Actualités :: Journée nationale du paysan : Un face-à-face de vérité

Après N’Dorola en 2002, Kaya en 2003, l’honneur est revenu à Gaoua, chef-lieu de la province du Poni et capitale de la région du Sud-Ouest, d’accueillir la 9e rencontre d’échanges directs entre les acteurs du monde rural et les plus hautes autorités de notre pays. C’était le vendredi 17 décembre 2004.

Mercredi 15 décembre 2004, nous arrivons à Gaoua après 5 heures de route. Très vite, nous sommes impressionné par le nombre de militaires venus pour la circonstance. La ville est sous haute surveillance. "Un conseil bis" s’y est installé avec les bidasses du régiment de sécurité présidentiel (RSP). Jeudi 16 décembre 2004, aux environs de 17 heures 30, le président du Faso, Blaise Compaoré, et une forte délégation des membres du gouvernement ont fait leur entrée dans la capitale du Poni.

Pendant ce temps, quelques éléments de la sécurité présidentielle se positionnaient à l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Gaoua, situé à 4 kilomètres de la ville, car c’est là que doit avoir lieu le face-à-face avec les producteurs. Vendredi 17 décembre 2004, jour-J. La place de la femme de Gaoua, située au centre-ville, est prise d’assaut par les populations et les codos. Dès 8 h 00, le bal d’arrivée des officiels commence avec les membres du gouvernement, les présidents d’institutions et le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré.

C’est à dix heures que le Chef de l’Etat est arrivé sur les lieux après avoir pris un bain de foule. Trois grands discours, entrecoupés par une animation de musique et de danse traditionnelle, ont marqué la cérémonie. Tour à tour, le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), François Traoré, la représentante de la FAO, Mme Marie-Noëlle Koyara, et le ministre Salif Diallo se sont succédé pour livrer leurs messages.

Salif Diallo a fait un bref aperçu sur l’agriculture burkinabè, qui a fait ressortir les actions déjà menées et les difficultés de ce secteur. Il a également évoqué le thème de la 9e édition de la Journée nationale du paysan, qui est : "Promouvoir la filière bétail-viande pour renforcer le développement économique et social du Burkina". La cérémonie de la matinée a pris fin par la décoration des meilleurs producteurs et la visite des stands d’exposition des produits de l’agriculture et de l’élevage.

5 heures de débat franc et démocratique

Le face-à-face des autorités avec les 1500 délégués des producteurs a débuté aux environs de 18 h 30. Dans son mot introductif, Blaise Compaoré a indiqué qu’on ne peut organiser le progrès si on n’a pas une attention particulière envers le monde paysan. "C’est pourquoi, a-t-il dit, nous sommes là pour vous écouter, noter vos préoccupations, donner des conseils et écouter vos conseils...".

Le débat proprement dit a débuté après la lecture du rapport du forum des producteurs, le message de la Confédération paysanne du Faso et la lecture des résultats des groupes de travail des différentes filières (céréales, fruits et légumes, tubercules, oléagineux, pêche, lait, cuirs et peaux, apiculture, etc.

Sans aucune gêne, plus d’une dizaine de représentants des producteurs ont pris la parole pour exposer leurs difficultés et interpeller le Chef de l’Etat et le gouvernement. La situation d’insécurité ambiante que connaît le pays, les conflits agriculteurs-éleveurs, la question foncière, les difficultés d’obtention des crédits et du matériel agricole, les problèmes de semences, le pâturage, les bas-fonds et l’incontournable question du coton ont été les points saillants de la rencontre.

Blaise Compaoré, Salif Diallo, Laurent Sedogo (ministre de l’Environnement et du Cadre de vie) et Alphonse Bonou sont intervenus sur les questions qui les interpellaient pour donner des réponses. Salif Diallo a insisté sur les difficultés que rencontre le coton burkinabè et a indiqué qu’il faut suivre l’évolution du marché mondial par l’introduction des OGM. Célestin Tiendrébéogo de la SOFITEX et Moussa Boly de l’INERA ont également pris la parole, l’un pour exposer, à la suite de Salif Diallo, les difficultés qui menacent notre coton, et l’autre, pour parler de l’expérimentation des OGM au Burkina.

Le problème entre la SOPROFA et les producteurs a également été posé. Le Chef de l’Etat a interpellé le représentant de la SOPROFA à venir s’exprimer. Il est ressorti que des difficultés liées à la mévente du maïs n’ont pas permis à la société de respecter ses engagements envers certains producteurs.

Cependant, beaucoup de producteurs restent redevables à la SOPROFA de plus de 500 millions de FCFA. Le débat a été franc et démocratique et la plupart des préoccupations ont été abordées. Les producteurs n’ont pas été intimidés par la présence du Chef de l’Etat et certains ne sont pas passés par quatre chemins pour dire leurs vérités. Chacun des deux camps doit maintenant agir dans le sens de ce qui a été dit, afin que les discussions puissent porter fruit.

Adama Ouédraogo Damiss
L’Observateur Paalga

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