dont on se sert pour manipuler les consciences, les opinions et les comportements des citoyens. « Elle consiste à entrer dans l’absolu, à coup de pistolet, sans médiation et se fait par la mobilisation de toutes les énergies en vue de l’atteinte des objectifs politique, économique, écologique, social ou religieux. Il sert autrement que comme un vrai outil de manipulation suivant un mode opératoire destiné à susciter des sentiments et des attitudes les plus déraisonnables possibles », a expliqué Pr Jacques Nanéma.

Pr Jacques Nanéma (à droite).

Pour ce qui est de la religion, il s’agit de la construction d’une liaison entre les hommes. « C’est une organisation sociale qui partage croyance, rites, cérémonies. Au-delà de leurs habitudes, les hommes désirent un ailleurs, une transcendance. Ils désirent se connecter à quelque chose d’autre qu’à ce qu’ils vivent, qu’à ce qui est dans l’espace et le temps. La religion est un dépassement de la vie. Elle est protestation contre la finitude constitutive de l’être humain livré au sort des choses et des êtres inférieurs ou considérés comme tels », a défini le conférencier.

Quant à la culture, il l’a définie comme un ensemble de valeurs qui forgent les mentalités et organisent les comportements, structurant les habitudes et sédimentant les règles. « Chacun a les codes de limites de sa propre culture. Mais il peut aussi les abandonner, les transformer, les enrichir, avec d’autres valeurs venues d’ailleurs ou avec d’autres valeurs qui arrivent avec le temps », a-t-il précisé.

Pour ce qui est de la politique, Pr Jacques Nanéma la voit comme « le facteur qui fait décupler les forces et la vision par lesquelles les objectifs poursuivis individuellement et avec difficulté peuvent être atteints plus aisément, en raison de la complémentarité des compétences et des ressources que représentent l’association politique. Elle regroupe des individus de plusieurs appartenances religieuses, de différentes cultures. Donc accepter de questionner la politique, c’est oser lui demander de rehausser son idéal pour qu’elle prenne la mesure de ce que c’est que gouverner des gens qui partagent des valeurs dans l’enracinement et au-delà de leur enracinement ».

« Je suis ravie de ce que j’ai pu apprendre », Ida Sawadogo.

La présentation du thème a été suivie de débats sur l’actualité, en lien avec la crise sécuritaire et la gouvernance. Pour Ida Sawadogo, chargée de communication adjointe au sein du comité d’animation du SEPAFAR, cette conférence a été édifiante. « Elle a permis, au-delà des connaissances que nous avons, de nous enrichir sur les différentes notions qui ont été abordées. Il y a eu beaucoup de réactions et les échanges étaient fructueux. Cela est nécessaire pour nous qui devons être des modèles déjà en tant que catholiques, mais aussi pour ce que nous savons de façon générale, des modèles pour notre entourage », a-t-elle laissé entendre.

Au terme des échanges, Pr Jacques Nanéma a invité les uns et les autres à faire de l’éducation « une affaire sérieuse, non pas pour soumettre davantage les nouveaux venus, les plus jeunes aux anciens, mais pour faire circuler plus d’humanité ». La rencontre de ce jour s’est terminée par une messe.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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