Actualités :: "Tracasseries" contre Me Sankara : 16 partis d’opposition dénoncent

Selon 16 partis d’opposition, Me Sankara serait victime d’un acharnement. Ces partis relèvent notamment que des individus menacent d’incendier le domicile de l’opposant et pire, d’attenter à sa vie.

Le peuple burkinabè n’a pas oublié les privatisations sauvages survenues, en particulier dans les secteurs des transports, à la SCFB et à la RNTC X9.

Au niveau des conséquences économiques et sociales, la privatisation de ces deux sociétés a causé de nombreuses pertes d’emplois et plongé des villes du Burkina dans le désarroi avec la fermeture de gares.
La reprise de ces sociétés par SITARAIL et SOTRAO ne remédiera point à ce drame engendré par une politique de mal gouvernance et de corruption qui a fait très tôt du processus de privatisation un fond d’affaires juteuses pour les hommes au pouvoir. C’est dans ce sens que la plupart de nos société privatisées ont été vendues à des copains, parents et alliés.

Ainsi, la RNTC X9 sera vendue au PDG de Burkina moto qui créera la SOTRAO. C’est dans ces tribulations que la SOTRAO procédé, le 22/04/97, au licenciement de tous les travailleurs ayant pris part à un mouvement légal de grève de 48 heures, décidé à l’unanimité. Malheureusement, il s’est trouvé 33 travailleurs qui trahiront la décision collégiale de marquer un arrêt de travail pour revendiquer au preneur de la RNTC X9 la reconstitution de leurs carrières.

L’affaire de ces 33 travailleurs, instrumentralisés pour des dessins politiques évidents, avec pour avocat conseil Me Somda Fayiri, par ailleurs Secrétaires Général de l’ADF/RDA , est le prétexte trouvé pour poursuivre le Cabinet de Me Bénéwendé S. Sankara en justice.

Les licenciés de la SOTRAO

En effet, ces 33 travailleurs qui ont refusé de se battre aux côtés des 215 autres, revendiquent aujourd’hui le fruit de 18 mois de sit-in de leurs camarades, licenciés depuis par la SOTRAO. Mais ayant compris que leurs revendications, justifiées ou pas, s’adressaient exclusivement aux délégués syndicaux de X9 des syndicaux CGTB et ONSL, légalement reconnus, ils assignèrent ces derniers en justice, en remboursement de leurs droits réservés par le cabinet de Me Bénéwendé S. Sankara aux dits délégués contre bonne quittance faite par acte notarié.

Cette procédure contre les délégués syndicaux sera curieusement interrompue à la demande de Me Somda Fayiri qui, selon ses propres déclarations, préférait poursuivre son confrère au mépris de la déontologie professionnelle et de la loi pour des raisons politiciennes avérées que " Alternance 2005" ne peut que stigmatiser et condamner.

"Les comptes bancaires de Me Sankara bloqués"

En effet, l’opinion burkinabè se souvient de l’affaire PAI avec, en toile de fond la falsification du journal officiel, de l’affaire du fameux putsch avec arrestation de Norbert Tiendrébéogo, de l’affaire des 100 millions d’Halidou Ouédraogo, de l’Affaire de Hermann Yaméogo, etc.
Aujourd’hui, c’est l’affaire Me Bénéwendé Sankara.

Plus qu’une cabale, c’est un véritable harcèlement de l’avocat et homme politique qu’est le président de l’UNIR/MS, à qui le Me Somda Fayiri réclame plus de 107 millions de francs. Pour cela, tous les comptes bancaires de Me Sankara sont bloqués et l’huissier de justice, depuis une semaine, se présente régulièrement à son domicile en vue de saisir ses biens.

Des informations émanant de l’UNIR/MS, dont une délégation a été reçue par le ministre de la Justice, Gardes des Sceaux le lundi 10/01/05, il ressort clairement qu’il s’agit d’instructions particulièrement données par le procureur général Barry Abdoulaye à l’huissier, lui enjoignant, menaces à l’appui, de passer outre la loi pour pouvoir s’attaquer à un opposant politique. De même, des individus liés à cette affaire, ont menacé d’incendier la maison de Me Sankara et d’attenter à sa vie.

" Des signes qui ne trompent pas"

Les signes ne trompent pas et les desseins sont manifestes. En effet, comment comprendre que Me Somda Fayiri, avocat "émérite", ancien magistrat, puisse assigner son confrère en justice en omettant pernicieusement d’engager aussi la société d’assurances de l’intéressé comme le prévoit la loi ? Comment comprendre l’acharnement sur Me Sankara alors que le dossier a été effectivement clôturé depuis 2000 et qu’une quittance a été délivrée par les délégués syndicaux qui l’ont commis ?

Il faut, du reste, rappeler que le tribunal de Grande Instance de Ouagadougou avait donné raison à Me Bénéwendé Sankara en déboutant les 33 travailleurs et leur avocat Me Somda Fayiri de leur requête. On peut se demander pourquoi la Cour d’Appel de Ouagadougou a décidé d’infirmer le premier jugement. En attendant, la Cour de Cassation a été sollicitée pour dire le droit.

"Alternance 2005" réaffirme son profond attachement à la démocratie et à l’indépendance de la justice car c’est à ce prix et à ce prix seulement que la paix sociale peut être maintenue et consolidée.

A la veille des élections de 2005, "Alternance 2005" n’est point dupe. C’est pourquoi déjà, dans son mémorandum du 23 février 2004, notre groupe appelait à l’union de l’opposition et du peuple en vue de débarrasser notre pays d’un régime marqué par la complotite, l’injustice et gangrené par la corruption.

En attendant que l’ambition du "zéro corruption" à la justice se réalise et qu’elle ne figure plus au haut du tableau du classement du REN-LAC, " Alternance 2005", condamne avec fermeté les manipulations politiciennes de l’appareil judiciaire et dénonce le harcèlement et la persécution actuels de Me Sankara et ses collaborateurs.

Alternance 2005 appelle les démocrates et l’ ensemble du peuple à rester vigilants et solidaires pour conduire notre pays à l’alternance en 2005 pour l’instauration de plus de démocratie, de justice et de liberté.

Ouagadougou, le 18 janvier 2005

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