Actualités :: S.E.M. Kadré Désiré Ouédraogo : "Les anciens Premiers Ministres sont des (...)

Ancien Premier ministre, M. Kadré Désiré Ouédraogo est depuis environ trois ans l’ambassadeur du Burkina Faso à Bruxelles. Un poste occupé juste avant lui par un autre ancien Premier ministre, Youssouf Ouédraogo, un poste qui assure le dialogue entre le Burkina et la plupart de ses partenaires multilatéraux.

Il y a quelques mois, les élections européennes, ont vu la participation en Belgique d’une candidate d’origine burkinabè ; comment appréciez-vous cette première ?

K.D. Ouédraogo : Mme Solange PITROIPA s’est présentée aux élections régionales dans la Région
de Bruxelles-Capitale, sur la liste du Mouvement Réformateur (MR). Le
Mouvement Réformateur résulte de l’association de quatre formations
politiques que sont le PRL, le PFF, le FDF et le MCC.

Pour une première candidature, Mme PITROIPA a enregistré plus de 1.300 voix
de préférence. Ce score est honorable, étant donné qu’il y a des candidats
plus expérimentés qui n’ont pas pu recueillir ce nombre de voix. En ce sens
elle est à féliciter et à encourager.

Est-ce l’expression d’une bonne intégration de la Communauté Burkinabè en
Belgique ?

La Belgique mène une politique d’intégration très dynamique basée sur le
respect des lois et règlements du pays, l’acceptation de sa culture et de sa
philosophie sociale et beaucoup de membres de la Communauté étrangère sont
parfaitement intégrés.

Les Burkinabè sont connus pour être respectueux des règles établies dans
leur pays d’accueil. La candidature de Mme PITROIPA peut être considérée
comme un signe de la bonne intégration de la Communauté Burkinabè en
Belgique.

J’encourage tous les Burkinabè vivant en Belgique à agir et se comporter en bons représentants de notre pays et sa tradition de sérieux, de discipline et de respect d’autrui.

Quelle est l’importance et quel est le profil de cette Communauté ?

Il est difficile de donner un nombre exact des Burkinabè vivant en Belgique.
Le recensement que nous avons entrepris récemment indique un total de 622 personnes.

Par ailleurs, il y a sans doute des Burkinabè qui ne se sont pas fait encore recenser. Les chiffres que nous avons donc sont à considérer comme l’hypothèse basse.

En ce qui concerne le profil de cette Communauté, l’essentiel est formé par des salariés et des particuliers (265), des stagiaires et étudiants (138).

En tant qu’africain francophone, comment vivez-vous la Francophonie dans un pays où il semble qu’une partie de la population combat pratiquement le français ?

Il n’est pas exact de dire qu’une partie de la population combat le
français. La Belgique est un pays composé de trois Communautés linguistiques
 : la Communauté Flamande, la Communauté Française et la Communauté
Germanophone. Chaque Communauté utilise sa langue dans son territoire, sauf
à Bruxelles où il est instauré un régime de facilité linguistique au profit
des minorités dans les Communes, permettant ainsi à celles-ci d’évoluer dans
un milieu qui pratique majoritairement une langue différente de la leur.

Il est normal que chaque Communauté, particulièrement ceux qui ne sont pas
bilingues ou trilingues, insiste pour utiliser sa propre langue. Cela ne
veut pas dire pour autant qu’elle combat la langue des autres.

Quel est l’état des relations bilatérales entre le Burkina et la Belgique ?

Nos relations avec la Belgique ont toujours été excellentes. La coopération
entre les deux pays est très ancienne puisque l’Ambassade du Burkina Faso à
Bruxelles a été ouverte en 1962 et depuis 1999 la Belgique a une Ambassade
résidente à Ouagadougou. Nous venons par ailleurs d’inaugurer, le 30
septembre dernier, le Consulat Honoraire du Burkina Faso à Namur.

La coopération, menée principalement à l’origine par les ONG et les Universités, s’est ensuite étendue à la coopération gouvernementale directe
sous forme d’interventions ponctuelles et d’accords ad-hoc autour de
certains projets.

En 1997 la coopération gouvernementale s’est formalisée avec la signature à Ouagadougou de la Convention Générale de Coopération entre le Royaume de Belgique et le Burkina Faso.

En Janvier 2003 une autre Convention Générale de Coopération entre les deux pays fut signée à Bruxelles en remplacement de celle de 1997. Cette Convention définit le cadre politique, institutionnel et juridique de la
coopération bilatérale directe.

La décision de novembre 2003 du Gouvernement belge de reconcentrer sa coopération en restreignant le nombre de pays prioritaires de 25 à 18 n’affecte pas la Convention de 2003 qui sera menée jusqu’à son terme en 2007.

Les secteurs prioritaires de cette coopération sont :
- les soins de santé de base, et ce compris la santé reproductive
- l’enseignement et la formation
- l’agriculture et la sécurité alimentaire
- les infrastructures de base
- la prévention des conflits et la consolidation de la Société de
démocratie.

Il serait fastidieux de lister ici tous les importants projets et programmes qui ont vu le jour grâce à cette fructueuse coopération . A titre indicatif,
le programme de coopération gouvernementale 2003-2007 se chiffre à un total de 40 millions d’Euros.

Par ailleurs une excellente coopération douanière s’est instaurée entre les deux pays, laquelle s’est traduite par la signature, le 24 novembre 2003, de la Convention mutuelle d’Assistance en matière douanière avec le Ministre
Fédéral des Finances.

Par ailleurs, la Directrice Générale des Douanes de Belgique a effectué une visite à Ouagadougou du 20 au 23 avril 2003.

A cette Coopération Belgique-Burkina Faso, il faut ajouter la Coopération entre le Burkina Faso et la Région Wallonne et la Communauté Française de Belgique :
- Un premier accord de coopération entre le Gouvernement de la Communauté Française de Belgique et le Gouvernement du Burkina Faso a été signé le 7 décembre 1994 à Ouagadougou.

- Un accord sur la coopération technique entre l’Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l’Etranger (APEFE) et le Gouvernement du Burkina Faso fut signé à Ouagadougou le 7 décembre 1997.

- Un accord de coopération entre le Gouvernement du Burkina Faso, le Gouvernement Wallon et le Gouvernement de la Communauté Française de Belgique a été signé à Ouagadougou le 4 février 1998.

Sous ce cadre juridique, une coopération très active s’est engagée et embrasse des secteurs aussi variés que : coopération universitaire, agriculture et développement des petites et moyennes agro-industries, environnement, renforcement de la démocratie, culture, jeunesse.

L’Université de Ouagadougou a particulièrement bénéficié de cette coopération, notamment la Faculté de Droit et les structures spécialisées de recherche et technologie pharmaceutique.

Il convient d’ajouter une coopération active de la part des ONG, des investisseurs privés et un début de coopération militaire.

Quels sont les secteurs prioritaires de la coopération ?

Les priorités de la coopération recoupent celles du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et les objectifs du millénaire, et sont centrées autour des secteurs de l’éducation, de la santé, du développement rural et
de la bonne gouvernance.

Quelle est la contribution de la Communauté Française de Belgique dans ces relations ?

Compte tenu de la structure de l’Etat Fédéral Belge, chaque entité fédérée gère sa politique de coopération.

La Communauté Française de Belgique joue un grand rôle dans la coopération entre le Burkina Faso et la Belgique. J’ai indiqué plus haut les secteurs d’application de son intervention et je crois qu’on peut se féliciter de cet
engagement de la Communauté Française de Belgique dans l’aide au développement de notre pays.

Comment se prépare le Sommet de la Francophonie depuis Bruxelles ?

Le Sommet se prépare activement à Bruxelles. Des actions d’information et de sensibilisation sont menées à tous les niveaux, notamment en collaboration avec la Communauté Française de Belgique et la Représentation de la
Francophonie à Bruxelles.

Une cérémonie de lancement du Xè Sommet a été organisée à Bruxelles le 29 septembre 2004, sous le haut patronage de S.E.M. le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale. Elle a vu la participation du monde diplomatique et des représentants des pays francophones accrédités à Bruxelles, des personnalités de l’Union Européenne et de la Communauté Française de Belgique ainsi que du Gouvernement Fédéral belge.

Vous êtes en fonction depuis trois ans ; quel bilan faites-vous de votre parcours de diplomate ?

Il ne m’appartient pas de dresser un bilan à mi-parcours de mon action. Ce qui compte c’est les résultats et je m’applique à ce que ceux-ci correspondent à ce que l’on doit attendre d’une place diplomatique aussi importante que Bruxelles. Je suis reconnaissant aux autorités belges qui m’
ont accueilli avec toute l’amitié nécessaire et me facilitent quotidiennement la tâche.

Je remercie également la Communauté burkinabè pour
sa mobilisation au service de notre pays. Avec un tel soutien le personnel de l’Ambassade et moi-même ne pouvons que développer tous les efforts possibles pour mériter de la confiance qui a été placée en nous.

Bruxelles est-il un poste pour recycler les anciens Premiers Ministres ?

Je ne le pense pas . Les anciens Premiers Ministres sont des serviteurs de l’Etat comme les autres. Peut-être ont-ils eu en plus le privilège et l’honneur de servir le pays à un niveau très élevé de responsabilité. De ce fait, si le Chef de l’Etat pense que leur présence à tel ou tel poste peut servir la cause du Burkina Faso, il les y envoie. Deux anciens Premiers Ministres ont servi comme Chef de Mission à Bruxelles. Moi, je ne vois là qu’une coïncidence.

Quelle est la particularité de Bruxelles dans le dispositif diplomatique du Burkina ?

Bruxelles occupe une place particulière dans le dispositif diplomatique du Burkina Faso parce que c’est la capitale d’un pays avec lequel nous entretenons d’excellentes relations, mais c’est aussi la capitale de l’Europe, notre premier partenaire pour la Coopération au Développement.

En plus de couvrir tous les pays du BENELUX (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) l’Ambassade est accréditée auprès du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Elle est accréditée aussi auprès d’un nombre important d’
organisations internationales : Le Conseil de l’Europe, la Commission de l’Union Européenne, l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques, l’Organisation Mondiale des Douanes, la Cour Internationale de Justice, la Cour Pénale Internationale, la Cour Permanente d’Arbitrage.

Elle a assuré jusqu’en juillet dernier (avant l’ouverture d’une Mission permanente à Genève) la Représentation auprès de l’OMC et de l’Office des Nations Unies à Genève groupant des Organisations comme la CNUCED, l’OMS, l’OMPI, l’OMI, l’OMM, le BIT, etc...

C’est une Ambassade qui mène donc la représentation diplomatique classique avec la représentation auprès de nombreux organismes techniques de coopération. C’est cela qui fait sa particularité.

Interview réalisée par Cyriaque Paré
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