Actualités :: Reforme sur la promotion immobilière au Burkina : Des employés craignent pour (...)

Le gouvernement burkinabè a, depuis quelques mois, lancé un processus de réformes foncières et de promotion immobilière qui, constate-t-on, suscite des inquiétudes chez nombre d’acteurs du secteur, dont le Syndicat national des travailleurs de l’immobilier et assimilés (SYNTIA), qui affirme que cette réforme envisagée par le gouvernement expose 33 327 travailleurs directs et 43 300 travailleurs indirects. C’est pourquoi, ce samedi 13 mai 2023 à la Bourse du travail de Ouagadougou, le syndicat a sonné la mobilisation de ses membres par un meeting, dont l’objectif principal est de, selon ses responsables, rassembler les préoccupations des employés en vue d’une rencontre à venir avec l’Assemblée législative de transition (ALT).

Depuis janvier 2022, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a entrepris un projet de reformes de la promotion immobilière, explique le premier responsable du Syndicat national des travailleurs de l’immobilier et assimilés (SYNTIA), Félix Lankoandé. « Nous regrettons que dans toutes les étapes, le ministère ne nous ait pas associés dans le processus, alors que sur 275 sociétés immobilières, le nombre de travailleurs directs est de 33 327 et de 43 300 travailleurs indirects. C’est regrettable que dans un secteur où il y a tant de personnes, on associe certains acteurs et qu’on oublie les travailleurs. Ce n’est pas suffisamment inclusif », soulève le porte-parole des travailleurs.

« Heureusement, et c’est l’occasion pour nous de féliciter les membres de l’ALT (Assemblée législative de transition), à travers le président, Dr Bougouma (Ousmane), nous avons reçu une lettre d’invitation entrant dans le cadre des échanges avec les travailleurs du secteur », salue-t-il ensuite, justifiant ainsi la tenue du meeting qui vise à récolter l’ensemble des préoccupations des travailleurs pour cette rencontre avec le législateur.

A en croire Félix Lankoandé, il s’agit de récolter l’ensemble des préoccupations par rapport à cette volonté du gouvernement de réformer le secteur des sociétés immobilières, faire un état des lieux des difficultés que traversent les travailleurs dans les entreprises. « Il y a des menaces sérieuses sur la survie de nos emplois. En réalité, le projet de loi, s’il passe en l’état, beaucoup de sociétés vont fermer. Et qui dit société dit patron et employés. Cela va donc dans l’intérêt des travailleurs d’attirer l’attention de l’autorité. Certes, c’est un projet de loi, donc qui vient du gouvernement, mais ce sont les députés qui vont décider. Nous pensons qu’ils doivent se rappeler que derrière le projet de loi, il y a des emplois en jeu et la loi en tant qu’outil de développement doit prendre en compte la préservation des acquis des travailleurs.

Notre principale préoccupation à l’heure actuelle, c’est de dire que l’urgence n’est pas la réforme de la loi 057 portant promotion immobilière au Burkina Faso ; l’urgence se trouve ailleurs. Les députés, dans leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, nous les invitons humblement à procéder à une enquête parlementaire, précisément au niveau du ministère de l’Urbanisme, sur l’état des lieux du traitement des dossiers déposés par les sociétés immobilières ; parce que c’est là-bas que le problème se situe, le problème n’est pas dans l’application de la loi. Et même si c’était dans l’application de la loi, c’est au ministère et non au niveau des promoteurs. Et c’est pour cela qu’on parle de passif.

Le passif est constitué de l’ensemble des dossiers déposés par les sociétés de promotion immobilière, depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui, et qui traînent. Comment des sociétés reconnues et agréées introduisent des dossiers qui doivent être traités en un mois, mais de 2016 à aujourd’hui… nous sommes à combien de mois ? Et vous voulez reformer la loi ! Que faites-vous des dossiers qui sont empilés dans le ministère ? Donc, l’urgence se trouve à ce niveau, et seule une enquête peut éclairer suffisamment les députés pour qu’ils soient en mesure de voir quelles sont les priorités à prendre en compte dans l’adoption de la loi, pour améliorer les procédures (si les délais posent problème, il faut les revoir) et aussi voir derrière chaque société immobilière, qu’est-ce qui ne va pas et parallèlement à la survie des emplois », s’est étalé le porte-parole des travailleurs, Félix Lankoandé.

Pour illustrer la pertinence de leur démarche, le responsable syndical rappelle aux autorités que « le taux de chômage au Burkina Faso est élevé, le dernier recensement général des populations de 2022 parle de 7,1% de la population active en chômage ». De son avis, cela est une raison de plus pour ne pas mettre dans un secteur d’activité des chômeurs, et dans un pays où les recrutements ne sont pas faciles.

O.L
Lefaso.net

Soutenance de mémoire : Anselme Kiemtoré explore « Le (...)
Burkina/Justice : Procès pour abus de fonction, (...)
Crise à Air Burkina : Les collèges des délégués du (...)
Burkina : Le CNOSC/BF recommande au gouvernement de (...)
Burkina/École nationale de police : La promotion « (...)
Commerce illégal de pesticides : La DPVC sévit au grand (...)
Soins dentaires : « Tout ce qui se passe dans la cavité (...)
Burkina Faso : Le collège Notre Dame de Kologh-Naba (...)
Consommation d’eau en période de chaleur : « En principe, (...)
Ouagadougou : Au lendemain du lancement d’une campagne (...)
Burkina/Campagne cotonnière 2024-2025 : Le prix du coton (...)
Agriculture : Le plan d’investissement du secteur (...)
Burkina/Paix et cohésion sociale dans la région du Nord : (...)
Gestion intégrée des ressources en eau : L’ONG Eau vive (...)
Burkina/Santé : Des médicaments de rhume déconseillés, (...)
Effondrement d’une dalle à l’aéroport de Donsin : « On (...)
Lutte contre le terrorisme : Le Chef suprême des Armées (...)
Filière anacarde : Le projet USDA Food for Progress West (...)
Lycée Marien N’Gouabi : 132 élèves primés pour leurs (...)
Burkina Faso : La CASCA-BF fait des propositions pour (...)
Burkina : La tuberculose demeure un problème de santé (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 36750


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2023 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés