Actualités :: "Le péril acridien sous haute surveillance"

Pour sa rentrée médiatique le gouvernement a eu à échanger avec les hommes de presse sur des questions allant de la campagne agricole à la 18e édition des Journées nationales de vaccination (JNV), les conditions de délivrance et de retrait d’agréments d’études techniques et d’entretien des routes, la présentation des résultats de l’enquête sur les effectifs du cheptel.

Des travaux issus du conseil des ministres, les échanges entre les membres du gouvernement et la presse ont porté sur les conditions de délivrance et de retrait de l’agrément technique pour l’exécution des études, contrôle des travaux d’entretien routier et d’aménagement des pistes. Il s’est agi aussi de parler de la deuxième Enquête nationale sur les effectifs du cheptel, ENEC II.

Mais des questions d’actualité notamment les prochaines Journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, le bilan partiel de la campagne agricole en cours, la crise acridienne ont été passés en revue.

S’agissant de la révision des conditions de délivrance et de retrait de l’agrément technique pour l’exécution des études, contrôle des travaux d’entretien routier et d’aménagement des pistes, le porte-parole du gouvernement a justifié cette mesure par la nécessité de s’adapter au temps. Car le système d’agrément établi à la faveur du Programme d’ajustement structurel des transports (PASEC-T) en 1992 et qui est toujours en cours ne reflète plus les réalités du secteur routier. Ainsi le développement du secteur exige de nouvelles conditions "Pour une bonne exécution du programme sectoriel des transports (PST II)".

Sur les 1 334 petites et moyennes entreprises (PME) qui opèrent dans le domaine, seulement 30 participent aux consultations régulières selon une étude conduite en 2001, explique le ministre Hypolite Lingani. Pour ce faire, les critères d’agrément vont concerner la qualification du personnel, l’adéquation du matériel et le chiffre d’affaires.

En relayant son collègue des transports, M. Alphonse Bonou a fait le bilan de son parc animalier. A travers l’Enquête nationale sur les effectifs du cheptel (ENEC II) conduite par son ministère en collaboration avec l’Institut national de la statistique et de la démographie, il a pu rendre des données chiffrées sur le cheptel burkinabè. "Les résultats ainsi obtenus constituent une base sur laquelle pourront s’effectuer d’importants travaux de recherches et d’études en vue d’organiser le secteur et d’accroître la production" a souligné le porte-parole du gouvernement.

Campagne agricole et vaccination

Après l’élevage, le ministre Bonou a fait un bilan partiel de la campagne agricole et rassure qu’"Elle sera bonne". Malgré une installation tardive de la pluie, seule la région de Dori est présentement déficitaire. 5 sont excédentaires et 7 sont en état normal comparativement au 30 dernières saisons. Les céréales sont au stade d’épiaison.

Quant à l’invasion des criquets pèlerins qui touchent la province de l’Oudalan et du Soum, 21 000 hectares sont touchés et 5 000 ont pu être traités. Le niveau actuel d’invasion nécessite une somme de 750 millions qui ont été obtenus selon le ministre Alphonse Bonou. Les ministres burkinabè n’ont donc pas à renoncer à 1 mois de salaire pour lutter contre cette menace mais si cela s’avérait impérieux ce sera l’effort national qui sera sollicité en plus de celui du gouvernement.

Tandis que M. Alphonse Bonou tente de guérir le mal qui affecte la santé de la saison agricole, M. Alain Yoda veut préserver celle des enfants. En effet, aura lieu prochainement la 18e édition des Journées nationales de vaccination. Elles vont se dérouler du 9 au 12 octobre. Elles concernent tous les enfants de 0 à 59 mois et va concerner plus de 3 millions d’enfants. Le ministre Alain Yoda a évoqué la réticence de certaines populations nigérianes qui pensent que l’administration du vaccin contre la poliomyélite rend la jeune fille inféconde et qui remettent alors en cause son aspect scientifique. "Cela n’est qu’un faux jugement" de son avis car le vaccin contre la polio vise à éradiquer le virus sauvage et épargner l’enfant de la paralysie qui pourrait survenir sil était atteint de ce virus.

Le Burkina comptait 365 cas de polio en 1996 mais aujourd’hui, c’est seulement 4 cas qui ont été constatés avec la dernière campagne où 3 millions d’enfants ont été vaccinés. Une autre difficulté à laquelle pourrait être confrontée la campagne à venir est le mauvais état des voies en période hivernale. M. Yoda a invité son collègue Lingani à l’aider à réussir son projet de vaccination en mettant en exécution son projet de réfection des voies.

Boubacar SY
Babou Nébon BAMOUNI(Stagiaire)


Communication gouvernementale : Revoir la philosophie

Très souvent critiqué pour sa propension à favoriser "l’opacité" dans la gestion, le gouvernement burkinabè a depuis, comblé son déficit en matière communicationnelle par l’institution de points de presse hebdomadaires. Une initiative saluée par l’ensemble des médias et l’opinion publique en général, si tant est que la rétention de l’information ou à tout le moins sa "distillation" parcimonieuse a souvent porté un coup très sérieux à son image de marque.

Cependant et la "mésaventure" mauritanienne est venue nous le rappeler, ces points de presse périodiques n’ont pas encore permis au gouvernement burkinabè sinon d’être en phase avec les populations, au moins de les éclairer sur son action présente et future.

Trop "sectoriels" avec un menu arrêté d’avance, ils ne permettent pas de poser des questions incidentes, encore moins de "spéculer" sur les questions qui agitent l’opinion.

Par exemple, lors du dernier point de presse, on est passé à côté sur les questions agricoles, même si la lutte contre les acridiens constitue une préoccupation de l’heure.

En effet, une volée de bois vert s’abattait alors sur le gouvernement, certains citoyens s’interrogeant sur l’efficience et l’efficacité de la Société de promotion des filières agricoles (SOPROFA) pierre d’angle de la politique agricole actuelle. Ces critiques virulentes à l’encontre de la SOPROFA nécessitait une réaction prompte de la part du gouvernement, au lieu de quoi on a préféré discuter des résultats de l’enquête sur les effectifs du cheptel et de criquets pèlerins qui sont un fléau conjoncturel alors que la non-commercialisation de nos produits agricoles, est elle, un fléau structurel.

Et puis, la "concordance des temps" nécessitait que l’on commence à parler de la rentrée scolaire (à ce niveau il y a encore une chance) mais surtout de la révision du Code du travail qui promet une rentrée sociale chaude. Certains syndicats ont déjà commencé à parler de "privatisation de la Fonction publique" (après les retouches opérées sur la loi 013 portant régime général applicable aux agents publics) ajoutant que "seule la lutte paie".

"Décalé" sur le front social, le gouvernement l’a été aussi sur le front politique l’agenda du 18e point de presse ne comportant aucun point relatif à ce domaine. Or ce n’est pas la matière qui manquait avec la sortie d’un collectif de partis politiques dans la presse, pour "dénoncer et condamner" sa politique en matière d’emploi et de lutte contre la pauvreté.

C’est en laissant les autres "djafoul" sur des questions d’importance, pour débattre soi-même du sexe des anges, que certaines fractures sociales ont pris l’ampleur qu’elles n’auraient jamais dû avoir.

A l’analyse, il y a lieu de recentrer ces points de presse pour chercher des axes de discussions non pas "temporels" (c’est-à-dire en rapport avec le contenu du conseil des ministres) mais, plus à même d’offrir des perspectives heureuses aux populations. Pour tout dire, il faut faire de la communication non pas statique, mais prospective. Une option qui nécessiterait peut-être de revoir la périodicité, car, "Trop de communication tue la communication".

Boubacar SY
Babou Nébon Bamouni(Stagiaire)

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