Actualités :: Salif Sawadogo : "Le CDP n’encourage pas le favoritisme"
Salif Sawadogo

On parlera encore longtemps du sommet sur l’emploi tenu les 8 et 9 septembre derniers à Ouagadougou. Un nouvel élan a été donné aux politiques de l’emploi sur le continent. Que fait le parti majoritaire, le CDP, pour relever le défi de l’emploi ? Salif Sawadogo, le secrétaire à la jeunesse du parti au pouvoir, est bien placé pour y répondre.

Le Pays : Que retenez-vous d’essentiel du Sommet sur l’emploi ?

Salif Sawadogo : Je me réjouis qu’il ait plu au chef de l’Etat d’initier cette rencontre autour de la problématique de l’emploi. Le Congrès pour la démocratie et le progrès, parti au pouvoir, est vivement concerné par une telle initiative qui a regroupé des personnalités qui comptent sur le continent et dans le monde. En tant que responsable chargé de la jeunesse du parti, vous comprenez aisément que ce sommet dont les bénéficiaires directs sont les jeunes, rencontre notre adhésion pleine et entière. Ce sommet a été un succès remarquable de la diplomatie burkinabè dont l’inspiration première vient du président du Faso.

Les jeunes ont-ils le droit d’espérer après ce sommet ?

A l’issue des travaux du sommet, une déclaration a été faite, un plan d’action élaboré et un mécanisme de suivi-évaluation mis en place. Il va de soi que ces instruments devraient être accompagnés par des mécanismes nationaux. Contrairement aux grand-messes habituelles, le sommet de Ouagadougou a cette particularité d’avoir créé ce mécanisme de suivi. Pour notre part, nous ne doutons pas que des résultats tangibles seront atteints pour les années à venir en terme de création massive d’emplois, particulièrement au Burkina. Ne perdons pas de vue que le président Blaise Compaoré est à la base de cette rencontre. Le plus important est que la question de l’emploi des jeunes ait été prise en compte dans toutes les dimensions des politiques de développement du continent.

En tant que parti majoritaire, croyez-vous que les efforts du gouvernement en matière d’emplois sont à la hauteur des attentes des jeunes ?

Suffisamment d’efforts ont été faits au plan national pour promouvoir l’emploi. Des recrutements par milliers continuent à se faire dans la Fonction publique. Les structures de formation professionnelle, d’appui au micro-crédit, de promotion des activités à haute intensité de main-d’oeuvre sont fonctionnelles.

Annuellement, plusieurs milliards de FCFA sont placés auprès des promoteurs pour leurs activités. En milieu rural, le sous-emploi des jeunes, voire leur désoeuvrement en saison sèche, est progressivement battu en brèche avec la petite irrigation.
Il y a certes des insuffisances, dont l’une des plus importantes est le manque de ressources financières conséquentes pour permettre aux structures d’appui d’avoir une impulsion beaucoup plus forte en terme de création d’emplois. Il faut noter que la rencontre de Ouagadougou vient couronner un certain nombre de réflexions et d’initiatives faites au plan national.

Le simple fait de mettre la problématique de l’emploi au coeur de toutes les préoccupations va, de notre point de vue, réduire en partie les insuffisances. Je retiens que des efforts ont été consentis, que des limites subsistent, mais que le chef de l’Etat a de la vision et un pari pour promouvoir ce secteur, et donner plus de visibilité et de lisibilité à l’emploi au Burkina. Cela nécessite sans nul doute le concours des partenaires techniques et financiers internationaux et africains. Et tout ce beau monde était présent à Ouaga. Il y a donc de quoi espérer.

Les critiques selon lesquelles votre parti favorise plus ses militants dans l’offre d’emplois sont-elles fondées ?

Ce sont des critiques de bonne guerre émanant de ceux qui, visiblement, s’opposent aux initiatives de notre parti et à l’action du gouvernement. Malheureusement, à force de répéter ces inepties, on en vient à démoraliser les jeunes. Nous sommes dans un Etat républicain qui a un traitement tout à fait équitable et impartial en ce qui concerne l’accès à l’emploi.

Même si à l’occasion, telle ou telle situation a pu faire penser le contraire, cela reste au niveau de la spéculation et des montages que savent faire certains de nos détracteurs. En tout cas le CDP n’encourage pas ces pratiques de favoritisme. Comme je l’ai dit, notre administration a des procédures de recrutement qui respectent les normes d’équité et d’égalité. Il suffit de faire une évaluation des candidats admis aux différents tests de recrutement pour s’en rendre compte.

Cette impartialité prévaut-elle également dans le volet financement ?

Pour ce que je sais, il faut présenter un bon dossier. S’il répond aux normes et conditionnalités de la structure, il n’y a pas de raison qu’il soit rejeté. Mais il y a une insuffisance en terme de capacité d’intervention de ces structures qui fait que le traitement des dossiers est parfois lent. Cela peut décourager et faire tomber certains dans cette opinion selon laquelle les choses ne se font pas dans les règles de l’art. Je démens de tels propos et confirme que les dossiers sont traités avec rigueur et que seuls les plus méritants, dans les limites objectives des capacités des structures d’appui et de financement, sont retenus. Il faut savoir garder patience.

Au cours du Sommet sur l’emploi, des partis de l’opposition ont dressé un sombre tableau du Burkina. Que leur répondez-vous ?

J’aurais été plus à l’aise pour répondre si ces critiques étaient précises et assorties de statistiques sur l’emploi. Mais il n’en est rien. Tout ce que je peux dire, c’est que bon ou mal an, des milliers de jeunes sont recrutés au niveau de l’Administration publique et des structures décentralisées. Cela constitue des efforts considérables à un moment où ailleurs, des dégressions se font dans les Administrations publiques. J’aurais compris que l’opposition, chiffres à l’appui, nous montre que rien n’est fait en matière de promotion de l’emploi. Elle s’est cantonnée à ses diatribes habituelles qui sont en déphasage avec les préoccupations de nos populations.

Au lieu de parler d’emploi au Burkina Faso, elle fait des invectives sur la Mauritanie. Ecoutez. Après Abidjan peut-être que certains d’entre eux voudraient se faire des "emplois rémunérés" dans d’autres capitales et sur le dos et la sueur de notre peuple. Ce sont des clameurs qu’il faut inscrire dans une logique de dénigrement.
Certes, il y a encore beaucoup à faire, ce qui a justifié d’ailleurs la tenue du Sommet sur l’emploi. Tout le mérite revient au chef de l’Etat et au parti et au pouvoir.

Donc vous restez serein au CDP quant à votre action en faveur de la jeunesse et de l’emploi au Burkina ...

Tout à fait. Nous sommes confortés dans notre conviction par l’engagement nouveau du chef de l’Etat en direction de la jeunesse. Il l’a dit lors de la commémoration de la fête nationale. Il l’a réitéré à nouveau à travers le Sommet sur l’emploi. J’ai bonne foi que dans les années à venir, les choses s’amélioreront encore plus.

Que doivent faire les jeunes pour accompagner la volonté politique affichée par les chefs d’Etat ?

Le Président du Faso, à travers le Sommet sur l’emploi et la vision nouvelle qu’il se donne pour le continent et le Burkina, a émis des signaux très forts en direction de la jeunesse. Il revient aux jeunes de prendre la balle au rebond et d’être à la hauteur de la confiance placée en eux.

Pour tout ce qui pourrait être entrepris, il nous appartient, en tant que jeunes, d’être plus entreprenants, plus avisés et à l’écoute du marché du travail. Nous sommes dans une dynamique d’ensemble où la flexibilité de l’emploi va se poser de plus en plus. Il ne serait plus étonnant que l’on passe d’un travail manuel à une activité intellectuelle et vice-versa. Le plus important donc, c’est d’avoir une occupation, un emploi rémunéré à même de vous permettre de faire face aux charges de logement, d’alimentation, de santé et de divertissement.

Propos recueillis par Mahorou KANAZOE

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