Actualités :: Burkina Faso : Le journaliste Dô Pascal Sessouma veut un pays sans (...)

Un parti pacifiste au Burkina Faso, qui ambitionne supprimer l’armée qualifiée de budgétivore. C’est une première et c’est l’ancien journaliste Dô Pascal Sessouma qui le propose. La vision de son président et des militants, démilitariser le Burkina à long terme, convaincus que les armes ne construisent pas la paix et qu’un pays pauvre ne peut se payer le luxe de faire la guerre. Le parti a été présenté dans la soirée du 13 juin 2020 à Ouagadougou.

Il faisait partie des présentateurs vedettes de la télévision nationale à la fin des années 1990. Après plusieurs décennies, Dô Pascal Sessouma a décidé de descendre dans l’arène politique avec son parti, ‘’Vision Burkina-Parti pacifiste’’. Un choix dicté par ce qu’est devenu le Burkina, diront ses partisans : 5 ans de tâtonnement, 800 morts, des blessés par centaine, un million de déplacés.

« Quand vous allez chez le médecin plusieurs fois pour des maux de tête et qu’il n’arrive pas à vous soigner, il n’y a qu’une seule solution changer de médecin. Le Burkina Faso est malade et a besoin urgemment d’un nouveau médecin », clame l’ancien journaliste. Ce nouveau médecin capable de soigner le pays malade, il est convaincu que c’est lui et son équipe.

« Hier nous étions en réserve de la république, aujourd’hui nous sommes des révoltés de la République. Révoltés, nous le sommes en raison des tâtonnements dans la gestion des affaires au sommet de l’Etat. Révoltés, nous le sommes en raison du silence des gouvernants face aux cris de détresse des populations. Révoltés, nous le sommes en raison de l’absence de solution à la question sécuritaire qui menace le socle même de l’Etat, la cohésion sociale. Voilà pourquoi nous avons décidé d’entrer en politique, pour dire ce que nous avons à dire, pour faire ce que nous avons à faire », dira pour sa part le secrétaire général du parti.

Un nouveau paradigme

L’idéologie du parti est quelque peu atypique, surtout au regard de la situation actuelle du pays. Le pacifisme. « C’est une idéologie nouvelle au Burkina Faso. Il faut proposer et les populations décideront. Quand on est pauvre et que les populations manquent d’eau même, vous allez prendre 200 milliards pour l’armée, du matériel de guerre, alors que cela peut servir à autre chose, eau santé, éducation ? », se demande le géniteur du parti pour qui, l’armée est budgétivore.

Si Vision Burkina arrivait donc aux affaires, le ministère de la défense sera supprimé. « Les armes n’ont jamais été la solution pour construire la Paix (…) L’Amérique avec ses bombes n’a pas pu vaincre les Vietkongs au Vietnam, ils ont dû procéder par des négociations pour arrêter la guerre. Cela veut dire qu’il n’est pas interdit de négocier même avec un ennemi », a poursuivi Dô Pascal Sessouma dans son discours programme. Pour lui, on peut gagner une guerre sans la paix et les armes seules ne peuvent pas servir la cause de la paix.

Mais en attendant tout ça, le Burkina Faso est en proie avec des attaques terroristes. Pour le parti ‘’Vision Burkina’’, il faut d’abord « vaincre ces criminels. Il faut soutenir l’armée de toutes ses forces arrêter le processus, qu’on arrête la guerre. Une fois que cela sera fait, on va enclencher cette nouvelle dynamique. Chaque chose en son temps. Pour le moment nous sommes attaqués, il faut qu’on se défende », a expliqué-t-il.

Selon lui, un groupe terroriste, aussi puissant soit-il, ne peut recruter des combattants en CDI, avec un salaire de 300 000 par mois et avec des indemnités de décès de 10 000 000 adressées à la famille. Foi du journaliste, la solution immédiate de cette guerre asymétrique ne se trouve pas en Afrique, encore moins en Europe. Elle se trouve au Proche et Moyen Orient et le Parti Vision Burkina engagera des négociations avec qui de droit pour arrêter cette guerre.

C’est une fois le terrorisme vaincu que Vision Burkina commencera une réforme en profondeur de l’armée qui pourra aboutir à terme, à la démilitarisation du Burkina Faso. « A moyen et à long terme, il n’y aura plus de recrutement de militaires, par conséquent, il n’y aura plus d’armée au sens conventionnel du terme. En clair notre ambition est de faire du Burkina Faso, un pays neutre pacifiste, renonçant définitivement à la guerre comme moyen de règlement de conflit. Il y a 25 pays dans le monde qui n’ont pas d’armée, et ils n’ont jamais été attaqués », insiste Dô Pascal Sessouma.

Les futurs anciens militaires seront indemnisés en trois versements pour ceux qui veulent quitter l’armée. Ceux par contre qui voudront rester, seront affectés pour la surveillance du territoire, la protection civile, les sapeurs-pompiers, la douane, etc…

Une gouvernance en 7 axes

Vision Burkina décline 7 engagements qui serviront de base à la fondation pour le retour de la paix et le-mieux-être au Burkina :

Le rétablissement de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire et la démilitarisation du Burkina Faso.
La réorganisation du pouvoir d’Etat (rotation du pouvoir par zone géographique du Burkina Faso)
La réforme totale de l’appareil judiciaire
La refondation de l’administration publique
Le refus absolu de la corruption
La déconcentration de la gouvernance d’Etat
La reconnaissance et l’encadrement de la chefferie coutumière traditionnelle.
Du rêve, de l’utopisme ? L’ancien présentateur du journal télévisé soutient qu’il faut du rêve pour bâtir un pays. « C’est réalisable, c’est faisable, il suffit de le vouloir », soutient-il.

Pour arriver à faire du Burkina Faso un pays pacifiste, le parti qui se réclame de l’opposition, le parti dotera le pays d’une nouvelle constitution s’il arrive au pouvoir. Le 4 juillet 2020 à Bobo Dioulasso, Dô Pascal Sessouma sera investi candidat du parti pour l’élection présidentielle de novembre 2020.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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