Actualités :: Burkina : L’ex- ministre de l’énergie, Alfa Oumar Dissa, apprécie son passage (...)

Il a été l’un des jeunes ministres du gouvernement Paul Kaba Thiéba, avec pour principale mission de piloter, dans un premier temps, la politique de l’énergie, des mines et des carrières avant de se consacrer (à partir du 20 février 2017) uniquement aux questions de l’énergie dont il est élégamment spécialiste. Depuis son départ du gouvernement (janvier 2016-janvier 2018), Pr Alfa Oumar Dissa semble se faire davantage parler de lui dans son Kénédougou natal à travers des actions auprès des populations. Par cette interview en ligne qu’il a bien voulu nous accorder, l’enseignant des Universités revient sur son passage au gouvernement et se prononce sur l’actualité du COVID-19 et à sa gestion au Burkina.

Lefaso.net : Vous avez longtemps souhaité ne pas vous exprimer. Qu’est-ce qui a justifié cette posture de silence depuis votre départ du gouvernement ?

Alfa Oumar Dissa : Je vous remercie pour l’intérêt porté à travers cette interview sur ma personne. Ceci dit, je crois qu’il ne faut aller jusqu’à dire que je ne souhaite pas m’exprimer. S’il est vrai que des contraintes de divers ordres n’ont pas permis de m’exprimer dans vos colonnes, il n’en demeure pas moins que, de façon régulière, je me suis souvent exprimé dans la presse et sur diverses questions.

Ainsi dit, il ne s’agit pas pour moi de me soustraire à l’animation de la vie nationale en donnant ma contribution et mes opinions par voie de presse. Comme on le dit fréquemment sous nos cieux, cela n’a pas été fait dans vos colonnes ; sans doute parce que son temps n’était pas encore arrivé. Je vous rassure donc à ce propos.

Jeune universitaire, enseignant, spécialiste de questions énergétiques, environnementales…, vous êtes, à 37 ans, portés à la tête du secteur stratégique des Mines, de l’Énergie et des Carrières. A-t-elle été une surprise pour vous, cette nomination, et comment l’avez-vous accueillie ?

Surpris ? Je ne pense pas. Par contre, honoré, je dirais, oui, A mon avis, toute personne ayant les rudiments intellectuels et physiques pour exercer une telle fonction peut potentiellement accéder à cette fonction. A cela, j’ajouterai qu’il y a également l’adhésion à une vision, une politique portée par le Chef de l’Etat, que l’on est chargé de mettre en œuvre. Pour ma part, cette adhésion à la vision du Chef de l’Etat était acquise.

Quel a été votre premier combat/défi ?

Il y avait certes beaucoup de choses dans notre viseur, de nombreuses reformes pas toujours faciles à mettre en œuvre, mais il faut, pour résumer, dire que l’objectif premier de ces reformes est de rendre plus performants le fonctionnement et la productivité de ces secteurs, aussi bien dans l’efficacité que dans l’efficience. Inutiles donc pour moi de revenir longuement sur le bien-fondé de ces réformes dont les fruits de certaines sont déjà visibles aujourd’hui.

Beaucoup de choses ont été faites ou amorcées, tout comme il reste beaucoup à faire. L’essentiel, c’est de comprendre que dans toute œuvre humaine, tout ne peut se faire en une seule étape. L’essentiel, c’est que les acquis, en l’occurrence ce qui a été fait, soient préservés, que la trajectoire ouverte soit maintenue et que chaque acteur œuvre rigoureusement à la consolidation des acquis.

Vous avez été conseillé en énergie et mines du candidat Roch Kaboré. Aujourd’hui, on vous dit être proche de lui. On ne vous avait pas connu politiquement sur l’échiquier politique. Comment s’est faite la rencontre entre vous ?

Sans vouloir vraiment m’étaler sur les circonstances d’une rencontre, je voudrais dire que la longue et consistante expérience d’homme d’Etat du président Kaboré, lui permet de percevoir la pertinence des choses dans toutes leurs dimensions et certainement avec plus de lucidité qu’une bonne partie des acteurs publics.

Inutile de souligner que les aînés de sa stature qui ont bâti leur forte expérience sur le socle de relais sociaux ont, pour diverses raisons, plus de mesure dans l’analyse des situations ; une vision souvent plus holistique des choses, notamment dans le contexte africain contrairement à beaucoup de gens, surtout de la jeune génération, qui ont souvent une vue partielle des choses et pensent de plus en plus, à tort ou à raison, que la notoriété virtuelle bâtie sur d’autres facteurs serait la plus audible.

Votre passage au ministère s’est-il, effectivement, inscrit dans le prolongement du travail que vous avez effectué dans le volet énergie et mines du programme Roch Kaboré ?

Affirmatif. Aussi, pour vous en rendre compte, je vous exhorte à parcourir les lignes du programme du président du Faso dans les volets énergie et mines. Vous verrez sans appréhension que toutes les actions en termes de projets et reformes qui ont été entamés rentrent inexorablement en étroite ligne du package des engagements du programme présidentiel.

Qu’à cela ne tienne, de la création des agences nationales en charge de l’électrification rurale et des énergies renouvelables, en passant par le développement de centrales solaires de grandes tailles, jusqu’aux questions liées à l’encadrement de l’orpaillage, pour ne citer que ces cas, tous d’ailleurs déclinés dans le PNDES (Programme national de développement économique et social), ont pour origine le programme présidentiel.

Entre temps, votre département a été scindé, vous laissant le volet énergie uniquement et celui des mines, érigé en ministère plein. Qu’est-ce qui a justifié cette scission ?

La création d’un ministère ainsi que sa suppression peuvent être motivées par plusieurs raisons. En plus, il est de la compétence du Chef de l’Etat de déterminer cela. Aussi, je ne saurais prétendre connaître les raisons de la décision de créer un ministère des mines. Cependant, je reste convaincu que c’est dans le sens de la plus grande efficacité de la mise en œuvre de son programme, et cela c’est de bonne guerre, car je pense que tout ce qui peut permettre d’aller dans le sens de la satisfaction des populations à travers la mise en œuvre du programme présidentiel est une bonne chose.

« Il y a tellement de problèmes dans ce secteur que je n’ai pas envie de remuer le couteau dans la fourmilière », confiez-vous à un média dès votre prise de fonction, précisant cependant votre vision de mettre l’accent sur l’orientation des dépenses des revenus miniers vers les secteurs sociaux et l’éventualité de revoir certains aspects du code minier...

Bien-sûr, ces questions sont toujours d’actualité, au même titre que d’autres questions-clés se rapportant au secteur minier. Des questions qu’il faudra bien prendre le temps de passer au peigne fin pour les dénouer afin que la trajectoire de florescence que notre secteur minier connaît depuis près de deux décennies puisse reposer sur un socle solide à même de garder sa stabilité et son blason.

Pour répondre à votre question, je dirai qu’au titre des reformes absolument nécessaire à mener pour juguler les difficultés de ce secteur, on peut citer, entre autres, celles se rapportant à la réorganisation de l’orpaillage, à la surveillance, à la gestion des emplois et la fourniture des Biens et services... S’agissant de l’orientation sociale des revenues minières, loin de tout développement, il serait convenable que l’UEMOA statue directement sur cette question dans le cadre de l’adoption du code minier communautaire et dans le contexte de la mise œuvre du budget programme.

A mon humble avis, une directive allant dans le sens de l’imposition d’un pourcentage minimum de financement des programmes sociaux par les ressources provenant de l’exploitation minière serait la bienvenue. Dans cette optique, plusieurs mécanismes existants peuvent être renforcés pour atteindre l’objectif visé ; notamment les différents Fonds (développement local, recherche…), la RSE (responsabilité sociale des entreprises), la part étatique….

A quelques mois de la fin du mandat, comment jugez-vous le déroulement de la politique énergétique du président du Faso, Roch Kaboré ? Autrement, par rapport à votre idéal de départ, le pays est-il sur la bonne trajectoire ?

Oui, bien-sûr, si nous considérons que votre « dite trajectoire » est la direction des actions globales visant à résoudre les problèmes structurels du pays. A mon avis, l’analyse ne devrait pas se faire de façon parcellaire en se limitant sur tel ou tel secteur. Mais, de façon globale, vous êtes d’accord avec moi, qu’en dépit d’une atmosphère hostile caractérisée par des attaques récurrentes, par-ci, par-là et un climat social surchauffé, des réalisations considérables ont été faites dans plusieurs secteurs.

On est tous témoins du nombre important de forages et de formations sanitaires, notamment des CSPS (Centres de santé et de promotion sociale) qui ont été réalisés. Sans oublier la mise en œuvre de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, mais aussi en matière de normalisation des écoles sous paillote avec la construction de milliers de salles de classe, la distribution de lampe LED pour diminuer la consommation des ménages, l’électrification solaire ou le raccordement au réseau de plusieurs centaines de villages, pour ne citer que ces exemples. Imaginez un seul instant, si le climat était un peu favorable aux réalisations de projets de développement, ce qui aurait été fait.

Quel est le principal enseignement que vous avez tiré de votre passage au gouvernement ?

La connaissance des hommes. J’ai appris que dans la gestion des hommes tout comme dans les relations humaines, en cherchant à connaitre mieux les gens dans un esprit positif, à savoir qui sont-ils sur tous les plans tels que par exemple l’environnement social dans lequel ils ont évolué, leur itinéraire socio-professionnel et même politique etc., on arrive à mieux comprendre les comportements et surtout le modus vivendi de ceux avec qui on interagit au quotidien. Comme vous le savez, sans doute, cette connaissance des hommes est cardinale dans tout œuvre pour un meilleur esprit collaboratif.

Quelle a été votre plus grande satisfaction au moment où vous partiez du département ?

Sur le volet énergie, c’est surtout l’implémentation du programme énergies renouvelables avec surtout l’éclosion d’une vraie dynamique d’adoption de l’énergie solaire par les populations. En toute modestie, les éléments saillants de cette autosatisfaction sont entre autres, la création de l’Agence nationale des énergies renouvelables, la mutation de FDE en ABER et la création de la semaine des énergie et énergie renouvelable d’Afrique (SEERA) et tous ces grands projets que nous avons pu mettre en route pour le PEPU, le PEREL, YELEEN, ….

Sur le volet mine, c’est sans doute la création de la SAMAO qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, même si l’objectif était saint et honnête. Au passage, il ne faut pas aussi oublier l’adoption des textes d’applications du code minier et le courageux assainissement du cadastre minier.

La grande déception pour vous ?

Je n’ai pas de déception, car comme je vous l’ai dit, dans la mesure adhérant aux propos de Nelson Mandela, je considère qu’on ne perd jamais quelle que soit l’expérience : on gagne ou on apprend.

Vous êtes un enseignant d’Universités, votre passage au gouvernement impacte-t-il désormais sur vos cours (contenu et/ou forme) ?

Bien évidemment, au-delà des facteurs globaux en lien avec le contenu du message scientifique à faire passer, les responsabilités permettent d’améliorer la forme de transmission de ce message.

Depuis un moment, vous êtes plus actif dans votre localité, est-ce un pré-positionnement politique, comme le pensent certains ?

Dès qu’on a occupé des fonctions politiques, on devient une personne ressource pour sa localité, voire sa région. Et en tant que personne ressource, on doit se préoccuper de ses difficultés diverses. Aussi, il devient donc un devoir moral de contribuer au développement endogène. C’est ce que j’essaie de faire. C’est d’abord cela l’esprit qui me guide.

Quelle est votre ambition pour la localité et les moyens que vous vous donnez pour cela ?

Il ne faut pas raisonner en termes d’ambition personnelle, mais plutôt de ce qu’on souhaite tous que la province apporte au développent global de notre pays relativement à ses potentialités. Vous savez sans doute, qu’à l’égard d’autres provinces comme par exemple le Sourou, le Houet, le Ioba ou le Nahouri…, la province du Kénédougou est une zone de forte production agricole.

Certes, nous avons la plaine aménagée de Banzon et le programme intégré de Samandéni qui concerne trois des six communes impactées, mais également des installations industrielles. Mais les potentialités de cette province sont si énormes qu’à ce jour, et au risque de se tromper, on peut dire qu’elles ne seraient même pas exploitées à 10%. L’ensemble de ces potentialités peuvent être valorisées.

Au-delà de l’encadrement, de l’amélioration des systèmes de productions, de l’aménagement des domaines de production et de la mécanisation agricole, il faudrait travailler à développer davantage une économie locale solidaire basée sur les GIE (groupements d’intérêt économique) de transformation des productions pour certaines catégories de produits et tisser un socle industriel pour d’autres, en fonction des échelles et des capacités de production.

Depuis le 9 mars 2020, la vie au Burkina Faso est rythmée par la pandémie à coronavirus. Comment appréciez-vous les mesures qui sont jusque-là prises par les autorités pour faire face à cette préoccupation sanitaire ?

De mémoire d’être humain, il faut dire qu’une crise d’une telle envergure à l’échelle internationale est, sans se tromper, inédite, encore soit-elle une crise sanitaire dont la dynamique de propagation échappe aux dispositifs classiques de surveillance aussi bien de prévision que de prévention épidémiologique des maladies chroniques du même type jadis connues.

Cette pandémie a pris tout le monde au dépourvu au point où les pays ayant les systèmes sanitaires les plus performants nantis en plateaux techniques de référence se sont retrouvés dans un balbutiement total, émaillé d’un tâtonnement inimaginable dans la recherche de solutions urgentes à apporter. Dans un tel contexte, un pays aux maigres ressources comme le Burkina, avec une armature du système sanitaire très fragile se retrouve naturellement dans une situation beaucoup moins reluisante.

C’est pourquoi, quand on analyse la gestion de cette crise sanitaire, il faut prendre en compte d’abord le contexte combien déjà difficile du pays que la crise est venue trouver, puis le contexte global de la survenue de la pandémie à l’échelle mondiale et surtout sa gestion avec incertitude et hésitations singulièrement par les pays disposant des plus performants systèmes sanitaires.

A mon avis, quand on fait une analyse à la fois réaliste et holistique de ce genre, on est plus tolérant envers ceux qui ont en charge la gestion de cette crise. A l’échelle du Burkina, on peut dire que jusque-là, la gestion de la crise a été globalement bien menée. Certes, on peut constater des difficultés par-ci, par-là mais ces difficultés peuvent véritablement être mises dans le compte du pack global des incertitudes observées à l’échelle mondiale.

Le fléchissement observé dans la propagation de la maladie à partir de fin avril est sans doute le fruit des différentes mesures barrières drastiques de mise en quarantaine et d’interdiction de regroupements. Même si aujourd’hui, il y a un léger allègement de ces mesures, les mesures barrières alternatives qui ont été édictées, tels que le port de cache-nez, le lavage systémique des mains ou l’utilisation de liquide hydro-alcoolique ou même le respect de la distanciation sociale, doivent être scrupuleusement observées afin qu’on continu inlassablement dans la tendance baissière du taux de contamination jusqu’à l’extinction définitive de cette maladie.

La crise a aussi montré une faiblesse dans la communication au niveau l’exécutif. Vous qui avez été dans les arcanes de la gouvernance, comment expliquerez-vous ces sons de cloche discordants (sur les essais cliniques, protocole sur la chloroquine, le port du cache-nez, le budget du plan de riposte, la date de reprise des cours...) ?

Je pense plutôt que c’est la nature même de cette crise sanitaire avec son lot d’incertitudes qui a imposé, ou je dirai, entraîné certaines difficultés inhérentes liées à la communication et qui ne sont pas véritablement propres au Burkina. Depuis l’apparition de cette maladie, si vous avez suivi l’actualité mondiale de la gestion de la crise particulièrement dans certaines grandes puissances occidentales, des responsables politiques, pas des moindres, avaient misé à cent pour cent sur l’hypothèse d’une maladie qui allait être maîtrisée et éradiquée à la source.

Mais, l’évolution de la pandémie a prouvé tout le contraire, et même, ces pays sont aujourd’hui parmi les plus touchés par le COVID-19. Mais, dans ces pays, à ce jour, vous entendrez peu parler de cela. Les difficultés liées à la communication, à mon avis, ne doivent pas être considérées comme des facteurs, de nature à mettre en péril la gestion de la crise, mais doivent, dans un esprit saint, être notifiées à qui-de-droit afin qu’il corrige ce qui doit l’être.

La crise a porté un coup aux différents secteurs d’activités du pays, déjà éprouvé par la situation sécuritaire. Comment peut-on envisager une relance de l’économie nationale ?

Sans se prévaloir d’être un analyste économique, on peut de façon prémonitoire dire que l’épilogue de cette crise devait sonner inéluctablement le retour aux principes fondamentaux du développement économique endogène. Ce besoin est valable au plan national et s’impose à l’échelle africaine, voire mondiale. Aussi, il faudra désormais compter intrinsèquement sur les forces et atouts endogènes de notre économie, en la réincarnant sur l’armature de ses potentialités endogènes.

C’est-à-dire qu’il s’agira, à l’interne, d’accroître substantiellement, à la fois, nos capacités de production, de transformation et d’auto-consommation en vue de renforcer notre force de création de richesses et même de mobilisation de nos ressources endogènes. Pour être précis, et pour ne citer que ces exemples, il faudra, à moyen terme, de façon impérieuse, passer à la structuration et à l’industrialisation des filières de production endogène (agricole, animale, culturelle, artisanale…) pour la création de chaînes de valeur assortie de création de richesses nationales.

Autre exemple, pour espérer une relance économique adéquate, la BCEAO, en collaboration avec les Etats, peut disponibiliser des ressources auprès des banques pour accompagner certaines catégories d’entreprises qui sortiront totalement végétatives de cette crise, mais, il faudra parallèlement songer à améliorer les indicateurs du système fiscal pour tirer tous les dividendes économiques d’une telle opération.

A l’instar de ce qui a été observé pour des crises similaires, les plans de relance économique ne doivent pas oublier de prendre en compte le lancement de grands projets d’infrastructures pour augmenter la consommation de Biens et services et servir de catalyseur pour cette relance. Le système éducatif ne doit pas aussi rester en marge des actions à opérer, d’autant plus qu’il est l’un des secteurs ayant payé le plus lourd tribut de cette crise.

On dit toujours que notre système éducatif n’est pas synchronisé au marché de l’emploi ou tout simplement nos canaux de formation n’aboutissent pas en général au marché de l’emploi. Aussi, on peut se demander si cette crise ne pourrait-elle pas être une opportunité pour faire renaître notre système éducatif pour le mettre sur une trajectoire d’adéquation avec le marché de l’emploi.

Enfin, en parlant des potentialités économiques endogènes, tout de suite chez nous en Afrique, on pense aux ressources naturelles que nous possédons en abondance. Il est clair, que cette crise a impacté négativement le marché et l’ensemble des facteurs de productivité et en première ligne, les ressources naturelles, puisqu’avec la baisse de l’ensemble des activités leur consommation a baissé de façon drastique.

Mais, dans notre cas particulier, il y a quelques lueurs d’espoir, c’est qu’à la différence des autres ressources naturelles dont les cours sont en bernes, l’or est, par contre, par excellence, une valeur sûre de refuge de capitaux particulièrement dans les périodes de crise. Vraisemblablement, ce facteur pourrait être favorable à l’or et son cours survivra probablement à la crise et remontera rapidement pour se maintenir très certainement à un niveau acceptable à même de garantir certaines parts de projections financières des pays producteurs.

Quels sont les enseignements que le Burkina, précisément les dirigeants, doit tirer de cette crise ?

Tout le monde a été pris au dépourvu par cette crise. A ce stade, il est difficile d’appréhender tous les enseignements qu’on peut tirer de cette crise, car personne au monde ne sait avec certitude son épilogue. Bien-sûr, comme vous le savez, il s’agit d’une grave crise sanitaire qui a entraîné dans son tourbillon, l’arrêt de toutes les activités. In fine, la crise va largement au-delà du secteur de la santé étant donné que ses impacts touchent tous les autres secteurs.

Au fond, l’aggravation de cette crise est le concours de plusieurs facteurs à même de gripper le fonctionnement du monde, dont entre autres, la course effrénée et sans limite pour le bien matériel et financier, qui est un gouffre sans fin. La production, transformation et consommation sans tenir compte des valeurs protectrices de l’environnement en est aussi une raison évidente, ce qui renchérit d’année en année le coût de retour vers un environnement saint et rend de plus en plus irréversible ce processus.

Il y a aussi le déséquilibre des forces en concourt au plan mondial caractérisé par des adversités dissimulées sans principes et sans pitié, la non-définition des principes de l’intelligence économique et enfin l’abandon des valeurs intrinsèques du social au profit des valeurs de profit économique incarnées par la recherche de l’augmentation du bien matériel et financier.

Pour clore notre interview !

Une fois de plus, je remercie Lefaso.net pour l’intérêt porté sur ma modeste personne à travers cette interview. Aussi, en cette fin de mois béni de Ramadan, je souhaite une très bonne fête de l’Aïd el fitr à tous les fidèles musulmans et que Dieu dans sa Miséricorde abonde notre pays de toute sa grâce.


Interview réalisée en ligne par Oumar L. Ouédraogo
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