Actualités :: Elections 2005 : L’opposition a-t-elle les moyens pour l’alternance (...)

L’élection présidentielle à venir sera pour notre démocratie une phase décisive de sa maturité. L’équilibre d’une démocratie se vérifie aisément par la vivacité et l’efficacité des systèmes jouant le rôle de contre-pouvoir.

Ce contre-pouvoir doit être capable de renverser la balance, s’il veut parvenir au pouvoir.

Au regard de l’actualité politique la question qu’on se pose : est-ce que l’opposition a les moyens d’assurer l’alternance qu ’elle ne cesse de réclamer ?

Cela fait maintenant 18 ans que Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987. Après quatre années de régime d’exception, il est élu successivement pour deux mandats de sept (7) ans.

La constitution actuelle fixe la limitation à deux le nombre de mandats du président du Faso fut un prétexte pour l’opposition qui trouve que Blaise Compaoré ne peut plus être candidat à la présidentielle de 2005.

Cette interprétation erronée des textes en leur faveur est un faux problème sur lequel il est inutile de revenir . C’est au moment de la révision de l’article 37 en 2000 qu’il fallait poser le problème et le résoudre pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. L’opposition cherchait à travers cette non candidature un bouc-émissaire pour contester la candidature de Blaise Compaoré mais cela n’a pas porté de fruit puisqu’en réalité il n’y a pas d’obstacle juridique et politique à cette candidature.

Le professeur Augustin Loada du CGD a même dit : "Je ne sais pas s’il existe quelqu’un dans ce pays qui puisse s’opposer à la candidature de Blaise Compaoré" alors que Blaise Compaoré a toutes les armes pour se présenter et ce ne sont pas les structures qui militent pour cela qui s’en plaindront. L’opposition burkinabè en a pris conscience. Philippe Ouédraogo du PAI et président du groupe parlementaire Justice et Démocratie n’a pas lui aussi trouvé d’autres choix que de dire que l’opposition participera à l’élection présidentielle.

La candidature de Blaise Compaoré ne peut plus être remise en cause. La mobilisation autour de cette candidature a suscité un tel engouement que l’opposition ne peut rien pour l’en l’empêcher. Elle est obligée d’accepter cet état de fait et de s’armer pour le combat. C’est pourquoi depuis un certain temps l’opposition n’a que l’alternance comme langage au quotidien.

Une opposition maigre et dispersée.

Beaucoup de partis d’opposition ont subi une cure d’amaigrissement suite aux contradictions. Le PDP/PS, l’un des partis moteur de l’opposition, est sorti frileux à l’issue des législatives de 2002. Depuis lors, sa consistance est atteinte. La force du parti ne suit plus le rythme des phrases poignantes et percutantes de son leader qui ne semble plus se retrouver au milieu de la génération des politiciens actuels. Le partis émet des signes d’essoufflement à travers la matière grise de son géniteur.

La retraite politique ne semble pas non plus inspirer le vieux alors que de jeunes militants tapent intempestivement à la porte de la relève.

L’ADF/RDA se porte assez bien avec le jeune président Gilbert Noël Ouédraogo qui séduit par son calme olympien. C’est pourquoi certains partis tapent à sa porte pour faire alliance. C’est un des partis d’opposition les plus sérieux pouvant titiller le géant CDP, mais beaucoup de travail reste à faire. L’UNDD de maître Hermann Yaméogo qui compte sur les activités de son président pour se donner une image à l’opinion nationale et internationale a complètement raté le contrôle du navire qui s’est égaré. Il leur faudra fournir beaucoup d’effort pour retrouver l’orientation. L’opposition burkinabé ne semble pas briller aussi du côté des Sankaristes. Dans cette mouvance l’unité n’est toujours pas la chose la mieux partagée.

Plusieurs sons de cloches différents pour un seul appel, perturbant et désorientant les militants.

Des hommes tels que Norbert Tiendrébéogo qui croit que le fait qu’il fasse partie des non coupables du procès de la tentative de coup d’Etat le placerait en bonne position n’a pas connu d’engouement. Son parti le FFS n’a pas poussé de tentacules comme le disaient certains. L’UNIR/MS de maître Bénéwendé Sankara n’est pas au mieux de sa forme lui qui a connu une scission et son leader copieusement désarmé avec le débat sur Canal 3 par le député Laurent Bado. L’OBU, il faut le reconnaître est aussi un regroupement sérieux avec un programme de gouvernement pour redresser la société burkinabé. Mais la réalité est tout autre : que dire de l’alternance 2005 qui regroupe seize partis d’opposition. Le CDS, FFS, FPC, GDP, MDR, LCB, PAI, PDP/PS, PID,PSP, RDEB, UDPI, UNDD, UNIR/MS. Pour ce regroupement l’alternance doit intervenir en 2005. Ils refusent de donner à Blaise Compaoré et à son équipe l’occasion de continuer son programme de développement solidaire. L’élection présidentielle donnera l’occasion au peuple burkinabè d’exprimer sa volonté réelle. Dieu seul connaît les divergences qui se trouvent au sein de cet regroupement Alternance 2005. Les leaders de partis qui le composent on le sait, sont animés d’ambitions et on se demande est-ce qu’ils ne vont pas nous servir le repas habituel qu’ils ont l’habitude de nous servir.

L’alternance politique : à quel prix ?

Ce n’est un secret pour personne. L’atmosphère de relation qui existe entre les partis membres du groupe parlementaire Justice et Démocratie qui regroupe un grand nombre de partis politiques d’opposition n’est pas toujours bonne. Philippe Ouédraogo, président de ce groupe parlementaire et Soumane Touré ont désintégré le premier Parti communiste du Burkina. Il ont fini par morceler la calebasse sous forme de multiples étoiles.

Philippe Ouédraogo évoluant dans l’opposition radicale met beaucoup plus d’énergie pour ne pas se faire surprendre par son ancien camarade de lutte qui l’a obligé à faire un détour dans le PDS pour accéder à l’hémicycle. Cela montre que ceux-là mêmes qui réclament à longueur de journée cette alternance n’ont qu’une seule ambition :"Moi au pouvoir et personne d’autre". Comment peut-on expliquer l’attitude de Ram Ouédraogo qui quitte le parti des Vert qu’il a créé pour en créer un autre où il est pressenti par les militants du RDEB pour être candidat à la présidentielle de 2005. L’alternance est une maturité politique. L’expérience de ce qui s’est passé dans d’autres pays montre que chaque fois qu’il y a changement, cela génère toujours des troubles, des guerres fratricides, civiles...

Par conséquent, notre pays qui n’a que 45 ans d’indépendance doit toujours continuer à réfléchir sur la question de la nécessité de l’alternance politique. Il faut tenir compte de la réalité politique.

Les réalités politiques de notre opposition ne lui donnent pas les moyens d’assurer l’alternance. Nous avons toujours du chemin à faire. L’opposition doit travailler davantage pour mériter cette alternance. Ce n’est pas par la brutalité qu’on accédera à une alternance réussie.

Kibsa Karim
L’Hebdo

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