Actualités :: CDP/Houet : Ça ne va toujours pas

A Bobo-Dioulasso, la mise en place des bureaux des comités de base du CDP au niveau des différents arrondissements pose problème. Que ce soit à Dafra, Dô et Konsa, il y a eu des échauffourées entre militants de ce parti jeudi et vendredi derniers. Au moment où nous mettions sous presse, aucune solution ne semblait encore être trouvée à cette situation.

A Konsa tout a commencé par une convocation remise à tous les membres de la sous-section, les invitant à une réunion portant sur la présentation de la composition des bureaux de comités de base. Pour les militants présents à cette réunion du 16 septembre à Sikasso-Cira, la rencontre n’a pas été organisée dans la transparence.

Selon eux, après le déplacement des militants CDP à Ouagadougou le 31 août dernier pour les problèmes que connaît le parti à Bobo, il a été décidé l’annulation de tous les comités de base déjà mis sur pied et leur réinstallation sur fond de consensus. "Le commissaire politique nous a informés de la tenue d’une réunion qui s’est tenue le lundi passé. En son temps, nous lui avions fait savoir que nous avions d’autres obligations à Ouagadougou mais il nous a rassurés que c’était une simple réunion d’information et que ce n’était pas grave. A notre grande surprise, M. Kouessé Sanou, le SG de la sous-section, nous convoque pour nous présenter la composition du bureau ! Ça, nous ne pouvons pas l’accepter" , a déclaré le SG adjoint, Basile Pitroipa.

Les militants qui ont tenu à assister à la réunion ne voulaient également pas accepter cet état de fait tout comme ils n’étaient pas d’acord que la rencontre se tienne dans un domicile au lieu du siège du parti.

On pouvait donc entendre par ci par là : "Kouessé est venu au CDP pour nous montrer comment asseoir un bureau", "c’est un arriviste et s’il ne démissionne pas, il saura qui sont les vrais militants du parti", " il faut qu’on lui règle son compte à ce Kouessé, nous sommes là depuis l’ODP/MT, alors il ne viendra pas nous marcher dessus".

Après ces attaques verbales, les militants de plus en plus nerveux ont voulu porter la main sur le SG. Il a dû se refugier dans une cuisine. Mais cela n’a pas découragé ses agresseurs qui ont cherché à défoncer la porte. Il a fallu l’intervention des épouses de l’hôte de la réunion qui ont pris la garde avec des haches en mains pour barrer l’accès de la cuisine aux agresseurs. Contrariés, ceux-ci se sont alors défoulés sur les chaises et tables prévues pour la réunion.

Pour ces militants, certaines personnes ne veulent pas que la paix revienne dans le parti à Bobo. Mais, selon eux, il faut que la paix s’instaure "Car le CDP est un parti de rassemblement, de démocratie et de cohésion sociale. Alors, nous nous battrons pour que l’esprit du parti demeure" ont-ils déclaré.

Dans l’arrondissement de Dafra, le renouvellement des comités de base s’est là aussi effectué sur fond de crise. L’ambiance en tout cas ce jeudi 16 septembre au domicile du conseiller Sidi Sanogo était loin de celle d’un monastère. Plus d’une vingtaine de personnes étaient convoquées pour cette épreuve. Les mines patibulaires et les regards de chacun en disaient long sur leurs intentions.

Devant le portail, la menace d’une quarantaine de personnes pesait lourdement sur les travaux à l’intérieur. Plus d’une trentaine de minutes après le début de la rencontre, la tension était vive. Le bureau proposé semble-t-il a été rejeté du revers de la main par un groupe de personnes. Face au durcissement des tons, on a assisté par moment à des bousculades et des casses de chaises. Mais finalement après des conciliabules çà et là, on a pu accorder les violons en mettant en place un bureau.

Vendredi 17 septembre 2004 : l’ambiance était électrique au siège provincial du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), sis avenue de l’Unité de Bobo-Dioulasso. Sur le bitume qui longe le siège, ce sont des militants massés çà et là qu’un service de sécurité tient éloignés de l’entrée. A l’intérieur, quelques personnes sont censées mettre en place les bureaux des comités de base des arrondissements, notamment ceux des arrondissements de Dô et de Konsa . Après une heure, ils terminent leur travail et commencent à sortir.

Les esprits commencent à se surchauffer puisque certains de ceux qui étaient à l’intérieur s’y reprennent à plusieurs fois avant de sortir, escortés par une escouade de jeunes aux biceps saillants jusqu’à leurs engins ou véhicules. Arrive alors une dame qui après quelques mètres franchis dans la foule, fait demi-tour en prenant ses jambes au cou. Son regard en dit long sur la peur qui l’habite. En dépit des assurances des "gros bras" qui lui proposent leurs services, elle préfère ne pas prendre de risques. Il a fallu qu’un de ceux-ci la prenne par la main et, aidé de ses camarades, lui fraye un chemin dans la foule dont certaines personnes continuent de vociférer contre elle.

Cette scène serait l’une des conséquences de la crise qui prévaut au CDP/Houet et qui avait valu un déplacement de militants "mécontents" à Ouagadougou.

Dimanche matin 19 septembre, les membres du bureau politique national du Houet, ceux de la section provinciale et des sous-sections des arrondissements étaient en conclave au siège du parti. Ils devaient faire des propositions pour les bureaux des comités des secteurs, lesquelles propositions devant être acheminées au bureau exécutif. Dehors, des militants se regardaient en chiens de faïence et sous haute surveillance policière.

Devant le siège du parti, ce dimanche matin, une foule massée perturbe la circulation sur l’avenue de l’Unité. Tout autour, les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) passent et repassent sans cesse en voiture ou à moto. Dans leurs tenues sombres, casques sur la tête, gaz lacrymogène à portée de main, ils veillent au grain. A l’entrée du siège, des "gros bras" armés de bâtons et ceinturons, empêchent toute personne d’atteindre le portail. A quelque deux mètres d’eux, la foule observe. Un peu plus loin, on discute par petits groupes et selon qu’on est d’un camp ou de l’autre, on devise.

10 h 32, Célestin Koussoubé arrive dans son véhicule de fonction de maire. A la hauteur de l’hôtel Le Méridien, des jeunes l’interceptent et organisent un cordon de sécurité autour du véhicule. Sur les marchepieds de part et d’autre du véhicule, deux personnes servent de garde du corps au maire et à son chauffeur. Le véhicule s’ébranle dans un tonnerre d’applaudissements de ses partisans. Au niveau de l’entrée, des mots peu amènes fusent contre lui et se confondent aux effusions de joie. Les "gros bras" à l’entrée essaient de bloquer le véhicule mais d’autres visiblement à la solde du maire se mettent devant le véhicule avec l’aide duquel ils bousculent ceux de l’entrée. Le véhicule entre dans la cour du siège sous des applaudissements mais au passage, le pare-brise avant reçoit un projectile qui le fêle.

On apprend qu’à l’intérieur se trouvent M.M. Thomas Sanon, commissaire régional du CDP et Moumouni Fabré, membre du bureau politique national.

Clarisse HEMA, Urbain KABORE et
Frédéric OUEDRAOGO

Sidwaya

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