Actualités :: Mouvement « deux heures pour nous, deux heures pour Kamita » : Dix ans de (…)

Le Mouvement « deux heures pour nous, deux heures pour Kamita » célèbre son dixième anniversaire, sous le signe de l’éveil des consciences, de la mobilisation et de l’action. L’organisation a, à cet effet, initié une conférence publique, ce samedi 13 mai 2023 à l’Université Joseph-Ki-Zerbo, à Ouagadougou. L’activité, qui a mobilisé de nombreux participants, en majorité des étudiants, a été animée par Noufou Zougmoré, analyste politique, journaliste, ‘‘diopien’’, et Dieudonné Zoungrana, analyste politique, journaliste et directeur de publication du quotidien Aujourd’hui Au Faso.

« Place de la culture dans l’auto-détermination des peuples africains ». C’est le thème scruté par le panéliste Noufou Zougmoré, connu également pour sa maîtrise des questions liées aux grandes dates africaines. Après avoir interrogé quelques concepts et déblayé son sujet, le ‘‘diopien’’ (héritier des pensées de Cheikh Anta Diop) va relever le rôle joué par la maison d’édition et revue culturelle du monde noir, Présence africaine, qui était un canal de diffusion des idées politiques, en appui à la culture. Il est également revenu sur les actions des artistes pendant les guerres de libération, s’attardant sur la Guinée-Bissau et la Guinée Conakry.

Le panel a été ouvert par l’hymne national, le Ditanyè.

« C’est ce que Sékou Touré (président de la Guinée Conakry, de 1958 à 1984 : ndlr) également a fait, en mettant en place de grands orchestres, dont le Bembeya Jazz national qui traverse le temps, qui a porté le discours d’émancipation de la Guinée indépendante dans ses premières années. Il y a eu bien d’autres orchestres. Donc, la culture est un ferment. Même pour la guerre que nous menons aujourd’hui, si nous arrivons à l’utiliser, elle peut nous permettre d’engranger des victoires et, au finish, venir à bout du terrorisme », explique M. Zougmoré.

Ici, la modératrice, la géographe Fatoumata Bancé (milieu), avec à sa gauche, Noufou Zougmoré et Dieudonné Zoungrana.

Au Burkina, relève-t-il, avec la RDP (Révolution démocratique et populaire), on a assisté au changement du nom du pays (de Haute-Volta à Burkina Faso), à la promotion du Faso Dan Fani et des mets locaux.

Noufou Zougmoré...et...

Planchant sur « rôle et place de l’intellectuel africain face au défi sécuritaire dans le Sahel », Dieudonné Zoungrana a, à la suite de son confrère, interrogé la notion de « intellectuel ». Il va parvenir à la conclusion que, « l’intellectuel, c’est celui qui est capable de se mouvoir dans les idées ». Et c’est en cela qu’il convainc que l’intellectuel doit être un homme de son temps. « Aujourd’hui, le Sahel est empêtré dans un interminable terrorisme ; l’intellectuel doit prendre position, il doit jouer son rôle de conscientisation et agir », analyse-t-il sous fond d’invite.

« L’intellectuel doit se nourrir des deux mamelles : la théorie et la pratique », soutient M. Zoungrana, pour qui l’intellectuel sahélien doit prendre position (quitte à ne pas plaire) et en même temps passer à l’action. C’est pourquoi, il salue, au Burkina, l’action d’intellectuels comme Laurent Bado, Frédéric Guirma, Etienne Traoré… qui ont produit et éveillé des consciences, malgré les risques auxquels ils étaient exposés. Il regrette donc que des intellectuels, ceux qu’il qualifie de « pseudo-intellectuels », se taisent par peur ou pour préserver des privilèges. « L’intellectuel sahélien doit être, là où il est, un VDP (Volontaire pour la défense de la patrie). Ce n’est pas forcément qu’il tienne une kalach ou un AK47, mais il doit prendre une position qui conscientise, qui aide à lutter contre cet ennemi qui nous combat chaque jour et qui veut même rayer nos pays de la carte du monde », suscite le communicant.

... Dieudonné Zoungrana ont tenu en haleine le public de cette activité.

Pour son premier responsable, Lianhoué Imhotep Bayala, « deux heures pour nous, deux heures pour Kamita » (https://lefaso.net/spip.php?article78377), ce sont dix ans de travail et de volonté de susciter un nouveau citoyen africain. « La tâche essentielle pendant ces dix ans, c’était de produire une ressource humaine de qualité… Nous avons travaillé sur les mots d’ordre de la décolonisation des mentalités, de décomplexer l’Africain face au monde et face à ses responsabilités devant l’histoire. Nous avons un patrimoine historique qui n’est pas du tout connu. Comment nous pouvons le ressusciter, le remettre en surface, pour que l’Africain soit totalement plongé dans une conscience de sa culture, dans une conscience de la marche du monde, pour pouvoir apporter sa contribution et révolutionner les attentes de nos populations qui, 60 ans après les indépendances, attendent encore d’avoir des soins de santé de qualité ici, l’éducation de qualité et à des voiries de qualité produites par des ingénieurs de référence », justifie M. Bayala.

Le premier responsable de "deux heures pour nous, nous heures pour Kamita" témoigne ses reconnaissances à tous ceux qui ont contribué à porter le mouvement.

Avec ses forces et ses insuffisances, poursuit-il, le chemin parcouru doit servir pour les dix années à venir et pour faire face aux défis qui demandent la mobilisation. Pour cela, la dynamique va se renforcer également à travers l’élargissement dans la prise en compte des langues nationales (elle est effective) dans les actions de conscientisation.

« La plus grande préoccupation, c’est comment l’intellectuel se dilue dans la masse, dans les préoccupations des paysans. Et pour cela, nous avons un champ que nous cultivons avec les gens. Et quand nous partons là-bas, nous ne leur disons pas “à bas l’impérialisme’’ ; on utilise des mots d’ordre adaptés à leur culture, à leur environnement. Nous faisons du jardinage, de la restauration, et cette restauration est strictement calquée sur la valorisation du patrimoine culinaire.

Et pour capter le patrimoine culinaire, tu ne vas pas dire à grand-maman “parle-moi du spaghetti à la bolognaise ou de la pizza’’. Nous ne sommes pas élitistes, même si nous sommes dans un environnement élitiste. Notre rage, c’est de sortir de ça, parce que pendant longtemps, on a isolé des cercles de connaissances l’essentiel des Burkinabè, sinon des citoyens africains non-scolarisés. Nous, notre défi, c’est de démystifier le diplôme et de faire du porteur de diplôme, un homme populairement encré dans les préoccupations de son peuple », décline Lianhoué Imhotep Bayala.

O.L
Lefaso.net

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