Actualités :: Message du nouvel an de Blaise Compaoré

Mes chers compatriotes,

La tradition républicaine m’offre de nouveau l’agréable occasion de vous présenter mes meilleurs vœux pour l’année qui s’annonce.

Des vœux ardents de bonne et heureuse année à l’ensemble du peuple burkinabé, à nos compatriotes installés aux quatre coins du monde et à tous ceux qui, venus d’ailleurs, nous font l’amitié de vivre dans notre pays. J’exprime particulièrement ma sympathie et ma compassion à tous ceux qui, en ce jour, sont dans la souffrance.

Au cours de l’année 2003, nous avons été tous fiers de la capacité des Burkinabé à s’unir pour rester un grand peuple, un peuple solidaire. La tradition de discuter, de critiquer en toute liberté est désormais ancrée dans nos mœurs politiques et sociales. C’est là la preuve d’une démocratie vivante et constructive, et je m’en réjouis. Je veux solennellement rappeler, en ma qualité de garant de la continuité de l’Etat, la prééminence absolue des principes fondamentaux de la Constitution et les obligations citoyennes, particulièrement en matière de libertés individuelles et collectives.

Etre démocrate suppose le devoir de soumission à la Constitution, et l’obéissance aux lois, expression de la volonté populaire. C’est pourquoi, en cette année 2004, année de nouvelles sollicitations pour la nation, nous devons rester mobilisés autour des idéaux qui fondent le Faso, renforcer la République et ses institutions. Ce sont là les exigences de notre désir de vivre ensemble et de construire notre patrie.

L’enracinement toujours plus profond de notre démocratie et la stabilité politique constituent le socle sur lequel nous pourrons réaliser notre ambition de bâtir un Burkina fort, prospère et solidaire. Au cours de l’année écoulée, nous avons enregistré de bonnes performances sur le front de la croissance économique et de la production agricole, en dépit d’une conjoncture sous-régionale et internationale difficile.

Ces succès, nous les devons à vous tous, travailleurs des villes, des campagnes, du privé, du public et amis du Burkina Faso, dont la foi en notre pays est restée inébranlable. Je félicite tout particulièrement les jeunes et les femmes, pour leur forte implication dans la mise en œuvre des programmes de développement.

Au plan social, le Gouvernement a multiplié des initiatives en 2003 pour le mieux-être du peuple burkinabé. Les grandes endémies, notamment la méningite, ont été contenues. La baisse significative des prix des anti-rétroviraux et l’organisation d’une meilleure prise en charge des malades ont permis de réaliser des avancées notables sur le terrain de la lutte contre le SIDA.

Chers Compatriotes,

Moteur essentiel de la valorisation des ressources humaines et de la lutte contre la pauvreté, l’éducation continue de représenter un grand défi pour le Gouvernement.

A ce niveau, les premiers acquis du Plan Décennal de Développement de l’Education de Base indiquent la pertinence de notre ambition de l’éducation pour tous. Il me plaît également de relever que nous avons su, au-delà

de nos différences, magnifier la valeur et la nécessité de la solidarité communautaire, notamment à travers l’opération

Bayiri, le mois de la Solidarité, l’Initiative nationale de soutien aux Etalons, et l’action discrète mais efficace des organisations non gouvernementales.

Peuple du Burkina Faso,

La croissance plus ambitieuse de notre économie en 2003 et les succès significatifs de l’offre sociale ne doivent pas occulter la persistance de nombreux maux qui nous assaillent et réduisent l’efficacité de l’Etat.

L’emploi constitue un des grands défis que nous devons relever. Nous avons déjà lancé plusieurs initiatives dans ce domaine, mais il reste beaucoup à faire, au regard de la forte proportion de jeunes dans notre population. J’ai demandé au Gouvernement d’organiser en 2004 une large concertation avec les représentants de la jeunesse rurale, citadine, scolaire et estudiantine, en vue de dégager des propositions concrètes et réalistes pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la promotion de l’emploi.

Pour les temps futurs nous aurons, plus que jamais, besoin d’écoles à même d’absorber l’énorme demande éducative, d’un système de santé garantissant à tous l’accès aux soins, d’un tissu productif créateur d’emplois pour notre jeunesse. Nos besoins sont donc immenses. Chacun de nous devra contribuer à leur satisfaction, dans les limites de ses moyens et de ses responsabilités.

En ce qui le concerne, l’Etat, garant de l’intérêt général, s’efforcera d’être toujours proche des citoyens, en se réformant pour accomplir avec plus d’efficacité ses missions. A ce titre, il doit d’abord renforcer son rôle dans les secteurs où il est principal acteur, notamment en matière de justice, de défense et particulièrement de sécurité.

A cet égard, sa mission première sera d’endiguer la culture de la violence et de la délinquance. Les actions engagées dans la lutte contre la délinquance et l’insécurité doivent être poursuivies avec détermination, par tous les services administratifs avec l’appui de la société civile, sur l’ensemble du territoire national. Le Gouvernement devra veiller particulièrement à vulgariser la Police de proximité tout en renforçant les capacités opérationnelles des forces de sécurité.

Mes chers compatriotes,

Sur le plan extérieur, nous avons la claire conscience de l’extraordinaire interdépendance des destins des peuples du monde. Nous continuerons par l’action gouvernementale et diplomatique à manifester partout et toujours notre volonté de paix et de bon voisinage par la mobilisation de nos énergies pour l’intégration.

Nous rendons ici hommage à l’ensemble des partenaires au développement du Burkina Faso et de l’Afrique qui nous appuient et nous accompagnent dans cette passion, animés des mêmes aspirations à la paix, à la justice sociale. Nous serons également fiers d’accueillir en 2004 deux grandes conférences internationales. Il s’agit respectivement du Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté, et du Xe Sommet de la Francophonie. Je souhaite qu’en ces occasions, notre peuple, mobilisé, fasse encore la preuve de son sens de l’organisation et de sa légendaire hospitalité.

Concitoyennes, Concitoyens,

Il n’y a de fatalité que celle que l’on accepte de subir. En votre nom à tous, je puis affirmer que le Burkina Faso n’acceptera aucune fatalité. Debout et mobilisé, le peuple

burkinabè continuera d’inscrire ses notes de succès sur le chemin de l’espérance et de l’émergence. Bonne et heureuse année à toutes et à tous !

Vive le Burkina Faso

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