Actualités :: Situation sécuritaire dans le Centre-Nord : L’UPC tire la sonnette (...)

Après les régions du Sahel et de l’Est, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) s’est penchée sur la situation sécuritaire dans la région du Centre-Nord. Au détour d’une conférence de presse ce 25 mai 2020 à Ouagadougou, « le parti du lion » a dénoncé le sort de milliers de populations en proie à l’insécurité. A l’occasion, le parti a proposé des solutions pour sortir la région du cercle infernal des attaques terroristes et pour alléger le sort de milliers de déplacés internes.

L’Union pour le progrès et le changement (UPC) a déjà organisé des conférences de presse sur la situation sécuritaire qui prévaut dans les régions du Sahel et de l’Est. Ce 25 mai 2020, c’est la région du Centre-Nord qui était au centre des préoccupations du principal parti de l’Opposition burkinabè.

C’est en novembre 2017 que la région du Centre-Nord est entrée dans le giron des localités qui connaissent des attaques terroristes. Ce, après celle subit par le poste de gendarmerie de Bourzanga, dans la province du Bam. Depuis, la tendance ne s’est pas inversée. « C’est en 2019, dès le 1er janvier, que les choses ont véritablement basculé, avec les attaques terroristes et les massacres de Yirgou », a rappelé Mathias Ouédraogo, député du Sanmatenga.

Dans les trois provinces de la région, c’est la hantise permanente pour les populations. Barsalogho, Pissila, Namissiguima, Pensa, Dablo dans le Sanmatenga. Bourzanga, Zimtenga, Rollo, Kongoussi, et Nasséré dans la province du Bam. La dernière province, celle du Namentenga n’est pas non plus épargnée avec les communes de Tougouri, et Bouroum qui ont essuyé des attaques terroristes.

De plus en plus, ce sont des centaines de villages qui se sont vidés de leurs habitants. Rien qu’à Bourzanga, province du Bam, 38 sur 42 villages ont vu partir leurs habitants. Et sur 380 villages que compte la province du Sanmatenga, 110 ont été désertés par les populations, selon les informations des conférenciers. Des centaines de morts, de blessés, et des milliers de déplacés internes. C’est la croix que porte la région depuis trois ans.

« A la date du 22 avril 2020, la région comptait 687 675 déplacés internes sur un total de 848 329 déplacés recensés sur l’ensemble du territoire national. Ce qui veut dire que le Centre-Nord enregistre à lui seul 81,06% des déplacés internes du Burkina », a révélé le député Mathias Ouédraogo. Des milliers de populations dans les centres urbains qui ne savent plus à quel saint se vouer avec des élèves qui ne vont plus à l’école, des centres de santé fermés, et des besoins énormes en alimentation. Le témoignage de certains déplacés internes à la conférence de presse, a laissé apercevoir une mauvaise prise en charge des besoins et dons.

Les raisons de l’enlisement

Selon les conférenciers, le pourrissement de la situation est lié à plusieurs raisons. Ils pointent du doigt l’insuffisance des moyens matériels de combats pour les Forces de défense et de sécurité ainsi que pour les volontaires de défense pour la patrie.
Aussi, ils indexent le sentiment d’abandon qui anime les populations touchées par le terrorisme depuis 2017, sans compter l’insuffisance de collaboration , de coordination et de solidarité entre les FDS et les populations des zones frappées par le terrorisme.

Au plan social, les conférenciers ont regretté les insuffisances dans la prise en charge alimentaire, une mauvaise gestion et même des détournements de vivres et de fonds destinés aux déplacés internes.

Les solutions à envisager

Mathias Ouédraogo et ses camarades n’ont pas fait que dépeindre une situation peu reluisante. Il y a eu des propositions à cette conférence de presse. Pour « le parti du lion », il faut nécessairement une deuxième opération militaire d’envergure « pour anéantir le terrorisme, l’opération N’Doofu n’ayant pas produit les résultats escomptés » et surtout un renforcement de la coordination entre les FDS et les forces vives pour une meilleure coordination des actions défensives.

Pour alléger la souffrance des déplacés internes, les conférenciers ont suggéré la réquisition des bâtiments administratifs pour les héberger, le développement d’une solidarité qui encourage chaque famille à héberger un ou plusieurs déplacés internes selon ses capacités. Dans les camps de déplacés internes, les conférenciers ont souhaité l’installation de postes de Santé primaire.

Des déplacés internes qui ont témoigné à la conférence de presse ont certes regretté la mauvaise prise en charge dont ils sont victimes, mais leur vœu le plus cher, c’est de retourner chez eux. Ils ne sont pas des nécessiteux. Mieux, ce sont des agriculteurs et éleveurs qui gagnaient bien leur vie.

Pour ce faire, le principal parti d’opposition recommande que le gouvernement initie un plan de retour et de réinstallation de personnes déplacées internes dans leurs localités d’origine L’exécutif devrait également s’investir dans la mise en place d’une structure de renseignement citoyen et endogène dénommée « Buud-Warba », qui sera sous la coupe de l’agence nationale de renseignement.

Tout comme le Covid-19 a suscité une solidarité nationale sans pareille, l’UPC a lancé un appel pressant pour un sursaut pour la cause des déplacés internes dans la région du Centre-Nord, et plus généralement de l’ensemble du territoire.

TCS
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