Actualités :: Visite de Laurent Gbagbo au Burkina : La rencontre de la dernière chance (...)

La rencontre Compaoré-Gbagbo d’aujourd’hui à Bobo-Dioulasso intervient dans un climat socio-politique lourd en Côte d’Ivoire. Depuis la sortie "fracassante" des Forces nouvelles du gouvernement de Seydou Diarra, la situation politique n’a en effet, cessé de se détériorer au point de susciter lundi dernier "l’inquiétude " du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

Au sortir d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la Côte d’Ivoire, c’est un homme inquiet mais néanmoins résolu à faire face à la crise que l’on a eu à faire . Il a en effet permis l’envoi d’une "force d’évaluation" de l’ONU en Côte d’Ivoire, pour y "tâter" le terrain au plan sécuritaire, politique, économique...

Pendant ce temps en Côte d’Ivoire même, le "mercure" social est remonté avec la rixe intervenue entre soldats ivoiriens et civils dans le centre du pays , faisant deux morts et une douzaine de blessés.

Auparavant, des ratonades organisées contre les étrangers à Gagnoa, avaient fait de nombreux morts, notamment burkinabè. Du coup, la valse diplomatique qui a cours actuellement dans la sous-région, est en train de tourner à la "valse hésitation".
Rien ne filtre de ces rencontres au sommet (quoique à Libreville, le cas Jean Hélène ait été sûrement évoqué entre Gbagbo et de Villepin) et les analystes en sont à penser que c’est "parce que ça "caille" toujours que les diplomates observent un silence. radio. Une impression renforcée avec la dernière "sortie" de Guillaume Soro qui a affirmé que la CEDEAO avait "échoué" dans sa démarche de résolution de la crise ivoirienne.

Dépasser le "moi"

Là où la CEDEAO a échoué et pendant que l’ONU cherche la "voie", celle-ci pourrait se trouver à Bobo-Dioulasso aujourd’hui.

Cette visite qui n’est certainement pas du goût de bon nombre de Burkinabè parce qu’ils trouvent en Gbagbo un homme qui ne tient pas ses engagements , peut-elle réellement apporter des changements positifs dans la résolution de la crise ivoirienne. ? Rien n’est encore moins sûr.

Mais comme le recommande la sagesse africaine, on ne ferme pas la porte à un voisin qui sollicite votre secours. En répondant positivement à cette requête de Laurent Gbagbo, le président Blaise Compaoré fait preuve de tolérance et de grandeur d’esprit face à une situation qui dégénère de jour en jour avec des répercutions sous-régionales.

Mais ce qui est évident, il est hors de question de compromettre les intérêts du Burkina et de ses ressortissants en Côte d’Ivoire de quelle que manière que ce soit. Cette rencontre devrait au contraire être une occasion de plus de réaffirmer la position du Burkina qui n’a pas varié d’un pouce, à savoir l’application intégrale des accords de Marcoussis et la défense des intérêts de ses ressortissants.

La rencontre de Bobo pourrait aboutir à quelque chose de positif pour peu que certains "a priori et autres préjugés soient mis de côté pour voir en face la réalité "crise" .

Le déclenchement de la crise ivoirienne est intervenu suite à la rupture du consensus politique , social, économique psychologique en Côte d’Ivoire.

La faute, on ne le dira jamais assez, est due à la "théorie" de l’ivoirité, concoctée par des politiciens en panne d’imagination et de projets salvateurs face à la "conjoncture" et qui sont voulu par ce biais, écarter les "étrangers" du partage du "gâteau". Et, comme la Côte d’Ivoire est un pays "métis divers et diversifié , bonjour les dégâts.

Les "rebelles" sont en quête de leur identité, de leur citoyenneté et le pays ne saurait faire l’économie de cette "révolution culturelle". Voilà la "vraie" réalité, et si le camps présidentiel l’accepte en dépassant son "moi" pour la mettre en œuvre, le pays sortirait de l’ornière .

Quand on pense que le prix à payer se résume à l’abandon de certains textes "scélérats" et gros de dangers pour la paix sociale, on se dit que le professeur émérite d’histoire, Laurent Gbagbo, est capable de ce dépassement. N’a-t-il pas d’ailleurs fustigé ces textes lorsqu’il était dans l’opposition ?

Ce qui lui a valu une longue errance au cours de laquelle Ouagadougou était son "havre de paix".

Alors, monsieur le président , si on renouait avec le "bon vieux temps" ?

Boubacar SY
Sidwaya

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