Actualités :: Ville de Ouagadougou : Nouvelle année, nouvelles armoiries

La mairie de Ouagadougou a décidé de faire peau neuve en changeant ses armoiries. La cérémonie de présentation des nouveaux symboles de la "ville verte" a eu lieu mercredi 31 décembre, dernier jour de l’an 2003 dans la salle des fêtes de la mairie de Ouagadougou. Le maire de la commune de Ouagadougou, M. Simon Compaoré a remis à l’occasion, la contribution de son conseil au mois de la solidarité.

C’est au cours de la session extraordinaire du 7 août 2001 que le conseil municipal de la ville de Ouagadougou a opté pour le changement des armoiries de la ville. Motif, celles actuelles sont très chargées et ne représentent plus la spécificité de la seule ville de Ouagadougou.

Les nouvelles armoiries sont composées de 9 éléments essentiels : un cheval, un écusson, un soleil éclatant, l’eau, une chaîne, un pied de mil, une branche de cotonnier, un fanion et une devise : "Waogdg ra yees beoogo". Les armoiries apparaissent comme l’identité culturelle des peuples et des institutions, le reflet de leur histoire profonde et des aspirations à venir, par la prise en compte des valeurs essentielles de vie. Pour le bourgmestre de Ouagadougou, Simon Compaoré, les anciennes armoiries, avec tous les mérites qu’il faut leur reconnaître, se devaient d’être repensées, réadaptées. Ceci par rapport à la connaissance actuelle de l’histoire de la ville que le recul et les moyens d’investigations modernes autorisent.

Après 40 ans d’indépendance, la commune de Ouagadougou se devait de faire une introspection sur ses symbolismes essentiels, dont une relecture de ses armoiries. Selon le premier magistrat de la cité, les nouvelles armoiries qui s’inspirent des précédentes, "tiennent compte des valeurs de l’histoire de la ville, de la culture léguée par les ancêtres et des valeurs essentielles à guider les objectifs de la ville et des intérêts suprêmes de la Nation". La confection des nouvelles armoiries a été confiée à l’homme de culture, Maître Titenga Frédéric Pacéré. Après un travail de plus d’une année de recherches, d’échanges, de confrontation et d’explication, il a élaboré plus de 350 esquisses d’armoiries dont une a été adoptée par le conseil municipal le 26 novembre 2002.

"Ouagadougou, n’aies pas peur de l’avenir !"

Maître Titenga Frédéric Pacéré est revenu longuement sur l’histoire des armoiries avant de décortiquer, symbole par symbole, les 9 éléments qui "redorent le blason" de la mairie. Ainsi, le cheval est un pan de l’histoire même du Burkina, l’Etalon de Yennenga, le cheval de Ouédraogo, père mythique des Mossé. Au-delà, le cheval est symbole de grandeur, de noblesse, de dynamisme, de fidélité. L’idée de bouclier marque l’intégrité, l’écusson du wogdg naaba, chef de Ouagadougou. Le soleil éclatant est la base des rituels, le fondement de la possibilité de vie à Ouagadougou.

C’est l’idée aussi de justice car le soleil éclaire aussi bien "le pauvre que le riche" ; l’eau qui coule, c’est le Kadiogo, la vie qui s’écoule, le passé, le présent et l’avenir. La chaîne, symbole d’éternité et de prospérité de la ville. La conservation des valeurs. C’est la chaîne incommensurable du Mogho Naaba Yandfo qui a fait de Ouagadougou une ville-capitale. Celui-là même que le colon a tout fait pour démystifier, "notamment en déviant la voie ferrée sur sa tombe et en dispersant ses restes". L’épis de mil représente la nourriture de base. Le coton blanc, image de pureté, la sincérité de bâtir la ville.

Le fanion est un élément de culture, symbole de puissance, le fanion du Moogho Naaba "namviré", grand conquérant. Enfin, une devise "Waogdg ra yees beoogo", autrement dit, "Ouagadougou, n’aies pas peur de l’avenir", "laisse l’avenir, venir lui-même" : Ouagadougou, capitale des "Kombemba", grands guerriers, capitale du pays des "hommes intègres". Ces nouvelles armoiries sont donc plus en phase avec l’histoire et les ambitions de la ville.

En marge de la cérémonie, le maire Simon Compaoré a remis la somme de un million (1 000 000) de francs CFA "cash" au ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Mariam Lamizana. Cette somme représente la contribution des 90 conseillers municipaux au mois de la solidarité.

Bachirou NANA
Sidwaya

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