Actualités :: Alice TIENDREBEOGO, "...Il faut arriver à une situation... où si les chefs (...)

Aujourd’hui même se tient le 2e sommet des premières Dames sur la lutte contre le SIDA et la prévention des conflits en Afrique. Pour parler du sujet nous avons tendu notre micro à la présidente du comité thème, Madame Alice TIENDREBEOGO pour en savoir plus sur ses enjeux ainsi que sur les tenants et les aboutissants du sommet.

« Lutte contre le SIDA et prévention des conflits en Afrique » tel est le thème du 2e sommet des premières Dames d’Afrique. Qu’est-ce qui a motivé le choix d’un tel thème ?

Alice TIENDREBEOGO (A.T) : Je dois dire que, la conférence qui se réunit à Ouagadougou, va regrouper plusieurs organisations de premières Dames. Celles-ci ont créé trois organisations qui sont : « Synergies africaines contre le SIDA et les souffrances », « l’organisation des premières Dames d’Afrique contre le SIDA », et « La mission des premières Dames d’Afrique pour la paix ».

A y regarder de près, vous verrez que ces trois organisations ont beaucoup de points communs. Vous avez la lutte contre le SIDA, et vous avez également la préservation de la paix. Nous savons que les conflits entraînent une récrudescence du SIDA à travers les victimes, les populations réfugiées, déplacées etc. La conférence de Ouagadougou sera l’occasion de pouvoir mettre en commun certaines stratégies, de faire le point sur ce qui devrait l’être, etc. qui a marché, et sur ce qui n’a pas marché ; de voir comment on peut améliorer Donc de la conférence de Ouagadougou doivent sortir deux plans d’actions. Un plan d’urgence 2005-2008 de lutte contre le SIDA et un plan d’action pour la prévention des conflits. En somme, le thème de ce sommet est né de la volonté des premières Dames de promouvoir la paix et lutter contre la pandémie du SIDA sur le continent.

Parlant de prévention des conflits en Afrique, pensez-vous que les premières Dames soient habilitées à traiter de telles questions aux regards des enjeux ?

(A.T) : En fait, les premières Dames ont été interpellées depuis Beijing. Depuis donc Beijing, on a pensé que les premières Dames, de par la position privilégiée qu’elles occupent auprès de leurs époux pourraient effectivement entraîner des changements à ce niveau-là et également pouvoir mobiliser les communautés au sein de leurs pays respectifs, puisqu’il s’agit de promouvoir une culture de paix. Pour promouvoir une culture de la paix que faut-il faire ? Il faut passer par les établissements d’enseignement, faire du plaidoyer auprès des communautés religieuses, des chefs traditionnels etc. Donc, c’est par rapport à cela, et surtout le fait même qu’elles vont se retrouver. Vous savez que lorsqu’il y a des problèmes le dialogue est d’abord le meilleur remède.

De quels moyens disposent-elles en Afrique pour prévenir les conflits sur le continent quand ont sait que leurs époux qui ont les rênes des pouvoirs ne s’en sortent pas ?

(A.T) : Les époux trouvent des difficultés effectivement parce qu’ils se trouvent à la tête des pays et aussi parce que les guerres naissent de beaucoup de choses.
Souvent ce sont des raisons économiques, prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire, au-delà du fait que l’on parle des étrangers, une partie du problème est celui des terres. Donc, cela fait qu’au niveau des époux, cela est un peu difficile au regard des positions et des forces qui sont en jeu. Mais au niveau des premières Dames, à travers l’action qu’elles peuvent avoir avec les différentes communautés, avec les organisations de femmes par exemple, elles peuvent essayer de promouvoir le dialogue. Parce qu’il faut arriver à une situation où si les chefs d’Etat déclenchent les guerres que les femmes disent « on ne suit pas ».

La lutte contre le SIDA est un axe qui sera aussi discuté par les premières Dames ; que peuvent-elles apporter de nouveau dans cette lutte ?

(A.T) : Vous savez au départ on s’est penché surtout sur les problèmes de prévention et on a pensé que cela pouvait résoudre tous les problèmes. Or, dans le stade de la prévention, vous voyez que les enfants et les femmes souffrent d’une manière plus disproportionnée du SIDA que les hommes. D’abord l’infection frappe de plus en plus les femmes et particulièrement les jeunes femmes.

Donc, il n’y a pas seulement une réponse à la maladie, mais il y a aussi l’aspect socioéconomique. Aujourd’hui ce sont les mêmes femmes qui sont touchées par la pandémie, qui soignent les malades, ce sont les mêmes qui vont s’occuper des orphelins du SIDA, etc. Donc, il y a une autre réponse qui n’est pas seulement médicale, mais qui est également sociale. Comment faire en sorte que ces femmes-là puissent avoir des activités génératrices de revenus ? Que faut-il faire des orphelins ? Comment éviter la stigmatisation ? Il y a donc toutes les réponses sociales auxquelles les premières Dames veulent faire face.

En plus de cet aspect des choses il y a aussi, la mobilisation des ressources.
C’est un aspect de la lutte qui est extrêmement important parceque quelquefois certaines organisations ne veulent pas donner l’argent aux gouvernements éprouvent quelques blocages pour des raisons plus ou moins fondées, alors que, elles sont plus disposées à supporter les organisations des premières Dames. Si je prends le cas de « Synergies africaines » dont le siège est à Yaoundé, cette organisation a une clinique qui est très perfectionnée, où d’ailleurs le professeur Luc MONTAGNER participe aux efforts de la lutte contre le SIDA par la mise à disposition de médicaments etc.
Dans le comité des experts, toute la communauté internationale : ONU SIDA, PAM, FAO, ... sont tous présents parceque, ils soutiennent l’action des premières Dames.

En dehors des plaidoyers, les premières Dames disposent-elles d’autres moyens pour se faire entendre ?

(A.T) : Il n’y a pas que le plaidoyer, il y a également la mobilisation des ressources comme je l’indiquais tantôt. Ensuite il y aura la proposition d’un plan d’action de Ouagadougou pour lequel nous espérons qu’il y aura des ressources suffisantes. En dehors de tout cela, c’est le facteur humain le plus important, et là, il faut pouvoir former des experts, des personnes qui vont pouvoir former aux différents niveaux notamment celui communautaire.

Certains diront que ce type de rencontre n’est que folklore. Que répondez-vous ?

(A.T) : Personnellement je ne pense pas que cela soit du folklore parce que tout simplement chacune de ces premières Dames est sûre d’elle et est consciente de sa mission. L’avantage de ces rencontres c’est que, elles et leurs experts peuvent se retrouver pour faire le bilan de leurs actions respectives et voir ce qu’il y a lieu d’améliorer. Ce n’est pas en restant chacune chez elle, qu’elles trouveront des solutions appropriées aux problèmes ; car, l’Afrique, en dépit des particularités nationales, demeure une et les problèmes sont partout les mêmes. Je crois donc au contraire, que ces rencontres-là sont cruciales, non seulement pour renforcer les convictions de chacune, mais également améliorer les stratégies qui sont mises en place.

Le 7 février se tiendra la réunion des experts. Qui sont ces experts et sur quoi vont-ils plancher ? (NDLR - l’interview a eu lieu avant la rencontre)

(A.T) : Nous avons prévu aux travaux des experts que le point sera fait par le Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS-IST) sur les stratégies menées et particulièrement la PTME c’est-à-dire la lutte contre la transmission de la mère à l’enfant. Il y aura également le rapport d’activité de « Synergies africaines » ainsi que la présentation du plan d’urgence 2005-2008. A partir de cette étape, les experts vont se réunir en deux commissions.
La première est la commission VIH-SIDA qui va, elle, se pencher sur le plan d’urgence 2005-2008 et la seconde commission qui est celle de la prévention des conflits, va se pencher sur le plan d’action 2005-2008 pour la mission des premières dames pour la paix. Alors les experts c’est qui ?

Chaque première Dame se fait accompagner par deux experts au minimum, dont l’un est Dans le domaine du SIDA et l’autre des affaires étrangères, ou de l’Administration territoriale et qui va se pencher sur la partie prévention des conflits. Au niveau du Burkina Faso, nous avons un comité scientifique et ce comité est composé de représentants du ministère de la Santé, du CNLS-IST, du ministère des Affaires étrangères, du ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, du ministère de la Promotion de la femme, etc.

Nous avons également tout un groupe d’experts du système des Nations unies (ONU-SIDA, UNICEF, PAM, FAO, etc...) qui travaillent avec nous pour affiner les rapports.

Comment va se faire la jonction entre le sommet des premières Dames et celui de l’Union africaine ?

(A.T) : Déjà je dois dire que normalement nous avons un représentant de l’Union africaine qui va livrer un message lors du sommet ; ensuite parallèlement au sommet de l’UA, il y a toujours la rencontre des premières Dames qui en même temps livre les conclusions de leurs travaux.
L’UA donc suit les conclusions des travaux des premières Dames.

Peut-on avoir une idée de ce que le sommet va « accoucher »

(A.T) : Le souhait de tout le monde, c’est que le sommet de Ouagadougou puisse permettre un rapprochement des organisations des premières Dames.
Comme je le disais tantôt, il y a 3 organisations, et chacune de ces organisations s’adresse aux mêmes partenaires sur le plan financier, matériel etc.
On souhaite donc qu’à Ouagadougou, le lien soit fait. Et que se développe une véritable synergie entre elles.
Donc il faut qu’au niveau des plans d’action, l’on puisse voir ce rapprochement et que les experts des trois organisations qui seront là puissent à terme aboutir, nous l’espérons, dans deux ou trois ans, à une organisation unique. Mais il faut préparer les esprits à cela.

Interview réalisée par Frédéric ILBOUDO
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