Actualités :: Hubert Yaméogo : "Certains ont utilisé la mort de Norbert Zongo pour se faire (...)
Hubert Yaméogo

Le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) du Boulkiemdé a accueilli le samedi 06 novembre 2004 une conférence provinciale organisée par la section du Boulkiemdé.

C’était en présence de membres du Bureau politique national ressortissant du Boulkiemdé, du secrétaire général à l’Administration et à l’Organisation, M. Achille Tapsoba, qui a animé la conférence, et du commissaire régional du CDP du Centre-Ouest, M. Jean Hubert T. Yaméogo, qui, à travers cet entretien, nous a affirmé, la main sur le cœur, que cette manifestation n’est point une réplique au meeting-marche que l’UNDD a organisé à Koudougou le 30 octobre dernier.

Pouvez-vous nous dire ce qu’est une conférence provinciale ?

• La conférence provinciale est une des grandes instances du parti, qui regroupe au niveau de la province l’ensemble des élus (députés et conseillers municipaux), l’ensemble des bureaux des sous-sections et du bureau de la section provinciale, des membres du gouvernement issus du parti et ressortissant de la province. Elle se réunit pour étudier les grandes questions du parti en relation avec l’actualité de la province.

Quels sont les objectifs visés par la tenue de cette conférence surtout à l’heure actuelle où l’actualité politique est assez riche ?

• Notre conférence provinciale revêt deux objectifs principaux : c’est d’installer les nouvelles structures du CDP dans leurs fonctions, de leur expliquer les fonctionnements de ces différentes structures en relation avec les textes de notre parti d’une part et d’autre part de donner les informations justes et claires à l’ensemble de nos militants et à nos responsables politiques sur la situation nationale qui prévaut présentement dans notre pays.

Concernant justement cette situation nationale, l’UNDD a tenu le samedi 30 octobre passé une marche suivie de meeting ici à Koudougou. D’aucuns ont vite fait de dire que cette conférence provinciale vient comme une réplique de cette manifestation de l’UNDD.

• Je suppose que l’UNDD a un programme d’activités ; le CDP en a en tout cas au niveau de la région. Le samedi 30 octobre, alors que l’UNDD tenait sa marche à Koudougou, nous, nous étions en conférence provinciale dans le Sanguié ; le lundi 1er novembre nous étions en conférence provinciale dans le Ziro, aujourd’hui nous sommes à Koudougou et demain (dimanche 07 novembre) nous serons dans la Sissili.

Comme vous pouvez le constater, nous n’allons pas tenir des conférences là où l’UNDD tient des meetings. L’UNDD est un parti qui a, je pense, un programme et des objectifs et le CDP en est aussi un avec un programme et des objectifs. Donc nous ne répliquons à personne. Non, notre conférence n’est pas une réplique à leur marche-meeting.

L’affaire Hermann Yaméogo cependant occupe une bonne partie des points qui ont été débattus durant cette conférence.

• Il était essentiel pour nous de donner des explications à nos militants sur la situation nationale notamment sur ce qui est appelé Affaire Hermann Yaméogo. D’aucuns sont vite allés dans les radios privées dire qu’on était en train de faire la force à X ou à Y à Koudougou.

Nous avons dit à nos responsables politiques et à nos militants la position de notre parti par rapport à cette affaire. Nous avons dit que nous sommes dans un pays de droit, nous avons dit que l’ensemble des fils du Boulkiemdé appartiennent à un pays qui a des lois et nous pensons que nous devons respecter les lois de ce pays.

Si nous sommes soupçonnés d’être au travers de ces lois, la justice est là pour apprécier en vue de nous blanchir ou de nous appliquer les sanctions auxquelles nous sommes exposés si nous avons fauté. Nous ne sommes pas au-dessus de la loi parce que ressortissants du Boulkiemdé. Il y a déjà eu des cas similaires où la justice a fait son travail, a donné ses preuves et ceux qui ont fauté ont été condamnés pendant que ceux qui ne se reprochaient rien ont été relaxés.

L’Etat de droit prévoit des droits, des obligations, des sanctions positives ou négatives pour les citoyens qui se conformeraient ou ne se conformeraient pas à ses lois. Voilà ce que nous avons expliqué à nos responsables et à nos militants afin de ne pas les laisser croire que le pouvoir en place est contre des enfants du Boulkiemdé, qu’il travaille contre eux et les oppresse.

Nous avons dit que s’il arrive qu’il soit prouvé que ceux qui sont soupçonnés de tel ou tel acte étaient propres et qu’en dépit de leur propreté on essayait de leur faire la force, nous, en tant que fils du Boulkiemdé, nous nous opposerions à cela et nous exprimerions notre position.

Nous disons aussi que s’il est avéré que des enfants du Boulkiemdé sont coupables de tel et tel acte, nous comprendrons que la loi leur soit appliquée. S’il est avéré qu’ils sont coupables, il peut nous appartenir de demander la magnanimité de ceux qui seront appelés à les juger. Mais nous ne pouvons pas nous situer au-dessus de la loi.

On sait que l’affaire Norbert Zongo a joué un grand rôle dans les élections municipales en 2000, élections qui ont vu le CDP perdre la mairie à Koudougou. Pensez-vous que cette affaire Hermann Yaméogo puisse constituer une aubaine pour le CDP dans la reconquête de la mairie ?

• Nous, nous ne sommes pas opportunistes. Nous ne profitons pas des situations pour conforter ou ne pas conforter notre position à Koudougou. Nous pensons que nous avons affaire à des gens responsables qui savent ce qu’ils veulent à Koudougou. Nous abordons les élections en toute connaissance de cause. L’affaire Norbert Zongo nous à tous traumatisés. Mais cette affaire a été utilisée, instrumentalisée par des gens qui ont saisi cette opportunité pour se faire une place au soleil.

Mais je pense que la famille de Nobert Zongo et l’ensemble des ressortissants de Koudougou ont compris très vite que certains hommes politiques de Koudougou, qui s’étaient mis aux côtés d’hommes sincères qui défendaient les droits de l’homme, n’ont adhéré à cette alliance que de façon circonstancielle et dès qu’ils ont eu la possibilité d’intégrer le gouvernement, ils y sont entrés et ont oublié Norbert Zongo.

Nous déplorons toujours la disparition de Norbert Zongo, mais nous savons qu’il y a des gens qui ont exploité de la manière la plus vile ce qui est arrivé à Sapouy pour se faire une place au soleil. Mais la famille de Norbert Zongo, dont je suis membre (Norbert Zongo est un de mes cousins maternels), a très vite compris que ceux qui couraient, qui criaient, qui parlaient n’étaient pas et ne sont pas ceux qui pleurent Norbert Zongo.

Il semble que le CDP reprenne du poil de la bête à Koudougou. Vous voyez le parti reprenant la tête de la commune aux prochaines municipales ?

• Je vous assure que si nous avions le sentiment qu’on pourrait ne pas gagner, peut-être qu’on ne serait même pas allé. Nous luttons pour gagner et avec la plus grande honnêteté, la plus grande transparence, nous avons déjà gagné des combats à Koudougou, nous avons déjà gagné des élections législatives à Koudougou. Pour les élections à venir nous pensons que le CDP va gagner, car c’est un grand parti, c’est un parti organisé.

On parle de plus en plus de la réouverture de Faso Fani. Vous qui êtes dans le secret des dieux que pouvez-vous nous dire sur ce dossier ?

• Et bien si Faso Fani devait rouvrir vous ne serez pas pris au dépourvu par cela, en son temps, vous en serez largement informé.

Entretien réalisé par Cyrille Zoma
Sidwaya

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