Actualités :: Blaise Compaoré à l’ONU : Dessiner un nouvel ordre mondial

La 59e session des Nations unies qui se déroule présentement à New York augure l’instauration d’un nouvel ordre mondial. Du moins, c’est le voeu de la centaine de chefs d’Etat et de gouvernement dont Blaise Compaoré, Tabo M’Beki, Abdelaziz Bouteflika, Me Abdoulaye Wade ... Pervers Musharaf, George Bush qui se sont exprimés à cette tribune. Seule ombre au tableau, les voies pour y parvenir sont divergentes voire impénétrables.

"Paix et sécurité, justice et démocratie, équité et développement". Tel peuvent être les principales directions du nouvel ordre mondial que les dirigeants des 191 Etats membres de l’ONU voudraient dessiner. Tous ou presque sont d’ailleurs d’avis que notre monde doit changer sa façon de "tourner". Même les mots pour le dire se ressemblent fort bien. Seulement, les contenus qu’ils y mettent sont différents et même parfois opposés.

Pour George Bush, paix et sécurité riment avec lutte contre le terrorisme tandis que "la démocratie signifie un bon gouvernement, responsable, permanent et qui rend des comptes".

Le président américain propose ainsi la création d’un Fonds des Nations unies pour la démocratie afin d’aider les pays à poser les bases de la démocratie en instituant l’Etat de droit, des tribunaux indépendants, une presse libre, des partis politiques et des syndicats. Les Etats-Unis feront une contribution initiale, annonce même Bush exhortant les autres pays à se joindre à l’initiative.

Il serait aussi favorable ainsi que l’Italie si les pays du G8 acceptaient de former une force de 75 000 hommes pour les opérations de maintien de la paix en Afrique notamment.

Des missions qui sont en nette augmentation selon Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU. "En juillet 2004, dit-il, il y avait de par le monde, 16 opérations de maintien de la paix, comptant 56 000 hommes. Cette augmentation du nombre des missions met à rude épreuve, l’aptitude de l’organisation à planifier, déployer rapidement et appuyer durablement ces opérations", indique Kofi Annan.

Parlant d’équité et de développement, Bush préfère "affirmer que le peuple américain respectait l’idéalisme qui a donné vie à l’organisation des Nations unies".

"Pendant des dizaines d’années, le cercle de développement s’est élargi dans le monde. La communauté internationale a désormais une chance historique d’élargir davantage ce cercle. Nous pouvons atteindre une paix basée sur la liberté et la dignité humaine étant honoré par la primauté du droit", insiste Georges Bush.

En tout état de cause, le pays de l’oncle Sam précise avoir lancé un programme de 15 milliards de dollars afin de fournir des soins aux pays touchés par l’épidémie du VIH/Sida qui serait selon lui, la plus grande crise humanitaire de notre époque.

Des politiques économiques plus équitables

Le groupe des 77 + la Chine souhaite toutefois que le maintien de la paix et de la sécurité allient bien-être économique et développement. Pour ce faire, souligne le représentant de ce groupe à l’Assemblée générale, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al-thani, émir de l’Etat du Qatar, "la communauté internationale doit adopter des politiques plus équitables, contrecarrer les obstacles à la croissance économique des pays en développement et agir pour mieux les intégrer dans l’économie mondiale.

Dans ce but, il convient d’établir un système commercial multilatéral ouvert, respectueux de la justice et de l’Etat de droit et équipé pour appuyer les efforts des pays en développement en matière de lutte contre la pauvreté. Cela implique l’élimination des obstacles aux échanges commerciaux et notamment les subventions à l’agriculture et aux mouvements de personnes". L’Europe est du reste favorable à cette position.

"La crise irakienne a permis de montrer que la communauté internationale reste attachée à un système multilatéral de maintien de la paix et de la sécurité internationale, mais les structures actuelles ne sont plus adaptées. Il faut les réformer et renforcer l’action collective", estime Joseph Deiss, président de la Confédération suisse. Mme Chandrika Bandaranaike Kumara Tunga, présidente du Sri Lanka pense alors qu’il faut une réforme compréhensive du Conseil de sécurité dont elle croit qu’il ne reflète pas les réalités géopolitiques du moment.

Blaise Compaoré trouve pour sa part, que l’ONU doit servir de guide dans la gestion des affaires internationales "ONU doit servir de guide dans la gestion des affaires internationales. Pour jouer convenablement ce rôle et réussir son mandat, elle a besoin de se démocratiser profondément, c’est-à-dire, d’être à l’écoute de la majorité des Etats et des organisations de la société civile, pour mieux servir l’intérêt général. Tout indique qu’il faut hâter la réforme du système onusien, pour l’adapter aux aspirations légitimes des nations", soutient le président du Faso.

Pour le chef de l’Etat burkinabè, "chaque Etat, petit ou grand, doit y assumer sa part de responsabilité et être comptable des décisions prises pour l’intérêt commun".

Le Burkina demande l’élargissement du Conseil de sécurité

Le président Compaoré souhaite un élargissement du Conseil de sécurité à l’Afrique, à l’Amérique latine et à une grande partie de l’Asie et de l’Europe.

Cela donnerait selon lui, davantage de moyens politiques et moraux pour relever les défis de la paix et du développement dans le monde. Blaise Compaoré qui espère que dans cette nouvelle ONU, Taïwan aura enfin sa place, n’oublie pas de plaider pour une solidarité renforcée entre Nations du Nord et du Sud autour de la lutte contre la pauvreté et l’emploi.

"La paix et la sécurité ne sont pas les seules garantes de l’ordre et de la stabilité politique mondiale. La sécurité humaine dans sa dimension satisfaction des besoins essentiels de l’homme en constitue aussi un aspect important... Le plus grand défi auquel l’humanité fait face est celui de la pauvreté. Celle-ci compromet les droits humains fondamentaux, bafoue la dignité des individus et des familles, et constitue une menace pour la stabilité politique, économique et sociale des Etats" . insiste Blaise Compaoré. Le président du Faso précise que les dirigeants africains sont engagés à affirmer davantage leur leadership dans la formulation des politiques économiques et sociales.

En attendant, il demande à la communauté internationale le respect de leurs engagements pour l’accroissement de l’aide publique au développement, un traitement conséquent de la dette, l’établissement de règles d’un commerce international plus juste et équitable ainsi que la mise en oeuvre des recommandations du rapport de la commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation.

Blaise Compaoré veut bien espérer que d’ici à la prochaine session de l’ONU en septembre 2005, les choses auront évolué sur ce terrain. D’ici à là, il préconise le développement d’une stratégie internationale de lutte contre le terrorisme car celles jusque-là appliquées n’ont guère été adéquates et efficaces.

Le débat est en tout cas posé et pour l’instant, grands comme petits, expriment leurs points de vue en toute démocratie. C’est peut-être un signe qu’une page est en train d’être tournée surtout que le secrétaire général actuel de l’ONU est favorable à cette reforme de l’organe onusien.

Arrivera t-il à concilier les positions des uns et des autres ? L’issue du débat général qui se poursuit à New York jusqu’à la fin de cette année permettra d’avoir au moins un début de réponse à cette question. Ce qui est sûr, on est dans un cadre de négociations multilatérales ; et en la matière, la logique est parfois très loin des réalités...

Victorien A. Sawadogo (visaw@yahoo.fr),
Envoyé spécial à New York


Dans les coulisses

* L’ONU, une tribune de négociations multilatérales

- Créée par la Charte des Nations unies en 1945, l’Assemblée générale est le principal organe de délibération de l’ONU et elle offre une tribune pour échanger des vues sur toutes les questions internationales qui sont évoquées dans la charte. Elle se compose des représentants des 191 Etats membres de l’Organisation et tient chaque année une session ordinaire de septembre à décembre ; elle se réunit par la suite en fonction des besoins.

*L’Afrique à l’honneur

L’Afrique est à l’honneur à cette 59e session de l’ONU. Outre le Gabon qui préside la session, le Burkina occupe la vice-présidence. Ceci explique sans doute la participation massive des chefs d’Etat aux travaux de la session. Blaise Compaoré, Me Abdoulaye Wade, Mohamed VI du Maroc, Benjamin M’Kapa, Thabo M’Béki, Abdelaziz Boutéflika... étaient comme tant d’autres à New York.

*Le Burkina fortement sollicité

Le Burkina a été fortement sollicité lors du séjour New yorkais de Blaise Compaoré. Entre deux rendez-vous officiels tels que l’entretien avec Kofi Annan ou le sommet sur la lutte contre la pauvreté, le chef d’Etat aura eu plusieurs rencontres bilatérales avec Paul Martin, Premier ministre canadien et d’autres personnalités de haut rang.

*Des parlementaires burkinabè à l’ONU

Des parlementaires burkinabè participent présentement à la session de l’ONU. Ces représentants du peuple entendent porter à la connaissance de cette organisation les préoccupations de leurs populations. Un autre son de cloche qui complète celui de Blaise Compaoré.

*Les Burkinabè des USA courtisés

AZIMO et la BIB étaient à New York pour essayer de proposer leurs produits aux "Pawéto" du pays de l’oncle Sam. C’est ainsi que la BIB pourrait très prochainement permettre aux nôtres de transférer très prochainement avec beaucoup de facilités, leurs avoirs au pays.

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