Actualités :: Burkina Faso : Moins de 1% de la richesse nationale est consacrée au (...)

L’ONG WaterAid et ses partenaires ont présenté les résultats de l’étude sur le financement du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement au Burkina Faso. L’atelier de restitution de cette étude s’est tenu ce vendredi 19 mai 2023 à Ouagadougou, en présence de plusieurs participants issus d’ONG, d’organisations de la société civile, des associations de développement, des services techniques de l’Etat, du Parlement et des partenaires techniques et financiers.

L’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement constitue une problématique à laquelle de nombreux pays font face dont le Burkina Faso. Pour ce faire, le Burkina Faso, à travers le ministère en charge de l’eau et de l’assainissement, a élaboré plusieurs programmes qui s’inscrivent dans les Objectifs de développement durable (ODD) des nations unies. Ces programmes visent l’atteinte de l’objectif 6 des ODD relatif à l’eau et l’assainissement à savoir « garantir l’accès de tous à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

La mise en œuvre de ces programmes a permis des avancées en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement mais ces progrès n’ont pas encore permis au pays d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Selon les chiffres du rapport de performance 2022 du secteur « environnement, eau et assainissement », le taux d’accès à l’assainissement est passé de 19,8% en 2016 à 27,5% en 2022. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, le taux d’accès est passé de 72,4% en 2016 à 76,20% en 2022 avec des disparités sur l’ensemble du territoire, selon que les populations se trouvent en milieu urbain ou en milieu rural. Une situation qui pourrait s’aggraver en raison de la crise sécuritaire.

Séance de présentation des résultats de l’étude

C’est dans ce sens que WaterAid Burkina Faso en collaboration avec le Centre d’information, de formation et d’études sur le Budget (CIFOEB), a conduit une étude d’évaluation de la quantité et la qualité actuelle du financement WASH (eau, hygiène et assainissement) au Burkina Faso. L’objectif de cette étude est de faire une analyse budgétaire rétrospective et prospective des ressources allouées au secteur du WASH (eau, hygiène et assainissement) de 2017 à 2025.

Il s’agit notamment de tracer l’ensemble des flux financiers au profit du secteur WASH, vérifier le respect des engagements de l’État dans le secteur du WASH, apprécier le niveau de ressources de l’État transférées aux collectivités territoriales pour la réalisation du secteur WASH mais aussi de l’éducation et de la santé, d’analyser l’influence des acteurs budgétaires et identifier les portes de plaidoyer pour une amélioration des ressources au profit du secteur WASH, d’analyser la contribution des autres secteurs (éducation, santé, urbanisation, mines, infrastructures, etc.) au secteur WASH, etc.

Le présidium lors de cet atelier de restitution de l’étude

Pour Célestin Pouya, directeur du plaidoyer et de la communication de WaterAid Burkina Faso, la rencontre de ce jour concerne l’évaluation du niveau de prise en compte des questions d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement par les lois de finances au Burkina Faso.

« Les pays membres de l’ONU préparent une grande rencontre à New York au Etats Unis au mois de juillet pour pouvoir mesurer les performances de mise en œuvre des ODD. Et le Burkina Faso particulièrement s’est porté volontaire pour élaborer un rapport de mise en œuvre. Nous voulons donc faire la restitution de cette étude pour voir si nous avons les moyens de nos ambitions.
Ces résultats vont permettre à l’Etat de se corriger, au parlement pour le vote des lois notamment le budget alloué à ces secteurs et aux ONG et OSC, de faire un plaidoyer afin de mettre les moyens notamment financiers pour relever ces défis », ajoute-t-il.

Célestin Pouya, directeur du département plaidoyer et communication de WaterAid Burkina Faso

Selon le rapport de cette étude réalisée par CIFOEB, moins de 1% de la richesse nationale est consacrée au financement du secteur WASH au Burkina Faso. « En effet, sur la période 2017-2022, les financements consacrés audit secteur sont passés de 80,72 milliards de FCFA à 85,59 milliards de FCFA, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 1,18%. Ce financement a représenté en moyenne 0,07% du PIB », peut-on lire dans le rapport du CIFOEB.

Toujours selon ce rapport, les effets de la crise sécuritaire que vit le pays depuis 2015, combinés aux effets du changement climatique notamment la baisse de la pluviométrie, les sécheresses répétées limitent le droit des populations d’accéder aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

Sur l’analyse budgétaire prospective du financement WASH, le rapport révèle que 852,74 milliards de FCFA sont à mobiliser pour les trois prochaines années afin de financer les programmes WASH, selon les données extraites des plans d’actions quinquennaux du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement. Sur ce montant global à mobiliser, 154,18 milliards de FCFA sont acquis et 698,56 milliards de FCFA sont à rechercher pour couvrir les coûts des interventions WASH selon les mêmes sources citées par les rapporteurs.

Ainsi, dans le contexte politique et socioéconomique actuel du pays, le rapport suggère d’inscrire la problématique de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement comme une urgence dans l’agenda politique.

Les participants à cet atelier

Au regard des résultats des analyses et dans l’optique d’améliorer l’accès des populations aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement, le rapport a également formulé plusieurs recommandations. Il s’agit d’accroître les allocations budgétaires au profit de l’assainissement afin de satisfaire les engagements budgétaires en la matière pour respecter celui de l’Etat, prendre des dispositions de sécurité pour la réalisation des infrastructures WASH dans les zones à fort défi sécuritaire.

Le rapport recommande aussi l’amélioration de la traçabilité des flux financiers destinés au secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement par la production de données suffisamment désagrégées par tous les acteurs intervenant dans le secteur, la mise en place d’un dispositif de coordination et de suivi en vue de renforcer la synergie d’action entre l’Etat et les acteurs non étatiques intervenant dans le secteur WASH, la protection et l’exploitation durable des ressources en eau afin d’améliorer la résilience climatique, etc.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

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