Actualités :: Alain Ludovic TOU : "Le sommet a été exemplaire à plus d’un titre"
Alain L. Tou

Le Sommet de l’Union africaine (UA) sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique s’est tenu à Ouagadougou, il y a moins de deux semaines. Nombre de Burkinabè scrutent l’horizon dans l’espoir d’une mise en œuvre rapide des engagements pris par les chefs d’Etat et de gouvernement. Ainsi, il nous est paru utile de rencontrer celui qui fut le président du comité d’organisation du sommet, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse, M. Alain Ludovic TOU pour faire un bilan de l’organisation du sommet.

Quel bilan (organisation, participation, engagements) pouvez-vous faire du sommet sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté qui vient de se tenir dans notre pays ?

Alain Ludovic TOU (ALT) : D’une manière générale, on peut dire que ce sommet a été un succès. En tous les cas, c’est l’opinion répandue que ce soit au niveau de l’Union africaine, que ce soit au niveau des chefs d’Etat qui étaient présents au sommet ou des partenaires… Tout le monde a trouvé que ce sommet a été exemplaire à plus d’un titre.
En effet, au plan de l’organisation, je pense que ce qui avait été prévu, ce qui était recommandé ou imposé par le protocole d’accord a été respecté point par point. Au niveau de l’ensemble des commissions tout a bien fonctionné.

Nous avons connu quelques périodes de tension concernant l’arrivée des chefs d’Etat, mais, dès leurs installations à leurs différents lieux d’hébergement, la tension a baissé progressivement.
Par moment, nous avons connu une certaine adversité du climat, parce qu’il a plu durant tout le sommet. Mais en Afrique, c’est un bon signe, c’est une bonne chose. Quand vous faites une telle organisation et il pleut, cela veut dire qu’il y a une espèce de sérénité, de paix…
En tout cas un bon signe. Mais à côté, cela crée quelques désagréments.
C’est le cas de la cérémonie prévue pour la célébration de la journée de l’Union africaine.

Mais, finalement l’un dans l’autre, on peut dire qu’au plan organisationnel tout a bien fonctionné. Concernant la participation, je pense qu’elle a été plus que honorable : nous avons connu la présence d’une vingtaine de chefs d’Etat.
Ce qui était un record inégalé dans ce type de rencontre. Généralement on remarque qu’il y a trois ou quatre chefs d’Etat, maximum une dizaine.
Nous sommes allés au-delà. Je crois qu’au-delà de cette participation physique, il y avait surtout la participation effective aux débats.

J’ai eu la chance d’être aux côtés du chef de l’Etat pour voir et entendre un peu les interventions des éminentes personnalités. Elles étaient pertinentes avec des propositions novatrices. Il faut remarquer que les chefs d’Etat étaient intéressés par le thème parce qu’il était opportun et d’actualité.
Il faut savoir que l’ensemble de l’Afrique était représenté.
Au-delà des chefs d’Etat, et y avait des Premiers ministres, des vice-présidents, des chefs de délégations au niveau ministériel… Donc sur les 53 Etats africains, on peut dire que 52 étaient présents.
On a battu un record de participations et c’est une bonne chose.

En terme d’engagements, ce qui a été pris a confirmé ce que nous attendions de ce sommet.
La déclaration, les engagements et le mécanisme de suivi prouvent que les chefs d’Etat sont décidés à œuvrer pour l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique. Maintenant, il appartient à chaque Etat avec ces engagements, de mettre en mouvement, de mettre en chantier ce qu’il faut. Au niveau du Burkina, le chef de l’Etat a déjà donné des instructions à cet effet, et dans les prochaines semaines, l’opinion nationale verra quelle exploitation sera faite de ces engagements.

On a remarqué une forte participation des partenaires financiers et techniques (FMI, BM, BIT, BAD, BADEA, PNUD…).
Quel commentaire faites-vous de cette participation et quelle sera leur place dans la mise en œuvre des engagements au niveau national ?

ALT : Je pense que c’est l’opportunité, l’intérêt et la pertinence du thème du sommet qui explique cette participation des partenaires techniques et financiers.
Il y a aussi la qualité des chefs d’Etat qui étaient présents.

A mon avis, ces partenaires se sont dit que l’Afrique s’est engagée dans une réflexion profonde et importante au cœur de toute la société, par conséquent, c’était pour eux le moment d’être aux côtés des Africains pour les entendre et en retour pour pouvoir les accompagner.
De plus en plus, les partenaires techniques et financiers veulent vraiment mettre en mouvement dans leur coopération avec l’Afrique, ce que les Africains eux-mêmes veulent.
Je crois qu’il y a une mutation à leur niveau et cette mutation est en train de se concrétiser par ce type de participation.

L’Agenda de l’Afrique correspond à peu près à l’Agenda des partenaires et il était nécessaire qu’ils soient présents à ce sommet. C’est dire que les chefs d’Etat n’ont pas fait une erreur en choisissant de réfléchir sur le thème du sommet.
Quant à leur place dans la mise en œuvre des engagements pris, je crois qu’il faut qu’on attende de voir comment chaque pays mettra en mouvement ses mécanismes. C’est à partir de là qu’on pourra voir quelle sera la place des partenaires techniques et financiers. Mais, on peut déjà dire qu’ils auront une place et un rôle important aux côtés de l’Afrique, puisqu’il s’agit de mettre en œuvre ce que les Africains eux-mêmes ont arrêté.
Je pense que l’appel aux partenaires qui existe déjà dans la déclaration ne sera que plus fort.

Comment va fonctionner concrètement le mécanisme de suivi au plan national et africain ?

ALT : Pour le moment, je ne suis pas en mesure de vous dire comment cela va fonctionner. Toujours est-il que ce sont les Etats qui ont été responsabilisés pour la mise en œuvre.
C’est dire qu’au niveau de chaque pays, en fonction de leurs réalités, de leur culture, de leur tradition politique et administrative et syndicale, chacun mettra un mécanisme en place. Le principe, dans tous les cas, est qu’il faut associer tout le monde à la réflexion, à la mise en œuvre et à l’évaluation des actions qui seront menées.

Au niveau du Burkina, le chef de l’Etat va réunir l’ensemble du gouvernement autour de ces questions et vous aurez des indications plus précises sur le mécanisme de suivi qui sera mis en place dans notre pays.

L’Union africaine pourra-t-elle interpeller tel ou tel pays par rapport à la mise en œuvre des engagements ?

ALT : Absolument !
C’est ce que les chefs d’Etat eux-mêmes ont dit. A chaque sommet, la commission de l’Union africaine à travers son président pourra interpeller les chefs d’Etat pour voir l’état de mise en œuvre des engagements de Ouagadougou.

Le directeur général du Bureau international du travail (BIT) disait : « Il n’y a pas une pauvreté de l’effort en Afrique. Il y a une pauvreté des opportunités ». Qu’en pensez-vous en tant que ministre du Travail ?
ALT : Je pense que c’est une réflexion pertinente et profonde qui correspond à la réalité, on ne peut pas dire qu’en Afrique, les gens ne se « battent » pas, ils se « battent », ils travaillent. Mais, malheureusement, l’Afrique n’arrive pas encore à prendre le terrain des opportunités qu’a créées, par exemple, la mondialisation.

La plupart des continents profitent aujourd’hui de cette mondialisation.
Mais l’Afrique reste l’un des rares continents qui n’arrivent pas à s’adapter à ce nouveau mouvement.
Regardez un peu la place de l’Afrique dans le commerce, dans le concert des nations, elle est résiduelle, insignifiante.
C’est vous dire que l’Afrique doit travailler pour occuper une place favorable dans ce mouvement de mondialisation.
La mondialisation offre des opportunités que nous devons pouvoir saisir, à côté de ses effets pervers. C’est à nous de savoir faire la différence pour prendre le bon côté.

L’opinion publique se demande ce qui va concrètement changer pour les chômeurs, les diplômés sans emploi… après le sommet de Ouagadougou ?

ALT : C’est un peu prématuré pour moi de pouvoir vous dire ce qui sera fait.
Ce qui est sûr, c’est qu’au plus haut niveau de l’Etat la marche va être donnée bientôt.
Comme je vous l’ai dit, le chef de l’Etat a déjà donné des instructions pour qu’il y ait une réflexion, des décisions et des orientations au niveau du gouvernement.
Dans quelques semaines, je pense qu’on sera bien situé sur les actions à entreprendre.
Les ceintures sont attachées et l’envol est pour bientôt.

Interview réalisée Par Ben Alex BEOGO
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