Actualités :: Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2023 : Message de la (...)

En 1882, lorsque Robert Koch a découvert Mycobacterium tuberculosis, l’agent pathogène à l’origine de la tuberculose, cette maladie a été ressentie comme une onde de choc dans le monde entier. Transmise par des gouttelettes projetées par des éternuements, par la toux ou par la parole, la tuberculose a tué les riches et les pauvres, sans exception. Au cours du siècle qui a suivi – autrement dit au XXe siècle –, la tuberculose a dû battre en retraite grâce aux antibiotiques et à un vaccin qui protège les nourrissons, ainsi qu’à des campagnes dynamiques. Aujourd’hui, l’éradication complète de la tuberculose est à portée de main.

Le 24 mars de chaque année, nous célébrons la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose afin de susciter une prise de conscience du grand public aux conséquences sanitaires, sociales et économiques dévastatrices de cette maladie évitable, et nous en appelons à une action accélérée pour y mettre fin. Le thème retenu pour l’édition de cette année, « OUI ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose », souligne la nécessité de garantir un accès équitable à la prévention et aux soins, conformément à notre volonté d’instaurer la couverture sanitaire universelle et d’atteindre les objectifs de développement durable.

En 2021, grâce à une feuille de route claire, l’OMS dans la Région africaine a montré qu’il était possible d’atteindre, voire de dépasser, la première étape intermédiaire de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose (qui était de réduire de 20 % l’incidence de la tuberculose au plus tard en 2020), avec un taux de diminution des nouvelles infections de 22 % depuis 2015.

Grâce à notre appui technique, à nos efforts de sensibilisation et à nos partenariats efficaces, des progrès considérables ont été accomplis au cours de la dernière décennie, en particulier dans les sous-régions d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe. Les pays à forte charge de morbidité comme l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, la Namibie, la République-Unie de Tanzanie et la Zambie ont dépassé ou atteint l’objectif de réduction de 20 % du nombre de nouveaux cas de tuberculose.

L’OMS dans la Région africaine est désormais en passe de parvenir à une réduction de 35 % des décès dus à la tuberculose : le nombre de décès dus à la tuberculose a diminué de 26 % entre 2015 et 2021. Sept pays – Eswatini, le Kenya, le Mozambique, l’Ouganda, le Soudan du Sud, le Togo et la Zambie – ont réduit de 35 % le nombre de décès depuis 2015.

Cependant, dans toute la Région, les défis sont importants en matière de prévention de la tuberculose et de lutte.

Tout d’abord, le retard dans le diagnostic et les tests. Il y a toujours un écart notable entre le nombre estimé de nouvelles infections et les notifications de cas de tuberculose : pour preuve, 40 % des personnes vivant avec la tuberculose ne connaissaient pas leur diagnostic ou ne l’avaient pas déclaré en 2021. Un million de personnes vivent avec la tuberculose dans la Région et n’ont pas été détectées.

En deuxième lieu, le lien entre la tuberculose et l’infection à VIH. En effet, près de 20 % des personnes chez qui la tuberculose vient d’être diagnostiquée sont également infectées par le VIH.

Troisièmement, la tuberculose multirésistante. Seulement 26 % des personnes vivant avec une tuberculose multirésistante reçoivent le traitement approprié dans la Région africaine.

Je me réjouis néanmoins de savoir que nos États Membres renforcent l’adoption des nouveaux outils et orientations recommandés par l’OMS, ce qui se traduit non seulement par un accès précoce à la prévention et aux soins de la tuberculose, mais aussi par de meilleurs résultats. Dans la Région africaine, le recours aux tests de diagnostic rapide est passé de 34 % en 2020 à 43 % en 2021, ce qui ne manquera pas d’améliorer la capacité des pays à détecter et à diagnostiquer les nouveaux cas de la maladie.

Il est particulièrement important de repérer et de diagnostiquer les cas de tuberculose afin que les patients puissent être traités et que leurs contacts se voient proposer des médicaments préventifs. Le Nigéria est un exemple de pays qui a réussi à augmenter de manière conséquente le nombre de cas de tuberculose détectés au niveau national de 50 % en 2021 en se servant d’approches novatrices telles que la généralisation des protocoles de traitement soumis à une observation quotidienne, l’emploi de technologies numériques, la recherche active de cas au niveau communautaire et le recours à des initiatives qui associent le secteur public et le secteur privé.

La tuberculose nécessite une action concertée de tous les secteurs : des communautés et des entreprises jusqu’aux gouvernements, en passant par la société civile et autres.

Nous devons travailler ensemble à l’élaboration d’approches novatrices pour atteindre les populations vulnérables et faire en sorte que ces populations puissent accéder à des soins et à une prise en charge de qualité de la tuberculose.

La deuxième Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose, qui se tiendra en septembre 2023, offrira une occasion exceptionnelle de donner une visibilité mondiale à la maladie et de mobiliser un engagement politique de haut niveau pour mettre fin à la tuberculose.

Il est possible de mettre fin à la tuberculose en baissant le nombre de décès et de cas de tuberculose et en éliminant les charges économiques et sociales imputables à cette maladie.

De façon particulière, aujourd’hui, j’exhorte les dirigeants, les gouvernements, les partenaires, les communautés et l’ensemble des parties prenantes à favoriser d’urgence l’édification des systèmes de santé résilients qui s’avèrent nécessaires pour accélérer la riposte à la tuberculose afin que nous puissions atteindre les cibles énoncées dans les objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose au cours de notre vie.

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