Actualités :: Loumbila : « Nous avons pris des mesures pour freiner la spoliation de nos (...)

Pour sa quatrième journée de redevabilité (cadre d’échanges sur la vie de la collectivité), le Conseil municipal de Loumbila a décidé de plancher sur le foncier. Plus de 400 participants y ont pris part, ce mardi 15 septembre 2020 à Loumbila, chef-lieu de la commune du même nom, sise dans la région du Plateau Central, à une trentaine de kilomètres à la sortie nord-est de la capitale.

La proximité de Loumbila de la capitale, Ouagadougou, fait donc d’elle l’une des communes les plus convoitées en matière de foncier. Une pression qui est source de tensions et de bien d’autres menaces sociales. D’où l’enjeu de cette journée de redevabilité consacrée à la question foncière.

« La pression foncière à Loumbila est énorme. Je dis des fois, en rigolant, que Loumbila est mangé, mais refuse d’être digérée. Ça veut dire que nous avons pris à bras-le-corps le problème du foncier. Le Conseil municipal a donc pris des mesures pour mettre des taxes, afin de freiner la spoliation des nos terres. Tu dois payer 100 francs (ou 150 francs, selon que vous êtes résident ou non-résident) le mètre-carré ; c’est-à-dire que si tu prends un hectare, tu dois payer 1 000 000 à 1 500 000 F CFA à la commune. De la sorte, si tu voulais payer dix hectares et tu calcules, tu vas peut-être réduire pour prendre cinq hectares et les cinq autres pourraient bénéficier à d’autres personnes. Nous luttons donc contre cette spoliation par des taxes et c’est avec celles-ci que nous construisons la commune. C’est une des mesures que nous avons prises pour freiner la spoliation. C’est donc difficile, mais nous avons la solution », a exposé le maire de la commune, Dr Paul Taryam Ilboudo. Cette journée devra donc permettre aux maillons de la chaîne de maîtriser leurs rôles en matière de gestion et de conciliation foncière dans la commune.

Sur ce plan, la commune de Loumbila bénéficie, depuis fin 2018, de l’accompagnement du Groupe de recherche et d’action sur le foncier (GRAF), dans le cadre d’un projet financé par Bruxelles-environnement, à travers l’organisation non-gouvernementale Oxfam. Ce projet œuvre à la promotion de techniques agricoles durables et de sécurisation foncière.

Selon le secrétaire exécutif du GRAF, Saydou Koudougou, les difficultés identifiées, et qui font l’objet d’échanges en cette journée, se résument en la confusion de rôles entre les conseillers municipaux et les CVD (Conseillers villageois de développement) ; certains acteurs s’arrogeant des compétences qui ne sont pas les leurs. Le cadre devra donc permettre de clarifier les rôles à ce niveau. Une autre difficulté résiderait dans le fait que l’information sur le foncier n’est pas encore suffisante. Il faut donc travailler à apporter l’information (et la bonne) sur ce que la loi prévoit en la matière, insiste M. Koudougou.

De gauche à droite : Saydou Koudougou, Dr Paul Taryam Ilboudo et Olga Compaoré (conseillère technique et représentante du gouverneur du Plateau-central)

« Nos terres se dégradent très rapidement, donc il nous faut développer de nouvelles techniques qui nous permettent d’être sur les mêmes terres avec des rendements meilleurs. Mais pour que les gens puissent véritablement investir de façon durable sur la terre, il faut qu’ils bénéficient d’une certaine sécurité sur ces terres-là. C’est là le deuxième volet du projet, qui consiste à accompagner la mairie à améliorer la gouvernance foncière dans la commune. Pour cela, nous avons créé un mécanisme qui permet aux producteurs eux-mêmes et aux organisations et associations de producteurs, de faire le suivi citoyen de la gouvernance foncière, notamment par des sorties régulières sur le terrain, à identifier les difficultés dans l’application des différents textes en matière foncière, à proposer des solutions et à interpeller le Conseil municipal sur les difficultés », explique Saydou Koudougou.

Le projet comporte également un volet de renforcement de capacités de l’ensemble des maillons de la chaîne foncière de la commune par des formations, des voyages d’études, etc. Il met en outre un point particulier sur l’accès des femmes à la terre.

« Dans la commune, elles sont productrices maraîchères et sont dans pas mal de domaines en matière agricole. Donc, elles sont des actrices majeures dans la chaîne de production agricole. D’où un accent particulier sur les femmes », justifie le secrétaire exécutif du GRAF, Saydou Koudougou. Il précise ici que le GRAF, par des actions de plaidoyer et de sensibilisation, amène les hommes à reconnaître la nécessité que les femmes aient accès aux terres, parce que cela participe au bien-être de la famille.

« La commune est à plus de 85% d’autofinancement en 2019 »

La journée, qui se veut un cadre d’échanges sur la vie de la commune, a permis au maire d’évaluer le chemin parcouru en quatre années d’exercice (les conseils municipaux ont été mis en place en 2016, ndlr). Ainsi, selon Dr Paul Taryam Ilboudo, des avancées significatives ont été engrangées par son équipe. « Au niveau de l’évolution du budget, nous avons commencé en 2016 avec un budget de 219 millions (que nous avons trouvés) et nous avons fini l’année 2016 avec 473 millions. En 2017, nous avons fait un budget de 1 305 000 000 F CFA. En 2018, le budget était de 1 309 000 000 F CFA. En 2019, il y a eu des difficultés, on a baissé, mais on est allé à 1 109 000 000 F CFA », déclare M. Koudougou, précisant que pour l’année 2019, plus de 900 millions sont des recettes propres de la commune.

« Nous recevons des fonds de l’Etat et de partenaires, mais c’est surtout la commune qui mobilise ses propres ressources ; nous sommes à plus de 85% d’autofinancement en 2019 », affirme-t-il. Un dynamisme qui a servi à répondre aux besoins de la population par ordre de priorité, dit M. Ilboudo. « Chaque année, nous répondons à ces besoins prioritaires, classés par la population elle-même », soutient-il.

Dans le domaine de la santé par exemple, il relève que des Centres de santé ont été réfectionnés, construits et électrifiés. Concernant l’éducation, treize écoles primaires, trois collèges et un lycée ont été construits et équipés. Dans le domaine du désenclavement, trois ponts ont été construits à plus de 200 millions de F CFA et sur financement propre de la commune. En matière d’eau, le maire retient la construction de plusieurs forages à travers des villages de la commune. A cela s’ajoutent plusieurs autres actions de renforcement de capacités des conseillers municipaux et des CVD.

Le Conseil municipal, qui affirme que le budget de 2020 va dépasser celui de 2019, prévoit le renforcement des actions dans les domaines sus-cités et la transformation du CSPS (Centre de santé et de promotion sociale) de Loumbila en un centre médical avec un laboratoire, une morgue et un centre d’hébergement. Aussi est-il prévu la construction d’un commissariat de police. « C’est un Conseil municipal déterminé et qui cherche les moyens à cet effet », rassure le maire Paul Taryam Ilboudo.

Oumar L. Ouédraogo
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