Actualités :: Sankarisme : On tourne toujours en rond !

Les Sankaristes viennent de commémorer le 15 octobre 2004 sous le signe apparent de l’unité. Ce signe ne parvient pas à cacher les fortes divergences dont souffre le mouvement. Après toutes ces années infructueuses de bande à part, la mayonnaise tarde toujours à prendre chez les héritiers de feu Thomas SANKARA.

Les fervents vœux émis à l’occasion par Norbert TIENDREBEOGO (FFS) et Me BENEWENDE de l’UNIR/MS de fonder une seule et unique famille Sankariste, sont certainement dus à l’émotion du moment. Surtout quand on sait que les peaux de bananes savamment glissées sous les pieds et autres querelles de leadership font rage au sein du mouvement, chacun y allant de sa partition et de sa compréhension de l’idéal sankariste.

Les uns et les autres ne préfèrent t-ils pas être « la tête du rat plutôt que la queue du lion » ? Les héritiers politiques de feu SANKARA ont toujours du mal à convaincre. Les urnes sont un baromètre, qui n’offrent toujours pas la « chance » à cette famille dans sa conquête du pouvoir. Le SANKARISME a, en tout cas, du mal à s’imposer en tant qu’ alternative crédible.

Fonder une seule et unique famille : utopie et vœu pieux

Le Sankarisme 17 ans après, semble toujours se nourrir de ces fruits amers qu’entraîne la division. Le Front des forces sociales (FFS) n’a pas à l’époque, échappé à des conflits fratricides qui aboutirent à des dissidences en son sein. L’aile dissidente du Dr Nazaire BOUYAIN s’est dissociée de la partie se réclamant de Norbert TIENDREBEOGO. Elle adhéra à la CPS (Convention panafricaine Sankariste) le 17 Mars 2000.

Norbert TIENDREBEOGO et ses partisans se désolidarisèrent de cette initiative, et de ce cadre qui devait enfin unir les Sankaristes. Parmi les réfractaires à cette idée d’une famille unie figuraient, le FFS de Norbert TIENDREBEOGO, le RDP (Rassemblement pour la démocratie populaire) de NANA Thibault, le MTP (Mouvement pour la tolérance et le progrès) de Nayabtigungu Kongo KABORE. Il est alors évident que quand les membres d’une même famille ne parviennent pas à s’entendre sur le minimum,la solidarité de l’union est plus que compromise. Les conflits de personne et les guerres de leadership continuent toujours d’affaiblir le mouvement.
Paraissant toujours en rangs dispersés sur l’échiquier politique national, les Sankaristes à la commémoration de ce 15 octobre 2004 sur fonds de tableau de famille à l’unisson n’offrent-ils pas encore tout simplement ces visages de circonstances « festives » ?. Tous les « chefaillons Sankaristes » nourrissent le même rêve : devenir la seule tête d’affiche du mouvement.

La CPS (Convention Panafricaine Sankariste) résultant de la fusion du BSB (Bloc socialiste burkinabé) d’Ernest Nongma OUEDRAOGO, du PDSU (Parti de la démocratie sociale unifiée) de Valère SOME, a laissé des sequelles profondes au sein du mouvement ; des plaies qui refusent de se fermer et qui continuent de faire mal.

Les bouches veulent bien pardonner mais les cœurs refusent de suivre le même chemin. De Norbert TIENDREBEOGO à Me BENEWENDE SANKARA, en passant par les Valères SOME, Ernest N. OUEDRAOGO, aucun des acteurs du mouvement n’entend jouer le second rôle ou s’effacer au profit de l’autre. Le culte de la personnalité est un mal qui continue de sévir en milieu sankariste, d’où l’effritement et l’émiettement continuel du mouvement.

Le Sankarisme doit se conformer aux réalités démocratiques

Toujours à l’occasion de cette journée commémorative et selon Me. Bénéwendé il faut « créer les conditions objectives et subjectives pour que les Sankaristes puissent briguer la magistrature suprême ».
En parlant des conditions objectives, on peut supposer à juste titre le recours aux formes constitutionnelles et légales de conquête du pouvoir qui passent forcément par la voie des urnes.

Quant aux conditions subjectives, il est à espérer que Me. Bénéwendé de l’UNIR/MS ne fait pas allusions aux raccourcis antidémocratiques, anticonstitutionnels et putschistes ou autres méthodes éprouvées par les officines « rouges ».
Il faut se dire que les motivations subjectives qui interfèrent dans le domaine politique à l’exemple des machinations auxquelles se livre un Hermann peuvent être en démocratie des méthodes idoines pour briguer cette magistrature pour laquelle on se croit prédestiné.

Ces voies subjectives qui font miroiter dans l’esprit les méthodes « barboteuses » des régimes d’exceptions ne sont plus aujourd’hui le mise. Le Burkina a inexorablement renoué avec l’Etat de droit. La bonne gouvernance et le respect des règles de jeu démocratique ont seuls droit d’être cités. Le Sankarisme, s’il veut survivre, doit forcément se conformer aux réalités de son temps. Les velléités putschistes doivent céder la place aux enjeux démocratiques de l’exercice du pouvoir.

Sankarisme new-look

Habitué autrefois à axer le débat sur des sujets autres que les préoccupations réelles des populations, et stigmatisant le pouvoir de la 4e République à tout bout de champs, le Sankarisme, aujourd’hui contraint, est obligé d’aborder des problèmes concrets pour être plus crédible. Les questions relatives à l’emploi, à la pauvreté et à l’éducation font désormais partie du langage des Sankaristes pour des besoins électoralistes.

En s’aventurant sur des terrains où il n’est plus question de beaucoup bavarder ni d’invectiver son prochain mais plutôt de trouver des solutions appropriées aux défis qui s’imposent au peuple, le Sankarisme devra se montrer moins belliqueux et plus réaliste. Ni le chômage ni la pauvreté ni le problème de l’éducation n’ont pour origine la 4e République.

Par Franck Samir
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