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Nabalüm, dix ans de carrière : Une reine qui ne baisse pas les bras

samedi 26 septembre 2026.

 

Dix ans de carrière dans l’univers musical burkinabè, dix années d’apprentissage, de défis, de rencontres et de maturité. À l’occasion de cette étape importante de son parcours, la chanteuse Nabalüm revient sur ses débuts, les difficultés qui ont forgé son caractère, les chansons qui ont contribué à son rapprochement avec le public et ce que la musique lui a appris sur elle-même. La « Black Queen » évoque également son concert-anniversaire prévu le 24 octobre 2026 à la salle des banquets de Ouagadougou, ainsi que ses projets pour la suite de son aventure musicale.

Lefaso.net : En tant qu’artiste, qu’est-ce que vous retenez essentiellement de ces dix années dans l’univers musical burkinabè ?

Nabalüm : Je pense qu’en dix ans, j’ai découvert plusieurs facettes de cet univers-là. Et je suis très heureuse de pouvoir être là, encore sur scène, après dix ans, pour célébrer, de la plus belle des manières, l’expérience acquise et la femme que je suis devenue. Je perçois cela comme une belle école avec beaucoup d’enseignements et de maturité.

Qu’est-ce qui a poussé Nabalüm, il y a dix ans, à se lancer dans la musique ? Est-ce que c’était un rêve d’enfant ou les circonstances de la vie ?

La musique, c’était un hobby pour moi. J’aimais chanter. Je savais qu’il fallait que je chante. Donc, depuis petite, je cassais les oreilles de tout le monde avec les chansons que j’aimais reprendre. Et puis, après, j’ai compris que c’était aussi un moyen d’expression pour moi, puisque j’ai commencé à écrire des chansons. En écrivant les chansons, je découvrais que j’avais de plus en plus envie de le faire. J’aimais voir d’autres artistes sur scène. Et c’est là qu’est née, en fait, l’envie de participer à des concours de chant. Parce que c’est une chose de savoir chanter à la maison, quand tout le monde te dit que tu chantes bien. Mais sortir et le faire aux yeux du monde, c’était pour moi une manière de me mesurer à la réalité. Et chaque casting auquel j’ai participé, j’ai été retenue. Donc, j’ai compris qu’il y avait quand même du potentiel. Et c’est là que j’ai pris confiance. Et puis voilà, je pense que le reste, c’est de l’ordre du destin.

Vous êtes aussi appelée la « Black Queen ». Que représente ce pseudonyme pour vous ? Quel message porte-t-il ?

Pour moi, être appelée la « Black Queen », c’est vraiment le fait que je revendique ma fierté d’être noire. Et « Queen », c’est un état d’esprit. C’est vraiment surtout pour le mental parce que je me dis qu’une reine ne baisse pas les bras. Une reine fonce tout le temps. Une reine est solide. Et même quand ça ne va pas, elle garde sa couronne sur la tête. Donc, c’est plus mental, en fait. C’est la femme noire qui a une mentalité de reine.

On peut le dire ainsi, l’univers musical n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a certainement beaucoup d’embûches. Quelles ont été celles que vous avez rencontrées et qui vous ont le plus marquée dans votre carrière ?

J’ai rencontré beaucoup d’embûches. Comme tout le monde, je me dis qu’au début, quand on décide de faire de la musique un métier, pour nous, c’est juste pouvoir offrir des chansons, partager de l’émotion et tout. Sauf que c’est une industrie qui vient avec beaucoup d’aspects positifs et négatifs. Donc, il faut apprendre à dompter tout cela au fur et à mesure et ne jamais baisser les bras. Les difficultés auxquelles, moi personnellement, j’ai fait face, c’était le fait de voir que ce n’est pas aussi beau que ça en a l’air. Et je l’ai dit à une émission avant : il n’y a pas de place pour les faibles. Donc, il faut se battre pour mériter sa place. Il faut se battre pour la garder et continuer d’avancer. Donc, ça a été la plus dure réalité que j’ai dû apprendre parce que ça vient avec beaucoup de décisions, parfois difficiles. Parfois, on est plein de doutes. On ne sait pas si on va y arriver. Mais tant qu’on ne baisse pas les bras, je pense qu’on ne tombe pas.

Nabalüm, c’est aussi plusieurs chansons dans la tête des mélomanes. Mais selon vous, quel a été le projet musical décisif pour que le public burkinabè vous accepte comme il vous aime actuellement ?

Je crois qu’il y a eu d’abord « M’yamê », ma première chanson, celle qui m’a révélée. Beaucoup de personnes se sont reconnues dans le message que je transmettais à travers cette chanson. Ensuite, il y a eu « Noka », qui était une chanson d’amour que les gens ont beaucoup appréciée. Mais la chanson qui a vraiment marqué les esprits, selon moi, c’est « Faso », qui continue encore de faire son chemin près de deux ans plus tard. Donc, je crois vraiment que c’est « Faso » qui a été décisif.

Comment Nabalüm adapte-t-elle sa manière de travailler, de se rapprocher du public et de proposer toujours un contenu qui plaît au Burkinabè ?

Je crois que quand on est vrai, il y a forcément des gens qui le perçoivent et qui le reçoivent. Donc, j’essaie d’être assez vraie dans ma musique, de transmettre des messages que j’aimerais que mes enfants puissent écouter. J’ai peur de laisser des traces dont je ne serais pas fière. Donc, j’essaie de garder certaines valeurs dans mes compositions, dans mes clips et dans mon image de tous les jours. Et je crois qu’il y a beaucoup de personnes qui se retrouvent dans cela, parce que le Burkinabè, c’est quelqu’un qui a des valeurs, qui a des principes et tout. Et je crois que je corresponds un peu à cette image-là. Donc, mes chansons sont vraies. Ça parle des réalités des femmes, des jeunes, des couples et des Burkinabè ou des Africains aussi. Donc, je crois que c’est juste de manière naturelle comme ça. Je n’essaie pas d’en faire trop ou de ne pas en faire aussi, mais j’essaie d’être le plus possible moi-même. Et je pense que c’est ce qui touche le plus, en fait.

Nabalüm donne rendez-vous à tous les Burkinabè le 24 octobre 2026

Nabalüm a décidé de célébrer ses dix années de carrière à travers un concert. Qu’est-ce qui attend les mélomanes qui feront le déplacement ?

J’ai dit que cette soirée sera une belle surprise. Donc, en tout cas, ils vont venir vivre des moments de musique live, mais il y aura aussi du spectacle. Il y aura beaucoup de découvertes. Il y aura une autre facette de moi qu’ils vont voir. Ils vont voir vraiment la Black Queen dans son univers. Et je ne vais pas tout dire parce que sinon, ils ne seront pas surpris. Et j’ai l’intention de les surprendre.

Dix ans, c’est beaucoup d’années, c’est un long chemin. Vous êtes encore jeune et il vous reste certainement beaucoup à parcourir. Quels sont les projets de Nabalüm à long terme ?

Après ces dix années, je travaille sur mon album qui va sortir peu de temps après le concert. Je travaille aussi sur des scènes à l’international. Et j’ai des projets aussi sur le plan national. Mais tout cela vous sera dévoilé au moment venu.

Si Nabalüm pouvait se retrouver face à la Nabalüm d’il y a dix ans, qu’est-ce qu’elle lui dirait, à cette jeune femme qui commençait dans la musique sans vraiment savoir à quoi s’attendre ?

Je lui aurais dit : « Tu vas bientôt devenir une reine. » Et garde de vue tes objectifs. N’oublie pas ce pour quoi tu as commencé. Et ça ne sera pas facile, mais tu vas y arriver parce que tu t’en sors toujours. Je sais que tu es forte et je suis fière de toi.

Qu’est-ce que la musique vous a appris sur vous-même que vous ne saviez pas auparavant ?

La musique m’a appris que je peux passer d’une émotion à une autre ! La musique m’a appris qu’on peut donner sans forcément s’attendre à recevoir ! La musique m’a appris à être une personne qui fait la part des choses entre la célébrité et qui on est dans la vie de tous les jours ! Et la musique m’a appris que quand tu n’es pas humble, tu finis par te casser la figure !

Comme dans beaucoup de domaines, les femmes ont souvent davantage de défis à relever. Quel message adressez-vous à toutes celles qui ont du talent, mais qui hésitent à se lancer à cause des stéréotypes, des a priori ou de la peur du regard de la famille et de la société ?

Moi, je crois que le plus difficile, c’est avec la famille, de pouvoir convaincre la famille, parce que ça a été le cas pour moi. Ce que les gens pensent, franchement, ce n’est pas votre problème. Restez concentrées. En tout cas, si c’est quelque chose que vous sentez au fond de vous, ne laissez personne vous détourner de ce chemin. Il n’y a que les persévérants qui arrivent à être des personnalités, qui arrivent à marquer leur temps. Donc, prenez le temps qu’il vous faut pour vous décider, mais quand vous vous serez décidées, ne laissez personne vous freiner, en fait.

Pour terminer, quel message adressez-vous à vos mélomanes qui viendront célébrer avec vous ces dix années de carrière ?

Merci à vous pour l’invitation.

J’ai envie de dire à tous ceux qui connaissent Nabalüm, tous ceux qui l’ont connue depuis « M’yamê », tous ceux qui l’ont connue il y a cinq ans, quatre ans ou deux ans, que voilà, je vous attends nombreux à la salle des banquets de Ouagadougou, pour vous offrir un spectacle qui va venir du plus profond de mon âme. Je vais donner le meilleur de moi et ceux qui seront là ne seront pas déçus. Donc, je vous attends très, très nombreux, ce 24 octobre, à la salle des banquets de Ouagadougou.

Entretien réalisé par Farida Thiombiano
Lefaso.net



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