Actualités :: Burkina Faso : L’A.R.C.N, un appel aux patriotes déterminés ... !

« Eveil des consciences pour une responsabilisation plus accrue de chaque citoyen » et « renaître tous Burkinabè et fiers d’appartenir à la nation des hommes intègres ». C’est la raison de la création de l’association pour la renaissance d’une citoyenneté nouvelle (A.R.C.N). Face à une société en proie à une crise de valeurs, des ‘’sages’’ ont décidé de donner de la voix, en appelant à la restauration de l’intégrité à travers l’organisation sus-mentionnée. Les responsables ont tenu une conférence de presse ce mardi, 1er août 2017 à Ouagadougou pour lancer l’association et dévoilé ses contours.

L’A.R.C.N est donc une organisation de la société civile avec pour seul combat, celui d’un retour à l’intégrité. Elle se veut un regroupement de citoyens déterminés à redonner un souffle nouveau au Burkina par la recherche d’hommes et de femmes à même de servir pour les générations montantes et à venir. Pour les responsables de l’organisation, faute de n’avoir pas trouvé de repères, la jeunesse s’est jetée dans une pagaille idéologique engendrant l’irresponsabilité et l’incivisme actuel.

Pour le président de l’A.R.C.N, Mousbila Sankara, de nombreux filles et fils du Burkina méritaient bien d’être promus de par les valeurs qu’ils ont incarnés et défendus. « Le capitaine Thomas Sankara, dont l’exemple de vie et de gouvernance méritaient d’être enseignés dans nos instituts de formation, a été froidement assassiné un soir du 15 octobre 1987 pour une prétendue rectification de notre révolution du 4 août 1983 dans le sens de l’approfondir. Où en est-on avec cet approfondissement ? Son dossier attend toujours d’être jugé. (…). Le général Yacouba Isaac Zida, dont le courage et la loyauté envers son peuple ont été prouvés le 31 octobre 2014, est aujourd’hui radié de notre armée, alors que si ce vaillant patriote n’avait pas pris ses responsabilités ce jour-là, la courbe de l’histoire aurait été autre. Seul survivant de notre courte liste, il mérite toute notre protection », magnifie M. Sankara. Selon M. Sankara, Yacouba Isaac Zida est celui-là qui a évité que les Burkinabè se tirent dessus après le départ de Blaise Compaoré. Il a également accepté de céder le pouvoir à un civil et a organisé des élections qui ont rétabli un pouvoir démocratique.

Pour lui, malgré les insuffisances qu’on peut reconnaître en tout être humain (‘’nous ne disons pas qu’il est un ange’’), M. Zida mérite d’être aligné au rang des grands hommes de ce pays. ‘’Zida a, lui au moins, remis sa parcelle (affaire parcelle SONATUR de Zida à Ouaga 2000, ndlr), mais il y a quelques mois, l’Assemblée nationale a fait cas de parcelles mal acquises que celle de Zida. Combien ont été remises ...?’’, tient-il pour entre autres exemples. Il souligne par-là également, la nécessité donc de reconnaître les valeurs des hommes pendant qu’ils sont encore vivants.

« Yacouba Isaac Zida, seul survivant de notre courte liste, mérite toute notre protection »
Entouré de membres de l’organe dirigeant de l’association, Mousbila Sankara reste certain que le sort réservé aux figures de valeurs que le pays a connues a arraché à la jeunesse, tous repères.

« Nos élites s’étant lancées aujourd’hui dans une compétition éhontée de détournements de Fonds publics, à la course effrénée pour l’occupation des postes politiques et administratifs alors que pendant ce temps, nos enfants subissent une éducation quasi-inadaptée à leur insertion sociale et professionnelle. Ne soyons donc pas étonnés, que nos jeunes gens soient désœuvrés, contraints au meilleur des cas à l’oisiveté et au pire à s’adonner à l’alcool, à la prostitution, à la drogue, à la criminalité et même au terrorisme », diagnostique le président de l’A.R.C.N. Forts de leurs observations, les responsables de l’organisation sont parvenus à la conclusion que l’espoir engendré par l’insurrection et la gestion patriotique de la transition ont fait place à une gestion interrogatrice d’un lendemain incertain marqué par des grèves et sit-in, expression réelle du malaise dans la gouvernance du pays.

« Nous savons tous cependant que lorsqu’un pays atteint un tel niveau de souillure historique, de paupérisation alarmante, de gabegie rampante, de gestion approximative dans une vision douteuse, la sagesse commande que des voix courageuses et dignes apportent la lueur d’espoir aux millions de ‘’sans voix’’ que l’indignité personnalisée en gouvernance traîne vers l’abîme et la poubelle de l’histoire », mâte le président, Mousbila Sankara, pour qui, en lançant cette structure donc, il s’agit de sonner le regroupement de tous les patriotes déterminés à faire du Burkina, un grand chantier de développement au profit de tous.

« Où qu’ils soient, nous irons les chercher, ces patriotes, pour qu’ils viennent accomplir leur destin qui est aussi celui de la nation. Burkinabè des campagnes, des villes et de la diaspora, patriotes contraints au silence ou à l’exil, le salut viendra de vous, de quelqu’un d’entre vous, de chacun d’entre vous et de nous tous certainement », appellent les dirigeants de l’ARCN.

L’association prône une société respectueuse des mœurs (valeurs éthiques et morales) et de l’environnement (le cadre de vie). Pour cela, elle compte articuler sa lutte autour de trois axes : « ’’Nos clairières’’, caractéristiques de notre milieu sahélien seront reboisées à travers la généralisation de la pratique de demi-lune. Nos réserves et nos bandes vertes seront reconstituées. ‘’Le patrimoine national’’ dilapidé par des prédateurs déguisés en hommes politiques ou en hommes d’affaires sera reconstitué à travers les examens sans complaisance de tous les dossiers y relatifs. ‘’Notre armée’’ sera placée au centre de nos actions en raison de la destinée glorieuse à laquelle nous la destinons. S’il s’avère nécessaire, nous mettrons en place un système juridictionnel adapté à notre nouvelle réalité ».

L’A.R.C.N pointe également un système qui appelle à la rénovation, pour mettre fin à « cette série de formation de chômeurs en place depuis une trentaine d’années ». Elle requiert également la consolidation de l’identité nationale et la promotion de la méritocratie au détriment de la « médiocratie ».

L’ARCN se forge un creuset et vivier propices au développement de la nouvelle génération, par notamment une jeunesse qui assumera son rôle de fer de lance de la construction nationale. D’ores et déjà, l’association envisage une conférence publique à l’Université sur l’avenir du Burkina et la plantation et la promotion de plantes alimentaires tels le karité, le kapokier, le tamarinier, le néré, etc.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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