Actualités :: Mme Yvette Niamké, prédicatrice : “Les femmes, même quand elles fréquentent (…)

Femme de feu et de foi, Mme Yvette Niamké, responsable du Ministère catholique d’évangélisation des femmes à Abidjan (MICEF) en Côte d’Ivoire, était en visite à Ottawa en août 2016. Au cours d’un véritable marathon de prédications, elle a donné des prêches sur l’autorité spirituelle et la réalité du combat spirituel, l’intimité avec Dieu, la discipline dans l’œuvre de Dieu, les charismes et les dons spirituels, l’évangélisation. Admirable dans son don d’elle-même à son ministère, elle est entière et totale et fait vibrer les foules. Nous vous invitons à la découvrir dans cette interview.

Pourquoi ce besoin d’un ministère d’évangélisation ciblé sur les femmes ?

Merci de l’opportunité que vous m’offrez. Nous avons initié cette pastorale en direction des femmes parce qu’à l’époque, comme encore aujourd’hui, nous avions constaté que les femmes, même quand elles fréquentent d’Eglise, ont recours aux marabouts, devins et autres pour ce qui concerne leur vie de femme (mariage, enfantement, problème de foyer…). Nous voulions donc les mener dans une relation, une conversion réelle car nous croyons que la conversion introduit Jésus dans l’intimité de nos vies. Nous sommes convaincues que le Christ qui nous a été annoncé, est un Christ incarné, qui plus est, incarné dans une femme. Nous pensions qu’il fallait les conduire vers le Christ Jésus, unique chemin, seul capable de répondre à nos aspirations les plus profondes. Cela d’ailleurs se conforme à la croix où se trouvaient trois femmes, les trois Marie, comme pour dire que la passion est au bénéfice de la femme.

Dans vos missions, il est dit que vous voulez amener une conversion réelle en milieu féminin. Est-ce à dire que les femmes sans lesquelles il n’y aurait pas d’Eglise ne sont pas réellement converties ?

Je voudrais ici dire qu’il y a hélas une différence entre avoir une religion et rencontrer le Christ. Beaucoup de femmes en effet sont de religion catholique, mais peu sont chrétiennes. Une rencontre avec le Christ est une expérience bouleversante qui fait de lui le sommet de nos aspirations, et l’objet perpétuel de notre quête. Les femmes cherchent tout sauf le Christ. Quand on est convertie, le changement qui s’opère est visible, palpable et fait de nous des témoins. On ne peut pas être en contact avec celui qui est le remède du péché et continuer de pratiquer le péché. Et c’est justement parce qu’elles sont dans l’Eglise nombreuses que les commérages, palabres, divisions… subsiste. Il importe alors justement de les traiter si nous voulons une Eglise forte. C’est un devoir !

Travailler à la restauration de la femme afin de réhabiliter son image. Est-ce à dire que son image est écorchée dans l’Eglise et la société ?

Oui ! Foncièrement dégradée. Si bien que pour la publicité d’un pot de yaourt, on présente une femme nue. La femme n’est vue qu’au travers de son sexe, et c’est dommage que l’humanité n’ait pas encore compris sa valeur et sa place ! La femme doit comprendre qu’elle-même se rabaisse car pourquoi marcher pratiquement nue pour attirer les regards ? N’avons-nous pas autre chose à proposer que du sexe ?

Depuis quand le MICEF existe-t-il ?

Le MICEF existe depuis 2010, mais il est l’expression d’une vision qui s’est déployée il y a de cela 23 ans. Cette vision dans son exécution avait une autre appellation, mais depuis 2010, c’est le MICEF.

Comment avez-vous entendu cet appel à le créer ? Combien de membres compte le MICEF ?

L’appel est venu comme un cri de cœur, une réalité qui se présentait à moi. Jeunes femmes, nous ressentions, quelques sœurs et moi, le besoin de nous retrouver pour prier pour nos besoins spécifiques de femmes (désir de mariage, enfantement, foyer, épanouissement personnel…). Ces rencontres ont vite attiré d’autres femmes par les témoignages édifiants qui sortaient de cette cellule qui se tenait chez moi, à la maison. Nous avions continué de 1991 à 1996, précisément le 22 novembre, où le Seigneur par prophétie nous a dit « Je vous appelle a lever une armée de femmes car, si les femmes sont gagnées, leurs enfants et leurs maris le seront aussi, et le monde le pourra aussi ». Aujourd’hui, ce qui avait commencé entre 7 personnes regroupe 150 femmes.

Attirer les femmes dans la présence de Dieu pour leur sanctification. Est-ce seulement les femmes qui ont besoin d’être sanctifiées ?

Non, mais comme dit l’Ecriture en 1 Pierre 3:1 « Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes ». C’est un moyen pour nous de toucher tout le monde. Chacun reçoit de Dieu sa stratégie d’évangélisation et le Seigneur nous a dit, c’est par la femme, et elle dans sa maison, fera le reste du boulot. Car enfin de compte, la finalité est décrite en Tite 2, 3-5 « Dis que les femmes âgées doivent aussi avoir l’extérieur qui convient à la sainteté, n’être ni médisantes, ni adonnées au vin ; qu’elles doivent donner de bonnes instructions, dans le but d’apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. ».

Il est dit dans les missions du MICEF que c’est pour les enseigner à aimer leur mari et à élever leurs enfants chrétiennement. Est-ce que ça ne confine pas la femme à son rôle traditionnel d’épouse et de mère ?

Je pense qu’il faut savoir être dans l’objectif du créateur. Dieu en faisant la femme, l’a voulue comme aide pour l’homme. C’est le centre de sa vie. C’est pourquoi, une femme a beau être chercheur dans le nucléaire, médecin, professeur titulaire de chaire, mais sans un compagnon, un époux et des enfants, elle a un sentiment d’inutilité et son épanouissement ne peut être complet. Sans emploi, certaines femmes sont cependant heureuses parce que vivant pleinement leur vocation d’épouse et de mère. A celles-là, nous disons qu’il y a trois états indispensables par lesquels la femme se réalise : elle est fille d’un père, puis de Dieu d’abord, puis elle devient épouse et enfin mère. Par ailleurs une femme qui dirige une société avec brio et voit ses enfants devenir des ratés est plus malheureuse que celle qui est simple ménagère. Dieu ne s’est pas trompé sur la vocation de la femme et nous non plus !

Ou se situe le MICEF dans le débat sur la place des femmes dans l’Eglise ? Doit-on leur concéder plus de place ? Ou doit-on les maintenir dans leur rôle invisible de consommatrices ?

Je pense que la question est un peu dépassée car si il y a longtemps cette pensée pouvait traverser l’esprit de certains, de nos jours, les femmes ont pris leur place dans la maison de Dieu. Vous savez, le plan de Dieu a toujours été que l’homme et la femme travaillent de concert. C’est pourquoi, c’est après avoir mis l’homme au travail que Dieu crée la femme. Cela pour lui dire que, dans cette tâche immense qui t’ait confiée, tu as besoin d’une aide. Tant que la femme ne prenait pas sa place, la féminité de Dieu ne pouvait s’exprimer. Dieu dans sa sagesse l’a d’ailleurs introduite par le dogme de Marie. Et ce n’est pas à un catholique que j’expliquerai ce que cette femme représente dans l’Eglise !

Qu’en est-il de l’expansion du MICEF ailleurs ? J’ai vu qu’il y avait un MICEF France. Qu’en est-il des autres pays voisins de la Cote d’Ivoire ? Les autres femmes africaines ont aussi besoin de l’évangélisation.

Votre question me rappelle une parole qui m’avait été dite il y a quelques années alors que je venais de prêcher sur le ministère de la femme. Une religieuse qui avait 47 ans de vie consacrée m’avait dit que ce message était un flambeau que je me devais de passer à toutes les femmes d’Afrique. J’en suis consciente, c’est pourquoi, nous avons commencé à travailler à l’expansion. Nous sommes en effet représentées en France, mais aussi au Burkina dans le diocèse de Koudougou. Je pense que les autres pays vont suivre.

Cheminer avec elles vers une plus grande connaissance du christianisme. Toucher le maximum des femmes en suscitant un réveil sur chaque paroisse et a un engagement effectif dans l’Eglise. Comment vous y parvenez ? Pouvez-vous en mesurer les résultats ?

Je ne dis pas une plus grande connaissance du christianisme, mais du Christ Jésus, de sa personne. Nous y œuvrons par une école de la Parole et de sa présence. Ces deux écoles se manifestent sous la forme de séminaires de formation et de cellules de prière qui permettent de familiariser les femmes à la parole et à l’intimité avec Dieu. Oui nous pouvons mesurer aujourd’hui en Côte d’Ivoire l’impact de cette évangélisation car, en 1991 lorsque nous initions cela, aucun ministère en direction des femmes n’existait, aujourd’hui, par les séminaires que nous avons initiés, de nombreuses femmes sont entrées dans la vie chrétienne et se sont engagées dans l’œuvre de Dieu.

Œuvrer à l’émergence d’une nouvelle génération de chrétiennes catholiques solidement enracinées dans la Parole de Dieu et qui ne soient pas ballotées à tous vents de doctrine ; est-ce un résultat atteint et mesurable depuis l’existence du MICEF ?

Ici aussi nous pouvons dire que notre pastorale en direction des femmes à freiné les nombreux départs vers les nouvelles églises qui un moment semblaient se présenter comme la solution à leurs problèmes. Aujourd’hui, lorsqu’une femme a un problème de foyer ou de couple, elle n’ira pas forcément dans une autre église ! Les femmes catholiques se sont familiarisées à la parole de Dieu et savent que dans leur église, la Parole de Dieu est annoncée ! [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Angèle Bassolé
Écrivaine et éditrice
Ottawa, Canada

Pour Lefaso.net

http://www.micef-ci.org/

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