Actualités :: Lassané Savadogo, secrétaire exécutif du MPP : « Nous sommes confiants par (...)

Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), tient, ce samedi 11 juillet 2020 à Ouagadougou, son congrès extraordinaire d’investiture de son candidat à la présidentielle de novembre 2020. Pour cerner l’enjeu et les contours de cette cérémonie, nous avons rencontré le secrétaire exécutif du parti, Lassané Savadogo. Dans cette interview qu’il nous a accordée dans la soirée de vendredi 3 juillet 2020 au siège du parti sis au quartier Gounghin, Lassané Savadogo ne laisse planer aucune hésitation sur les ambitions de son parti pour la présidentielle et les législatives à venir. Interview !

Lefaso.net : Que représente une cérémonie d’investiture pour un parti politique comme le vôtre ?

Lassané Savadogo : Il faut relever que le principal point inscrit à l’ordre du jour de ce congrès, c’est l’investiture du candidat du parti à l’élection du 22 novembre 2020. L’importance d’un congrès d’investiture s’apprécie en fonction des partis politiques ; parce que chez nous, au Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le choix du candidat pour l’élection présidentielle se fait sur la base d’un congrès. Donc c’est statutaire, c’est obligatoire. On ne peut pas procéder autrement. Donc, il nous faut faire un congrès pour désigner notre candidat et l’investir comme candidat de notre parti. C’est à cette obligation que nous sommes en train de nous plier, en organisant le congrès pour le 11 juillet prochain.

Indépendamment de cela, nous n’investissons pas notre candidat sur des considérations purement personnelles, nous essayons de nous appuyer sur deux éléments essentiels : nous sommes un parti qui a le pouvoir d’Etat au Burkina, depuis les dernières élections présidentielle/législatives, nous sommes obligés de faire le bilan de ce mandat et nous tenons compte également du programme du candidat pour le mandat à venir.

C’est le croisement entre le bilan et le programme proposé par le candidat qui détermine la position du parti par rapport au candidat qui est le mieux placé pour porter le flambeau de notre parti. Et de cette analyse, nous sommes arrivés à la conclusion que c’est le président Roch Marc Christian Kaboré que nous allons désigner pour être investi au titre de notre parti pour la prochaine élection présidentielle.

Vous vous rappelez, lors du congrès ordinaire que nous avons tenu en début mars (2020), un appel avait été lancé au président Roch Marc Christian Kaboré de se présenter comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Donc, ce que nous allons faire le 11 juillet prochain, c’est en continuité avec ce qui avait été déjà annoncé lors du congrès de mars 2020.

Justement, parlant des textes du parti, et indépendamment dudit appel à la candidature, la réalité est que le président lui-même avait annoncé sa candidature lors d’un discours à la nation et bien avant votre appel à rebeloter. Dans cette situation, quelle peut-être le degré de valeur d’une telle cérémonie d’investiture ?

En réalité, il a annoncé sa candidature à l’investiture ; ce n’était pas une candidature. Donc, ce qui est en train de se faire, c’est le parti qui est en train maintenant de l’investir comme son candidat pour la prochaine élection présidentielle. Je ne crois pas trahir un secret, en vous disant que le MPP ne sera pas le seul parti à soutenir la candidature de Roch Marc Christian Kaboré.

Encore, sa candidature ne sera pas soutenue uniquement par des partis politiques, il y a de larges composantes de nos populations, qui ne sont pas forcément affiliées, qui s’organisent pour apporter leur soutien à la candidature et à l’élection de Roch Marc Christian Kaboré à la prochaine élection présidentielle. Donc, pour nous, c’est une continuité. Ce qui va se passer le 11 juillet, il faut le préciser et insister, c’est l’investiture de notre candidat à la prochaine élection présidentielle.

Ce ne sera pas forcément, et obligatoirement, la seule investiture dont il va bénéficier (ce n’est pas impossible, il est même possible qu’après le MPP, d’autres partis politiques réunissent leur instance habilitée pour prendre la décision d’investir Roch Marc Christian Kaboré).

Par conséquent, il n’est pas impossible qu’il y ait une autre cérémonie d’investiture, après celle que nous allons faire le 11 juillet prochain, qui va concerner l’ensemble des forces politiques qui soutiennent sa candidature et qui s’engagent à se battre sur le terrain pour assurer son élection. Donc, c’est possible qu’après cette cérémonie, il y ait une cérémonie d’investiture.

En clair, la cérémonie du 11 juillet est celle du MPP, parti dont Roch Kaboré est militant !

Justement, c’est l’investiture du MPP.

Quel est l’enjeu réel de cette cérémonie ?

L’enjeu réel dépend du président Roch Marc Christian Kaboré. Comme vous le savez, il est d’abord un militant du MPP, et c’est le leader du MPP. Par conséquent, sa référence première en termes d’appartenance politique, de sensibilité politique, c’est d’abord le MPP. Maintenant, aux côtés du MPP, il y a d’autres forces politiques qui vont le soutenir. Donc, l’investiture du MPP (première force politique au Burkina) vaut son pesant d’or.

Le candidat investi par le MPP, c’est le candidat qui a donc le plus de chance de compter dans l’élection à venir. Donc, c’est un évènement politique majeur. Il y a également le fait qu’en plus d’être porté par le MPP, il y ait d’autres forces politiques qui l’investissent. Il n’en demeure donc pas moins qu’il s’agit d’une forme de soutien que ces partis politiques apportent au candidat investi par le MPP. C’est vraiment cette analyse qu’il faut faire par rapport à la cérémonie du 11 juillet prochain.

Concrètement, comment va se dérouler une telle cérémonie ?

Les travaux vont se dérouler en une journée. La plupart des congressistes (ceux qui vont venir des provinces), arriveront le vendredi 10 juillet. Le lendemain matin, nous allons nous retrouver au Palais des sports (Ouaga 2000). Nous allons travailler sur le bilan (dans la matinée) de la mise en œuvre du programme présidentiel et jeter également un regard sur les perspectives.

Cela va nous permettre d’avoir une lecture commune sur l’appréciation du bilan des cinq ans et un regard prospectif commun par rapport à ce qui doit être fait, par rapport au mandat à venir. Et, en fonction des conclusions auxquelles nous allons parvenir, à la suite de cette analyse-critique de la mise en œuvre du programme quinquennal en cours, nous allons décider du candidat que nous allons soutenir pour l’élection présidentielle du 22 novembre 2020.

L’après-midi, nous faisons une cérémonie, pour concrétiser la décision qui aura été prise dans la matinée, par rapport au choix de notre candidat. Donc, on va procéder à son investiture et après la décision d’investiture, le candidat ou son représentant aura l’occasion de s’adresser aux congressistes pour dire s’il accepte ou s’il n’accepte pas l’investiture du parti pour l’élection présidentielle à venir. Donc, c’est une cérémonie qui comporte deux grandes articulations.

Peut-on imaginer ce scénario où votre candidat appelé décline l’offre du parti ?

Nous ne pensons pas. Notre souhait est que, naturellement, le président accepte notre investiture, et accepte de défendre les couleurs de notre parti à l’élection présidentielle de 2020. C’est notre souhait et nous pensons que notre volonté sera sa volonté.

Dans tous les cas, le président Roch Marc Christian Kaboré a toujours été au service du parti, au service du peuple burkinabè ; ça nous étonnerait fort qu’il décide de ne pas se mettre à la disposition du parti, à la disposition du peuple burkinabè en ce moment particulier de l’histoire de notre pays et de notre peuple qui travaille à relever les nombreux défis qui sont dressés sur son chemin. Donc, nous ne pensons pas un seul instant que le président Roch Marc Christian Kaboré refusera l’investiture du parti à l’occasion de ce congrès.

La réalité est que dans la démarche, il y a un bilan à faire par les congressistes, qui doivent apprécier, et sur la base de ce bilan, décider si oui ou non il faut reconduire le président Roch Kaboré. Dès lors, ne peut-on pas imaginer que des discussions, une grande partie estime que les résultats ne plaident pas à sa faveur et qu’il faut plutôt investir un autre candidat !

Il y a eu un travail qui a été fait en amont ; nous avons dépêché des missions dans l’ensemble des provinces et communes du pays et nous savons ce que les populations, nos militants à la base pensent de la mise en œuvre du programme du président.

D’une manière générale, les gens sont satisfaits de la mise en œuvre du programme, quand bien même ils relèvent des insuffisances, que nous gagnerons à corriger. Mais globalement, les gens sont satisfaits ; ils déplorent simplement que toutes les conditions n’aient pas été réunies pour que nous fassions encore mieux. Il s’agit des défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de la Covid-19 et d’autres facteurs qui ont influencé négativement la mise en œuvre du programme.

Mais globalement, les populations sont satisfaites de ce qui a pu être fait lors des cinq ans écoulés. Donc, le bilan, nous nous retrouvons pour le faire certes, mais en réalité, il s’agit d’une mise en commun. Sinon les militants ont, dans les communes, provinces et régions respectives, et en fonction des composantes socio-professionnelles, déjà eu à faire le point de la mise en œuvre du programme du président et dégagé une opinion qui apprécie le niveau de réalisation des engagements pris par le président du Faso. Et d’une manière générale, les gens marquent leur satisfaction par rapport au travail qui a été abattu.

Le MPP et Roch Kaboré bénéficient de l’accompagnement d’une quarantaine de partis politiques, réunis autour de l’APMP. Dans la perspective de 2020, avez-vous pris langue avec certains pour un accompagnement en amont du candidat ?

Effectivement, nous souhaitons qu’au niveau de l’APMP (qui est une famille politique), nous ayons un seul candidat. C’est notre souhait. Mais nous respectons également, la souveraineté de chaque parti membre de l’APMP. S’il y a des partis de l’APMP qui souhaitent avoir des candidats autres que le candidat retenu par le MPP, nous ne voyons pas de problème majeur à cela. Sinon, notre souhait est qu’il y ait un seul candidat. Je crois également qu’il y a une dynamique qui est en cours au niveau des différents partis politiques membres de l’APMP pour répondre à cette question.

Nous avons bon espoir que l’APMP, en tant que regroupement de partis politiques ayant soutenu la mise en œuvre du programme, va également avoir la même appréciation sur la mise en œuvre du programme (le bilan) et va également partager la même vision pour le programme à venir. A partir de ce moment, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas nous accorder sur un candidat unique qui va porter les couleurs de l’APMP pour l’élection présidentielle à venir.

On a des candidatures qui sont déjà annoncées, au sein de l’opposition, mais également des indépendants. Cela ne représente-t-il pas une pression supplémentaire pour le MPP, quand on sait quand que c’est un autre contexte que 2015 ?

Nous sommes dans un système de démocratie ouverte ; par conséquent, nous devons nous satisfaire du fait que l’élection présidentielle suscite de l’engouement de toutes natures. Donc, la pluralité de candidatures annoncées ne nous gêne en aucune manière ; elle témoigne au contraire de la bonne santé de la démocratie burkinabè. Mais ce dont nous devons nous occuper, c’est de faire en sorte que le candidat que nous allons investir soit le candidat qui va être investi par le peuple le 22 novembre prochain, et c’est cela vraiment le sens du combat que nous sommes en train de mener. Nous sommes confiants par rapport aux résultats auxquels nous allons parvenir au soir du 22 novembre.

La réalité du terrain également est que la marche vers l’échéance apporte des défis liés à des pratiques de gouvernance autour du candidat : affaire l’ancien ministre Jean-Claude Bouda, des audiences monnayées à la présidence…, et tout dernièrement, l’audio supposé du conseiller spécial du président du Faso dans une affaire de marché public. Tout cela ne rend-il pas difficile votre tâche ?

Pas du tout. D’abord, ce sont des affaires qui sont pendantes en justice, je préfère donc ne pas m’y appesantir. Je dis également qu’il n’y a pas encore eu de jugement, donc il y a le principe de présomption d’innocence qu’il faut que nous respections. Maintenant, que dans le cadre des affaires de l’Etat, des problèmes de ce genre se posent n’est pas une surprise, et c’est loin d’être une exclusivité au niveau du Burkina Faso.

Dans tous les pays du monde (même les pays qui ne sont pas démocratiques), vous constaterez qu’à un moment ou à un autre, tel ou tel autre responsable, tel ou tel autre citoyen, peut être interpellé par la justice par rapport à sa gestion de responsabilité qui lui a été confiée. Donc, ce sont des situations qui sont tout à fait normales.

Le plus important, c’est quand dans la gestion de ces questions, nous respections certains principes et que nous laissions la justice faire son travail et arriver à la recherche de la vérité, prendre des décisions qui tiennent compte de cette vérité qu’elle aura trouvée quant aux accusations qui sont portées sur telle ou telle autre personne, indistinctement de son appartenance à un parti politique. Il ne faut pas croire que tous ceux qui sont devant aujourd’hui la justice sont uniquement des militants du MPP ; nous sommes tous des citoyens, et tout citoyen en tant que tel est un justiciable. Aujourd’hui, chacun peut être amené à répondre de ses actes devant la justice.

L’essentiel est que la justice soit indépendante ; qu’elle traite le dossier avec professionnalisme et qu’elle soit hors de toute influence de quelque nature que ce soit et le verdict qu’elle va rendre soit un verdict qui soit juste. C’est cela notre préoccupation.

Au contraire, je pense qu’on devrait nous féliciter ; parce que dans beaucoup de pays, certains responsables qui se rendent coupables de certains actes de mauvaise gestion sont plus ou moins protégés. Mais chez nous, ce n’est plus le cas ; ce qui montre notre attachement à la bonne gouvernance, à la transparence, à lutter contre l’ensemble des actes de mauvaise gestion. Je pense que c’est quelque chose qui devrait bénéficier à notre candidat et à notre parti pour l’élection à venir.

Le 11 juillet se présente donc comme un tournant majeur pour le 22 novembre. Alors, quel va être le dispositif à partir de cette date ?

Après le 11 juillet, nous allons mettre en place notre dispositif de campagne et allons entrer progressivement dans les campagnes pour y arriver pleinement. Donc à l’heure actuelle, nous sommes en train d’activer les structures du parti sur l’ensemble du territoire national et dans tous les pays où résident des Burkinabè.

Donc, ce sont les structures que nous sommes en train de mettre en jambes après l’opération de renouvellement des structures du parti et faire des ajustements, les corrections nécessaires pour que ces structures-là soient vraiment prêtes pour jouer leur rôle dans la gestion des défis à venir. Il faut souligner que les structures de campagne sont différentes des structures du parti. Donc, il y aura une direction nationale de la campagne, des directions provinciales, des directions communales et des structures de villages et de secteurs dans le cadre de la campagne.

Bien entendu, ces structures vont comprendre les structures du parti, mais également d’autres personnes qui ne sont pas du parti et qui sont à un niveau de responsabilité différente de celui qu’elles occupent dans le parti. Ce que je peux donc dire, c’est cela et c’est ensuite le travail que nous devons faire pour que ces structures-là soient opérationnelles.

A côté de cela, il y a d’autres mesures que devons prendre, pour permettre à notre parti d’être à jour pour l’élection présidentielle à venir. Il y a notamment la question de nos représentants dans les bureaux de vote (nous avons déjà la liste), à partir de demain (samedi 4 juillet, ndlr), nous allons faire une formation des formateurs.

Ces formateurs-là vont repartir dans les provinces pour former directement nos représentants dans les bureaux de vote. Ce sont des mesures qui sont déjà en cours de mise en œuvre pour que nous soyons prêts le 22 novembre prochain, sur tous les plans. A côté de cela, il y a des formations spécifiques (parce que l’élection de cette année se fait dans un contexte particulier) ; l’Etat de droit avance dans notre pays, et ça, je pense que c’est quelque chose qu’il faut mettre à notre actif, il faut donc que nous travaillions à nous conformer aux lois dans tout ce que nous faisons.

Dans le cadre de l’action politique également, il faut que nous fassions de telle manière à ce que tous les actes que nous allons poser soient des actes qui sont en phase avec la loi. Donc, dans la période de la pré-campagne, dans la période de la campagne, tous nos représentants sur le territoire national doivent agir dans le respect strict de la loi (il y a l’enrôlement qui est encadré par la loi, il faut que nous respections les dispositions législatives en la matière).

La pré-campagne a un contenu bien encadré. Pendant la campagne, il y des actes à observer. Donc, il y a un travail à faire à l’endroit de nos représentants pour qu’ils s’approprient les dispositions législatives qui encadrent leurs actions sur le terrain afin qu’ils ne soient pas en conflit avec la loi, pour éviter qu’on ait des comportements qui soient à l’écart avec ce que la loi a prévu. Donc, c’est un travail gigantesque que nous avons prévu à cet effet.

Combien de congressistes sont attendus et quelles sont les dispositions qui seront prises dans un contexte de lutte contre la Covid-19 ?

Nous avons émis deux hypothèses : une hypothèse dans laquelle les mesures de restriction sont levées et une autre dans laquelle les mesures ne sont pas levées. Si les mesures ne sont pas levées, nous allons respecter les consignes sanitaires (distanciation, port du masque...).

Donc, la salle du Palais des sports sera divisée par deux dans sa capacité pour respecter la distanciation et chaque participant va porter un masque. Maintenant, si les mesures sont levées, nous allons faire le plein du Palais et certainement avec des emplacements dans la cour pour ceux-là qui n’auront pas de places dans la salle. Même dans l’hypothèse où les mesures ne sont pas levées, nous allons respecter la distanciation à l’intérieur, mais nous allons prévoir également des emplacements dans la cour pour permettre à ceux-là qui n’ont pas la place à l’intérieur de la salle de pouvoir suivre à partir de la cour.

Je crois que c’est un grand évènement qui va permettre à tout un chacun de se rendre compte que le MPP est et demeure le premier parti politique du Burkina et que, contrairement à ce que certains pensent, notre force d’attraction n’a pas perdu de son intensité. Bien au contraire, le MPP est devenu plus fort en 2020 qu’il ne l’était en 2015. C’est cette démonstration-là que nous allons faire et chacun pourra se rendre compte que ce parti a grandi et s’est renforcé dans le cadre de l’exercice du pouvoir d’Etat qu’il a assumé pendant le mandat en cours.

A vous de conclure … !

C’est un appel à l’ensemble de nos militants pour qu’ils viennent à ce congrès avec un esprit militant, un esprit d’engagement. Nous savons qu’il y a beaucoup de gens qui auraient souhaité pouvoir participer à ce congrès ; donc le choix des participants provoque des frustrations dans nos provinces et au niveau de nos composantes socio-professionnelles. Mais il nous est impossible de faire venir à Ouaga, l’ensemble des militants qui souhaiteraient participer à ce congrès.

Donc, nous sommes obligés d’opérer des choix par rapport à ceux qui peuvent venir à ce congrès. Mais, après le congrès, les délégations qui vont repartir dans les provinces, les mesures seront prises pour qu’il y ait une restitution au niveau de la base (province, commune) pour que les camarades qui n’ont pas pu faire le déplacement soient au même niveau d’information que ceux qui vont faire le déplacement de Ouaga.

Donc, nous allons nous excuser auprès de nos militants pour les désagréments, les frustrations que certains pourraient ressentir de n’avoir pas été pris en compte pour participer à ce congrès. Notre souhait aurait été que tout le monde participe. Mais nous sommes un grand parti, nous ne sommes pas à mesure de faire venir tous ceux qui aimeraient venir à ce congrès. Mais, nous pensons que ceux qui vont venir sont leurs représentants et qu’ils vont relayer au niveau du congrès, les préoccupations de ceux-là même dont ils tiennent le mandat et qu’au retour également, en tant que mandataires de la direction du parti, ils vont rendre compte à la base.

Et c’est comme cela que le parti a toujours fonctionné ; c’est-à-dire ceux qui sont à un niveau intermédiaire jouent toujours le rôle de courroie de transmission de la base vers le sommet et du sommet vers la base. Cette fois-ci encore, il en sera ainsi. Mais le plus important, après le congrès, il s’agira pour nous de nous investir du mieux que nous pouvons pour assurer une victoire éclatante au candidat du parti et au parti aux législatives.

Pour la présidentielle, c’est connu, tous les camarades le savent, notre objectif, c‘est de faire élire le président du Faso au premier tour et avec un score plus confortant qu’en 2015. C’est très important. En 2015, le président a été élu avec un score de plus de 53%. Nous voulons faire mieux que ça, nous voulons faire un score au-delà de 60%. Pour les législatives, en 2015, nous avons eu 55 députés pour une majorité absolue de 64 députés. Donc, à nous seuls, nous ne pouvions pas avoir la majorité à l’Assemblée nationale.

Nous avons bénéficié donc de soutien de partis alliés ; ce qui nous a permis d’avoir une majorité d’alliance. Même pour le mandat à venir, nous serons toujours dans cette logique d’avoir des alliances avec des partis qui sont apparentés à nous, mais nous souhaitons améliorer le nombre de nos députés à l’Assemblée nationale et dans la mesure du possible, nous pensons que nous pouvons disposer tous seuls de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Nous avons fait nos projections, nous savons que ce n’est pas impossible et nous avons bon espoir que les camarades, chacun, à l’échelle géographique où il se trouve, va faire de son mieux pour que ces objectifs stratégiques que nous poursuivons puissent être atteints. Notre objectif, ce n’est pas uniquement la gestion du pouvoir.

Non, nous voulons transformer le Burkina Faso, qualitativement. Nous voulons un Burkina Faso qui avance sur le chemin de la démocratie, sur le terrain des libertés, un Burkina Faso qui avance sur le plan du développement économique et social, un Burkina Faso dans lequel, il n’y a pas de marginalisation, dans lequel chacun trouve sa place.

Nous voulons d’un Burkina Faso qui va venir à bout de l’insécurité et qui va renouer avec le vivre-ensemble qui est malmené aujourd’hui par le phénomène terroriste. Travailler à tous les niveaux pour placer notre pays sur une trajectoire de progrès continu, de paix, de sécurité et de développement économique et social au bénéfice du plus grand nombre. C’est cela le but de notre combat, et je pense que dans ce combat-là, chaque Burkinabè doit pouvoir se reconnaître.

Il y a des difficultés passagères auxquelles nous sommes confrontés, mais cela ne nous a pas déviés de nos objectifs fondamentaux et nous avons bon espoir que pour le mandat à venir, nous allons pouvoir l’implémenter dans des conditions plus favorables que celles qui ont entouré la mise en œuvre du mandat en cours. Je suis confiant ; quand tu pars dans les villages, les gens disent : « ce que vous avez fait en cinq ans, d’autres en 27 ans n’ont pas pu le faire. Et vous l’avez fait dans des conditions extrêmement difficiles. Et si ça avait été des conditions favorables, qu’est-ce que vous auriez pu faire pour ce pays-là ? Les changements allaient être gigantesques ».

Nous pensons que pour le mandat à venir, nous allons bénéficier de conditions favorables pour apporter le mieux que nous avons pour le bien de ce peuple, ce peuple qui mérite beaucoup mieux que ce qui lui est proposé actuellement. Ce pays qui n’est pas un pays pauvre, c’est un terme que nous n’aimons pas entendre ; nous avons les moyens dont nous avons besoin pour assurer le bien-être de nos populations et pour permettre au Burkina Faso d’être une nation digne, respectée par toutes les autres nations.

Donc, il faut enlever de la tête que nous sommes un pays pauvre et que nous avons la possibilité de faire mieux pour ce pays et de l’élever au rang où il devrait se trouver par rapport à d’autres pays qui n’ont pas le potentiel dont notre pays dispose. Si nous arrivons à faire cela, je pense que nous aurons rendu un grand service à ce pays et nous aurions facilité le travail des générations à venir qui pourront poursuivre l’œuvre de construction de ce pays qui est une œuvre jamais achevée.

Interview réalisée par Oumar L. OUEDRAOGO
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