Actualités :: Elections de 2020 au Burkina : L’opposition suspecte le pouvoir de manœuvres (...)

Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire de ce mardi 22 septembre 2020, le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) a relevé que des responsables politiques proches du pouvoir seraient en train de collecter des cartes d’électeurs et des photocopies de cartes d’électeurs, notamment auprès des femmes, à des fins électoralistes. Au cours de cette sortie, il a également été question de la rentrée scolaire 2020-2021, des concours directs de la Fonction publique et de la colère des habitants de Nagré suite à l’assassinat de trois VDP (Volontaires pour la défense de la patrie).

Pour cette semaine, ce sont les présidents du PNDS (Parti national des démocrates sociaux), Yumanli Lompo, et du Parti des militants pour le peuple (PMP), Abdoulaye Arba, qui étaient face aux journalistes.

« Il nous est revenu, de nos structures locales, que dans plusieurs localités du Burkina, notamment l’arrondissement 9 de Ouagadougou, à Réo dans le Sanguié et Korsimoro dans le Sanmatenga, des individus proches du pouvoir collectent des cartes d’électeurs et des photocopies de cartes d’électeurs, notamment auprès des femmes. Ce, en promesse d’aide. Nous soupçonnons que des militants du MPP utilisent le programme d’aide Covid-19 et les Fonds d’appui aux femmes à des fins électoralistes. Collecter des cartes d’électeurs en échange de récompense ou de promesses n’est rien d’autre que de la corruption électorale, sévèrement punie par nos lois », ont déclaré les porte-paroles du CFOP-BF.

Vue partielle des journalistes à la conférence

L’Opposition exhorte ses militants et l’ensemble des citoyens, ayant connaissance de ces pratiques, à contacter rapidement la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ses démembrements ou la police.

A la veille de la rentrée scolaire 2020-2021 (1er octobre 2020), le CFOP-BF, tout en émettant le vœu d’une bonne année aux enseignants, aux élèves et à tous les acteurs de l’éducation, souhaite que des dispositions soient prises pour la scolarisation des enfants déplacés internes, et pour la réouverture des 4 000 écoles fermées ou détruites à cause du terrorisme. « L’année scolaire passée a été troublée par la crise sécuritaire, la fronde sociale et la pandémie du coronavirus. Des centaines de milliers d’enfants risquent de ne pas aller cette année à l’école, à cause de l’insécurité.

Concernant la fronde sociale, le gouvernement doit changer son fusil d’épaule, et essayer cette fois-ci la carte de la franchise, de l’humilité et de l’anticipation. Il doit enfin respecter sa parole donnée, et donner la considération qui sied aux métiers de l’éducation et aux conditions de travail des enseignants et des apprenants », propose l’opposition. Elle recommande également au gouvernement de préparer un plan de riposte en lien avec la reprise des cours, pour éviter le drame vécu par les élèves de l’ENAM (Ecole nationale d’administration et de magistrature) en service militaire à Bobo-Dioulasso.

Abdoulaye Arba, président du PMP

Créer les conditions d’épanouissement de l’auto-emploi

En ce qui concerne les concours directs d’entrée à la Fonction publique, session 2020, où 1 290 142 candidatures sont enregistrées pour 4 721 postes à pourvoir, le CFOP-BF dit constater que, plutôt que de respecter son engagement de 650 000 emplois durant son quinquennat, le président Roch Kaboré a, après son accession au pouvoir, diminué le nombre de postes à pourvoir dans la Fonction publique, et sans avoir suscité et promu des entreprises viables.

« En conséquence, le désespoir a gagné la jeunesse burkinabè. Les diplômés continuent de sortir des écoles et des universités par centaines de milliers chaque année, pendant que le pouvoir du MPP ferme les robinets de l’emploi et de l’auto-emploi. L’Opposition politique le dit tout net : la question de l’emploi des jeunes est une bombe qui ne tardera pas à exploser, si on n’y prend garde. Beaucoup de jeunes qualifiés et diplômés iront se jeter dans les bras des ennemis, ou s’adonneront à des activités illicites et dangereuses, si on continue de leur fermer les issues de secours », arguent les co-conférenciers Yumanli Lompo et Abdoulaye Arba.

Selon l’opposition, la Fonction publique devrait être le dernier recours pour les diplômés ; ce qui suppose que les jeunes soient bien formés. De l’avis de Yumanli Lompo, il faut créer les conditions d’épanouissement de l’auto-emploi.

Yumanli Lompo, président du PNDS

Eviter d’utiliser les VDP pour des règlements de comptes

Les conférenciers ont, en outre, abordé l’actualité relative à ce que des populations de Nagré, dans la province du Gourma (région de l’Est) ont pris d’assaut le gouvernorat de ladite circonscription, le 17 septembre 2020, suite à l’assassinat de trois Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Ces populations étaient allées au gouvernorat avec les corps des trois VDP pour, disent-elles, montrer ce qu’elles endurent au quotidien dans leur localité.

« Pour avoir réussi à calmer les populations de Nagré, le gouverneur de l’Est, le lieutenant-colonel Prosper Sanou, est à saluer. En ces moments difficiles où tout peut s’embraser à la moindre étincelle, les autorités locales doivent aider à préserver la paix sociale », mentionnent les leaders de l’opposition, pour qui l’acte posé par les populations de Nagré résume l’abandon dont elles sont victimes de la part du pouvoir en place.

« C’est un acte lourd de sens, qui doit faire réfléchir le régime du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès), plus préoccupé par la reconquête du pouvoir que de la situation chaotique dans lequel il a mis le Burkina », apprécient les animateurs de la conférence. De leur avis, les VDP doivent avoir les moyens de défense, la formation, l’encadrement nécessaires et une grande motivation pour combattre les ennemis. Aussi recommandent-ils aux responsables administratifs de veiller à ce que les VDP ne soient pas utilisés pour des règlements de comptes.

O.L.
Lefaso.net

Burkina : Pascal Zaida et Marcel Tankoano alertent sur (...)
Justice : Jean Claude Bouda en liberté provisoire, 5 (...)
Réconciliation nationale : « Pourquoi avoir une haine au (...)
Roch Kaboré et la Réconciliation nationale : Le Mouvement (...)
UPC : Le Poé Naaba a démissionné
Assemblée nationale : La 7e Législature rend hommage à (...)
Burkina Faso : « Il faut une réconciliation au niveau de (...)
« Roch Kaboré a réhabilité Thomas Sankara sur tous les (...)
Législatives 2020 : Le tribunal administratif invalide (...)
Politique : L’Alliance pour la défense de la patrie veut (...)
Promesse de réconciliation nationale de Roch Kaboré : « (...)
Affaire Sankara : Ça avance au Burkina, ça traine en (...)
Volonté du président Roch Kabore à aller à la réconciliation :
Législatives de 2020 au Burkina : Le tribunal (...)
Elections législatives 2020 au Burkina : Le NDI coache (...)
Elections couplées de 2020 au Burkina : L’UPC forme ses (...)
Recours contre des articles modificatifs du code (...)
Elections de 2020 au Burkina : Des journalistes à (...)
Réconciliation nationale : « Nous allons régler la (...)
Intention du président Kaboré sur l’éventuel retour de (...)
Code électoral 2020 : Le Conseil constitutionnel examine (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 10668

Les plus regardées



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés