Actualités :: Visite de Romano Prodi à Ziga : l’espoir à travers l’eau et le (...)

Présent à Ouagadougou dans le cadre d’une tournée sous-régionale qui l’a conduit au Sénégal et en Côte d’Ivoire, le président de la Commission européenne Romano Prodi a visité le barrage de Ziga, vendredi 14 novembre 2003, en compagnie des ministres de l’Agriculture et du Budget et de l’ambassadeur du Burkina Faso auprès de l’Union européenne (UE). L’amitié entre l’UE et le Burkina Faso a été célébrée à travers le coton et l’eau.

Ziga est aujourd’hui dans le développement du Burkina Faso ce qu’était Tambao sous la Révolution. Ziga, c’est d’abord l’approvisionnement en eau potable de la ville de Ouagadougou. Ziga, c’est aussi et surtout l’agriculture qui occupe actuellement 80% de la population burkinabè.

Le projet de Ziga demeure, à n’en pas douter, l’un des plus grands chantiers de développement au Burkina Faso. Cent cinquante milliards (150 000 000 000) de francs CFA seront nécessaires pour la retenue d’eau, l’irrigation, l’approvisionnement en eau de la ville de Ouagadougou et les autres activités socio-économiques en faveur des populations environnantes.

L’Union européenne (UE) participe à ce vaste chantier de développement avec trente millions (30 000 000) d’euros soit environ vingt milliards (20 000 000 000) de francs CFA. En visitant le barrage de Ziga, le président de la Commission européenne a voulu rassurer les agriculteurs burkinabè du soutien sans faille de son institution dans leur combat pour le développement. Cette visite a également permis à Romano Prodi de mesurer de visu l’avancement des travaux.

En attendant l’eau potable à Ouagadougou

C’est une foule en liesse qui a accueilli Romano Prodi sur le site du barrage. Elle a exprimé sa joie au président de la Commission européenne en lui montrant les fruits du barrage. Le projet permet déjà aux populations de cultiver le coton.
Dans leur adresse à Romano Prodi, les représentants des agriculteurs et de la Confédération paysanne du Faso (CDP) ont tour à tour loué l’appui financier de l’UE et des efforts du gouvernement burkinabè. Cependant, bien que disposant d’eau pour la culture du coton, les populations n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes sur la situation qui prévaut au plan international. Une fois encore, la subvention de la filière coton par les pays du Nord et l’échec des négociations de Cancun étaient au menu.

Véritable métronome de la visite du barrage, le ministre de l’Agriculture Salif Diallo, interprète du jour, a su traduire dans les chiffres et les mots les préoccupations des agriculteurs à l’illustre hôte. Tantôt politique, tantôt technicien, Salif Diallo a montré à son interlocuteur Romano Prodi à travers les réponses à ses questions qu’il maîtrisait parfaitement les contours du chantier de Ziga.

Les assurances de Romano Prodi

Pour le président de la Commission européenne, l’eau et particulièrement l’eau potable reste intimement liée à la survie de l’homme. Aussi, le barrage, a-t-il dit, permettra non seulement à la population de rester en bonne santé mais aussi de vaincre la pauvreté à travers l’agriculture. C’est pourquoi, le président Prodi a lancé un appel à l’endroit des populations afin qu’elles préservent l’ouvrage pour les générations futures. L’Union européenne, a-t-il souligné, accorde une grande importance à l’eau et pour ce faire elle accompagnera l’Etat burkinabè dans ses efforts à "dompter" cette denrée de plus en plus rare qui entrave l’épanouissement de plus de deux milliards (2 000 000 000) d’hommes à travers le monde.

Pour ce qui concerne le coton, le président de la Commission européenne a fait comprendre aux agriculteurs qu’il a déjà rassuré le président du Faso du soutien de son Institution. Après l’échec des négociations de Cancun, l’Union européenne a décidé de diminuer de 60% les subventions accordées à la filière coton.

Tout en reconnaissant que les 40% qui restent causent toujours un préjudice aux agriculteurs africains, le président Prodi s’est engagé à faire de l’annulation des subventions son cheval de bataille. Toutefois, le président de la Commission européenne a invité les pays africains à travailler ensemble. Il faut que les Etats africains arrivent à montrer à la Communauté internationale qu’ils ont la capacité de contrôler le marché du coton, a conclu Romano Prodi.

Jolvet Emmaüs Sidibé
PAG BELEGUEM
Sidwaya

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