Actualités :: Meeting de l’opposition : Le nouveau serment de Hermann Yaméogo

La Maison du peuple de Ouagadougou a fait le plein de militants chauffés à bloc, le 17 octobre dernier, à l’appel de partis de l’opposition autour d’un thème d’actualité : "les ingérences du pouvoir et l’accueil des rebelles au Burkina Faso."

Le meeting du R16, du nom de regroupement de 16 partis d’opposition, a connu un léger retard. Pas parce que l’opposition est maîtresse dans l’art d’être en retard. A ses dires, on lui aurait mis des bâtons dans les roues pour empêcher coûte que coûte la tenue du meeting. Cela va, dit-elle, du refus de certains médias de diffuser ses spots, à la disparition en pleine nuit, des chauffeurs et véhicules loués pour le transport des militants.

Au jour J, il a fallu tout reprendre à zéro. Un parcours du combattant qui ne semble avoir en rien entamé le moral des responsables du R16 et surtout des militants. Le défi était sans doute d’abord celui de la mobilisation. Il fut relevé. Le ton des discours fut tout aussi un régal pour l’assistance qui ne tarissait pas de slogans et de salves d’applaudissements.

Tous les intervenants, des associations comme le Cercle d’éveil et le Mouvement de la paix, aux leaders politiques comme Norbert Tiendrébéogo, Issa Tiendrébéogo et Hermann Yaméogo, ont passé en revue ce que le président du GDP a appelé "l’ingérence dans les affaires des Etats pour des intérêts égoïstes loin des préoccupations des Burkinabè ".

Méthodiquement, M. Tiendrébéogo a épluché toute la littérature (rapports, interviews, études) qui met en cause le régime burkinabé. Il en est arrivé à la conclusion que tous ces témoignages "donnent des éclairages sur la gravité de la situation contrairement à ce que pense le pouvoir en place".

Norbert Tiendrébéogo, qui a visiblement retrouvé son punch d’antan après ses six mois d’incarcération, n’a pas été tendre avec le régime du président Compaoré. "Le Burkina Faso est un Burkina faché", a-t-il lancé du haut de la tribune, en invoquant " le processus démocratique saboté, la fracture sociale béante, l’impunité qui règne en maître, etc ". Bref, pour Norbert Tiendrébéogo, l’heure est venue "d’enterrer ce régime".

Bien sûr, ce 17 octobre était d’abord et avant tout le jour de Hermann. Ses collègues le lui ont dédié et, à ce titre, lui ont laissé le privilège de conclure la série des interventions. Revenant sur les diverses accusations portées contre lui, Me Hermann Yaméogo a affirmé que "plus le temps passe et plus le montage se démonte, confondant les accusateurs qui apparaissent aux yeux de l’opinion comme de vulgaires contrefacteurs".

Le président de l’UNDD parle ainsi des "preuves que l’on tente de bricoler comme vient de s’y essayer minablement le pouvoir à travers un faux" l’accusant de s’être rendu en Mauritanie sur recommandation du président Gbagbo. Pour lui, aucune raison ne justifie l’inculpation et la détention à la sûreté de Noël Yaméogo.

Le CDP en a aussi eu pour son compte, lui qui, selon Me Yaméogo, est le "champion toutes catégories de la traîtrise, de l’apatridie et de la collusion avec les puissances étrangères". Le gouvernement a également reçu un volet de bois vert.

Aucun segment du pouvoir n’a été épargné dans la distribution des piques, lors de ce meeting du 17 octobre, au cours duquel Hermann Yaméogo lâcha un petit mot de mea-culpa, signe d’un nouveau serment auprès de l’opposition. "Ils ne seraient pas toujours au pouvoir si moi-même je n’avais pas commis des erreurs".

Le patron de l’UNDD fait ainsi allusion aux coups de pouce qu’il a souvent donné au pouvoir, lors de crises politiques graves. Message reçu cinq sur cinq par un militant qui, au sortir du meeting a décidé d’envoyer une lettre de félicitation à Me Yameogo.

" Je ne suis pas un homme à reculer d’un pouce". Tel est le nouvel engagement de Hermann Yaméogo qui dit ne craindre ni la levée de son immunité, ni un procès, ni même la mort, si son combat peut "libérer le peuple burkinabè et ceux de la sous-région".

Les témoignages et dénonciations individuels sur les ingérences du Burkina n’ont pas été livrés publiquement, au cours du meeting, comme on s’y attendait. Seul le mouvement de la paix/Burkina a révélé qu’il a mené des investigations qui lui ont permis de savoir que l’épouse et les enants de Limame Ould Chaffi, ce mauritanien recherché par Nouactchott, vivent à Ouagadougou. Les autres témoignages, contenus dans des enveloppes, ont été recueillis dans une urne pour être examinés plus tard.
Autant dire que le déballage ne fait que commencer.

Par Mahorou KANAZOE
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