Actualités :: Situation nationale : La vérité d’un citoyen

Face à certaines circonstances, il est nécessaire de faire un tour d’horizon de la situation nationale de son pays. C’est à juste titre qu’en tant que citoyen de mon pays le Burkina Faso, face à ce que je vois et qui se dit, m’oblige à exprimer librement ma pensée. Nous vivons en ce moment des déchirements politiques et syndicaux.

Politique

Depuis un certain temps, nous observons des tirs croisés sur un seul homme qui, par sa tolérance, ne répond même pas. Qui est cet homme qui n’a aujourd’hui contre lui que ses anciens alliés et collaborateurs d’hier.

Disons les choses par leur nom, il s’agit belle et bien du Président Blaise Compaoré. Parfois les hommes oublient leur passé. C’est la tradition en Afrique, il suffit que le président remercie un ministre qu’il a gardé longtemps à ses côtés pour que ce dernier remette en cause tout ce que son chef a eu à faire mais il oublie qu’ils l’ont fait ensemble et tout était parfait à son temps.

Un ministre bon et un chef d’Etat parfait. Nous avons vu certains ministres d’Etat organiser des marches de soutien sur plusieurs kilomètres et qui ont juré de ne pas trahir la parole de leur père. Je cite « ne trahit jamais et demeure fidèle à Blaise Compaoré ».

Aujourd’hui nous avons peur pour certains qui n’ont pas hésité une seconde à fouler au pied la parole d’honneur et sacrée de ceux qui les ont mis au monde. Ils ont même voulu que certains pays voisins marchent sur le Burkina Faso, leur patrie, ambition politique. Même si le Président Compaoré est mauvais, ce n’est pas à eux de le dire encore moins de le juger. Celui qui trahi un ami n’hésitera pas une seconde envers son peuple.

Pauvre de nous, ce sont ces mêmes traîtres qui rêvent d’être présidents de ce même pays qu’ils ont voulu mettre à feu et à sang. Nous ne sommes pas dupe, le Burkina Faso poursuivra son chemin avec ce Monsieur qui, hier, nous a restitué nos biens, ceux de nos parents, reclassé et payé des arriérés de plusieurs années de salaires aux fonctionnaires et aux travailleurs de notre pays qui demeuraient à la maison sans sou et sans espoir. Ce n’est ni vous ni aucun chef d’Etat de cette planète qui posera un tel acte. Vous anciens collaborateurs de l’homme, vos arguments ne passeront pas.

On ne peut plus tromper et masquer les gens, non ce temps est révolu. Nous avons un empereur commun dont le trône va de père en fils, tout le monde le sait et le respecte, pas de parallèle.

Syndicat

Le syndicalisme au Burkina aujourd’hui est décevant à plus d’un titre. Le syndicalisme au Burkina a perdu sa valeur depuis les privatisations. La récupération du syndicat par l’Etat suite à la naissance des multiples syndicats autonomes sans valeur réelle. C’est un fait et incontestable. Comment peut-on prétendre défendre l’intérêt des travailleurs s’il se trouve que le syndicat lui-même est corrompu.

Aujourd’hui, les responsables syndicaux à travers la presse montrent un vrai visage du syndicalisme burkinabè. Tout tourne autour de l’argent que l’Etat verse comme subvention annuelle au syndicat au nom des travailleurs et qui, en réalité, ne nourri que les familles des syndicalistes qui n’ont d’autres ressources.

Les délégués syndicaux et du personnel n’ont aucune valeur juridique. Il sont licenciés au même titre que les autres et tous les jours. L’inspection du travail n’est plus écoutée. Les délégués du personnel de la société sucrière de Banfora en savent long. A défaut des travailleurs dans les entreprises, ce sont les petits commerçants du marché qui doivent sauver la face.

J’ai peur qu’ils ne soient écoutés. L’état devenu aujourd’hui le bailleur des syndicats de notre pays doit s’impliquer davantage afin de savoir si réellement son argent est utilisé pour le bonheur de la classe ouvrière qui peine en ce moment. Dans le cas contraire, il vaut mieux suspendre purement et simplement cette subvention. Si, par malheur, cela arrivait, beaucoup de centrales et syndicats autonomes disparaîtront.

Vous vous imaginez des responsables syndicaux qui disparaissent avec la subvention de l’Etat aux travailleurs et rien ne se passe, cela veut dire quoi ? Kaboré Boniface, paix à son âme, en son temps, l’a dit haut et fort : non à la subvention proposée par l’Etat car disait-il, c’est se jeter dans la gueule du loup. Les travailleurs le savent, aujourd’hui. La Caisse nationale de sécurité Sociale (CNSS) a offert gratuitement un car neuf aux travailleurs qu’ils ont revendu à des dizaines de millions.

N’est-il pas bon de faire un compte rendu aux travailleurs ? Là encore, l’Etat doit s’impliquer afin de savoir où l’argent est rentré. Après tous ces faits, pouvons- nous prétendre défendre la cause des travailleurs devant l’Etat ? Plus que jamais le syndicalisme au Burkina a besoin d’une réforme pour le bien-être de la classe ouvrière de son pays.

A bon entendeur, salut !

Ouagadougou le 06/05/2005

Ibrahim Zimba OUEDRAOGO

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