Actualités :: Blaise Compaoré à Addis Abeba : Un plaidoyer pour l’emploi et la lutte contre (...)

Le Président du Faso a séjourné à Addis Abeba en Ethiopie du 2 au 4 décembre 2003. Outre les rencontres de travail avec les autorités éthiopiennes, Blaise Compaoré a pris la parole devant l’Assemblée de la Xe réunion régionale africaine de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Dans le programme des travaux de cette rencontre les organisateurs ont prévu une séance spéciale sur l’organisation prochaine à Ouagadougou, d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Ce sommet est une idée du président du Faso.

"Monsieur Le président du Faso, si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est à votre vision et à votre engagement que nous le devons : à votre vision, car dès le Sommet de Lusaka en 2001 vous avez demandé la convocation d’une réunion ministérielle de la Commission du travail et des affaires sociales de l’OUA sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté qui s’est tenue à Ouagadougou en avril 2002 ; à votre engagement car au sommet de Maputo en juillet dernier, vous avez décidé d’aller plus loin en proposant à vos pairs la tenue d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré à l’emploi et à la lutte contre la pauvreté qui se tiendra au Burkina Faso en 2004’. Ces propos adressés au Président du Faso ont été prononcés par le directeur général du Bureau international du travail (BIT), M. Juan Somavia. C’était au cours de la session spéciale organisée par l’OIT sur le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique qui se tiendra au Burkina Faso en 2004.

M. Juan Somavia voulait ainsi saluer la détermination du Président du Faso à faire en sorte que l’Afrique apporte une réponse collective aux problèmes de l’emploi et de la pauvreté.

Vous voulez faire de l’emploi une grande cause africaine", a dit le directeur général du BIT à l’adresse du Président du Faso. Et M. Somavia de poursuivre : "Votre engagement est une réponse politique à l’écoute des peuples. C’est aussi un message clair aux organisations internationales."

Blaise Compaoré fidèle à son engagement

Dans le contexte actuel de mondialisation, soutient le directeur général du BIT, la possibilité n’est pas donnée à l’Afrique de créer des emplois dont les populations ont besoin. Or, c’est pourtant ce que les populations demandent. En cela , l’idée du Président du Faso de consacrer un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’emploi est la bienvenue. "Vous pouvez compter sur notre engagement à vos côtés" , a rassuré M. Juan Somavia.

Devant les délégués africains, le président du Faso a réaffirmé son engagement dans le combat pour l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique. Après avoir fait remarquer que l’humanité a réalisé de grands bonds sur le plan scientifique et technologique, Blaise Compaoré s’est laissé ensuite aller à des interrogations : "Comment l’humanité peut-elle se montrer impuissante ou incapable d’apporter les réponses appropriées aux souffrances d’une majeure partie des populations, confrontée à la pauvreté de masse, aux épidémies et pandémies les plus terribles ? Et le président du Faso de plaider par "un nouvel ordre économique et social plus équitable et plus humain".

La solution viendra par la création d’emplois productifs et décents. C’est la grande exigence économique et morale de notre temps, partout dans le monde. Il convient donc aux dirigeants africains comme le préconise le président burkinabè d’inscrire cette préoccupation au cœur de l’agenda de développement de l’Afrique.

Et cela passe comme l’a relevé Blaise Compaoré, par l’extinction des foyers de tension et la création d’un climat propice aux investissements.

Une adhésion unanime

L’intervention du Président du Faso à la tribune de la Xe réunion régionale africaine de l’OIT, a été suivie de plusieurs réactions.

Des délégués représentant les différentes parties du continent (Afrique de l’Ouest, centrale, orientale, australe...) se sont prononcés sur l’idée de Blaise Compaoré d’organiser à Ouagadougou en mai 2004, un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Tous ont salué cette idée du Président et souhaité que les recommandations et résolutions qui seront issues des travaux du sommet de Ouagadougou soient suivis d’effets. Ils ont également rappelé que l’intégration reste la seule voie de sortie de crise pour l’Afrique. Les délégués ont par ailleurs proposé que la déclaration du Président du Faso soit considérée comme un document officiel de la Xe réunion régionale africaine de l’OIT car "elle est une importante source d’inspiration".

L’initiative du Président Compaoré a donc été unanimement saluée par les délégués présents à la Xe réunion de l’OIT.

Au siège de l’Union africaine le président burkinabè a également justifié et défendu son projet d’organiser le sommet extraordinaire sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Les représentants permanents des Etats africains à l’Union africaine ont en réaction, formulé une motion de soutien et de remerciement au président du Faso "digne fils de notre continent". Ils ont pris l’engagement de tout mettre en œuvre pour le soutenir. A Addis Abeba, outre sa participation à la Xe réunion régionale africaine de l’OIT, le président Compaoré a été reçu par le Premier ministre éthiopien, M. Melès Zenawi. Il a également accordé des audiences à plusieurs personnalités : Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, à Juan Somavia, directeur général du BIT.

Rabankhi Abou-Bâkr ZIDA
Envoyé spécial à Addis Abeba


"Une rencontre essentielle"

L’initiative du président du Faso de consacrer un sommet extraordinaire de l’Union africaine à l’emploi et à la lutte contre la pauvreté en Afrique 2004 au Burkina Faso a été très bien accueillie. Nous vous proposons les réactions de quelques personnalités recueillies en Ethiopie.

Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine : Le sommet de Ouagadougou est une rencontre extrêmement importante. Les chefs d’Etat ont bien perçu l’importance de cette rencontre. C’est pour cela qu’à la rencontre de Maputo, la décision a été prise d’organiser en mai 2004 au Burkina Faso, un sommet extraordinaire sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique. Beaucoup de nos pays, ces dernières années, ont été crédités de bons résultats en termes de croissance. Mais nous constatons que malgré cette croissance, la pauvreté est restée constante et même croissante. Les problèmes d’emplois n’ont pas été résolus. Il faut que nous engagions des programmes de développement économique qui assurent, bien sûr, la croissance mais qui créent l’emploi, des emplois décents à même de permettre aux travailleurs de se prendre en charge, de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Je suis persuadé qu’en matière d’emploi, il y a de grands filons encore inexploités. La pauvreté est très grande dans le secteur rural où vit la majorité de nos populations. Ce secteur est marqué également par la malnutrition et la faim. Une fois que le pauvre a un emploi, nous lui donnons le moyen de lutter contre la faim. Le secteur rural, s’il est bien organisé peut être un vivier pour nos économies. Il y a aussi le secteur informel qui, aujourd’hui, permet à beaucoup de gens de vivre dans la dignité, peut-être de façon précaire, sans avoir un futur lointain bien assuré. Il ne s’agit pas de normaliser ce secteur informel pour en faire un secteur normal classique car cela ne se pourrait pas. Mais il s’agit d’être à l’écoute, voir comment assurer l’accompagnement du secteur informel qui est en réalité le secteur de l’économie populaire. Cette dimension doit nécessairement être prise en compte car c’est dans le secteur informel que le système de micro crédit est en place. Et vous savez tous que le système de micro-crédit assure le quotidien de beaucoup et la dignité de beaucoup. Cela évite à des gens certaines mauvaises conduites. Cela permet à des gens d’éviter de faire le tour de toutes les portes pour emprunter mille francs, deux mille francs, cinq mille francs. Alors, ces questions seront abordées au cours du sommet de Ouagadougou. Nous sommes aujourd’hui dans une mondialisation qui ne tient pas compte des dimensions sociales. Nous avons donc intérêt à nous organiser sinon cette dimension très libérale, débridée ne peut que nous conduire droit vers la catastrophe. Il est donc important qu’aujourd’hui dans le cadre de l’Union africaine, nous prenions à cœur la question de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Aucun de nos pays ne peut s’en sortir si nous ne nous donnons pas la main dans le cadre d’une intégration véritable. Voilà pourquoi je soutiens que la proposition du Burkina Faso et du président Compaoré est la bienvenue. Nous devrons maintenant la lier à nos autres sommets notamment le sommet sur l’agriculture et l’eau car tout se tient. Et surtout nous devons tirer des leçons des réponses antérieures. Il y a eu tellement de réunions sur l’emploi, sur le travail, sur ceci ou cela dans nos pays et qui n’ont pas donné les résultats escomptés. Il y a eu beaucoup d’initiatives par-ci, par-là qui n’étaient pas collées à la réalité et il convient désormais d’être plus rigoureux. Il ne s’agit pas pour nous à Ouagadougou de faire une réunion de plus. Il s’agit d’aller vers des programmes concrets, pratiques, mesurables et dont on peut de façon régulière évaluer la progression. Donc, il s’agit pour l’Union africaine de faire autrement pour changer réellement le quotidien des hommes et des femmes de nos pays.

Ablassé Ouédraogo, conseiller spécial du directeur général du Bureau international du travail : En tant que Burkinabè, on ne peut être que fier par rapport à cette action dont le président Compaoré a pris le leadership en Afrique. Son initiative a été lancée à Lusaka, en 2001 à l’occasion du sommet des chefs d’Etat qui a adopté le NEPAD. Le sommet sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté qui se tiendra à Ouagadougou dans le courant 2004, s’inscrit dans les actions que les chefs d’Etat africains ont décidé de mettre en œuvre dans le cadre du NEPAD. Dans la mondialisation, il y a des priorités qui sont beaucoup plus urgentes les unes que les autres. Dans un pays comme le Burkina et dans tant d’autres qui sont classés parmi les plus pauvres au monde, le problème de l’emploi est un problème essentiel. Si on parvient à créer des emplois, on crée des revenus, on fait de la croissance et du développement. Voilà comment ces pays-là peuvent construire leur développement humain durable.

Dans le courant de ce 21e siècle, il faut donner un autre souffle au développement économique et social de nos pays. Et c’est pour cela que toutes les délégations présentes à la Xe réunion régionale de l’OIT ont reconnu et salué la justesse de l’initiative du président du Faso. Il ne faut surtout pas perdre de vue le fait que la création d’emplois passent par la transformation au niveau local de nos matières premières. Aussi, pour mobiliser les ressources nécessaires, les investissements nécessaires à la création des infrastructures pour la transformation de nos matières premières, il faut un certain nombre de garanties dont la stabilité politique, la sécurité, la bonne gouvernance, la transparence. Pour attirer les investisseurs étrangers, il faut plus de rigueur dans la gestion de la chose publique, c’est-à-dire qu’il faut travailler à ce qu’on puisse obtenir de l’extérieur, un soutien en toute confiance. Voilà ce qu’il faut pour que le sommet puisse avoir des résultats pour toute l’Afrique.

Alain Ludovic Tou, ministre en charge de l’Emploi : Pour cette Xe réunion régionale africaine de l’OIT, la présence du Burkina Faso a été très remarquée. Il y a eu la présence du président du Faso, son intervention solennelle devant les délégués présents à cette rencontre (dont il était l’invité spécial), l’entretien avec les journalistes et les propos qu’il a tenus devant les représentants de tous les pays africains accrédités auprès de l’Union africaine à Addis Abeba. Au cours de ces différentes interventions, le président du Faso a situé l’enjeu du sommet à venir et dégagé les axes d’orientation pour la préparation du sommet de Ouagadougou.

Au cours de ces différentes interventions, le président a fait comprendre que l’emploi est une préoccupation essentielle qui doit désormais être au cœur des programmes et politiques économiques et sociales de l’ensemble des pays africains. D’autre part, le président a fait comprendre que c’est par le travail mobilisateur que nous allons nous créer des richesses et pouvoir prendre en charge la résolution des problèmes de santé, d’eau, d’éducation... des questions qui, aujourd’hui rendent difficile la vie de nos populations. Le président du Faso a également laissé entendre que les engagements et les résolutions qui seront pris au cours du sommet sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique doivent être suivis d’effets.

A cet effet, il a annoncé qu’un comité de suivi sera mis en place et se chargera de faire une évaluation périodique de toutes les décisions ou engagements qui seront pris au cours du sommet. Une autre originalité de ce sommet sera aussi la prise en compte des préoccupations des employeurs et des travailleurs. Les employeurs et les travailleurs sont des maillons importants de nos économies. L’initiative et les engagements du président du Faso, le message fort qu’il a livré sont une illustration de la position toujours plus engagée de notre pays dans la résolution des grands maux de l’Afrique. Nous devons tous être fiers d’appartenir à ce pays et faire en sorte que le sommet soit une réussite.

Lassiné Diawara, employeur : Nous pensons que le sommet extraordinaire de Ouagadougou va être une occasion pour nous les employeurs de poser les problèmes réels de la croissance avec la création d’emplois. La création d’emplois ne peut se faire que dans un environnement favorable à la promotion de l’entreprise, à l’initiative privée et à la création des entreprises. Nous attendons donc qu’à Ouagadougou on parle de l’amélioration du contexte règlementaire, administratif et législatif dans lequel les entreprises évoluent. Il s’agit de prendre en compte l’amélioration du contexte dans tous les secteurs d’activités sans oublier le secteur rural. Pour moi, le petit paysan est un entrepreneur. Dans ce domaine par exemple, il s’agit de voir comment le paysan peut améliorer sa productivité en passant de la daba à la culture attelée, voire la culture motorisée avec des tracteurs. Peut-être que si on arrivait à améliorer la compétitivité dans ce secteur, on n’aurait plus besoin d’employer autant de personnes dans ce secteur. On pourrait libérer un grand nombre de personnes qui iront se consacrer à d’autres choses. Je salue l’initiative de consacrer un sommet de l’Union africaine à réfléchir sur le thème de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté en Afrique. Le fait également que l’on veuille de plus en plus mettre l’accent sur le dialogue social nous conforte nous autres employeurs. Le dialogue social permettra des discussions entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs ou entre les employeurs et les travailleurs, toutes choses qui permettront d’éviter ou de résoudre ces conflits. Par ailleurs, nous employeurs, avons constaté que pour une fois, au niveau des politiques, on essaie de lier création d’emplois et réduction ou éradication de la pauvreté. Nous attendons vivement le sommet de Ouagadougou pour voir comment les dirigeants africains mèneront une nouvelle réflexion pour favoriser la promotion de l’emploi.

Rabankhi Abou-Bâkr ZIDA
Envoyé spécial à Addis Abeba
Sidwaya

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