Actualités :: Education au BUrkina : les revendications du MPS/PF

Le Mouvement pour le socialisme/Parti fédéral profite de la
rentrée scolaire pour faire le point sur l’état de l’école burkinabè. Voici son diagnostic.

Camarades élèves, camarades étudiants ! La rentrée scolaire
2003-2004 vient de s’effectuer. C’est le lieu pour nous, jeunes de l’Union de la Jeunesse Socialiste (UJS), de vous souhaiter beaucoup de courage parce qu’en tant que jeunes scolarisés, nous cherchons à être bien formés, bien éduqués bref, nous voulons que toutes les conditions les meilleures, soient mises en oeuvre pour notre plein épanouissement. Mais que constatons-nous ?

Cette rentrée scolaire se déroule dans un contexte national
marqué par :
- l’accroissement de la pauvreté des populations ;
- les difficultés croissantes d’accès à l’instruction ;
- la dégradation éhontée de la qualité de l’enseignement.
Dans les secteurs sociaux de l’éducation et de la démocratie, les indicateurs sont au "rouge". Dans un tel contexte, il faut du courage pour parcourir l’année scolaire. Au plan de l’éducation, le coût de plus en plus élevé de l’éducation exclut une grande majorité de jeunes du système éducatif, forçant ceux-ci à s’orienter vers les petits emplois avant même d’avoir fait dix ans de scolarité.

L’application des mesures des institutions financières
internationales depuis plusieurs années n’a fait qu’aggraver les problèmes dans ce secteur. L’Etat s’est désengagé du soutien aux élèves, de l’octroi des bourses aux élèves, même pour les plus démunis, de telle sorte que la charge des parents d’élèves s’est accrue.

Chaque année, les frais de scolarité augmentent, créant un
paradoxe entre le taux de scolarisation au secondaire et la
floraison des établissements privés. En effet, par rapport à la proportion des jeunes scolarisés, très peu réussissent à
s’inscrire : les frais varient de 67 500 F à 600 000 F pour les établissements avec internat. Cette cherté des frais oblige les parents d’élèves à se rabattre sur le public avec comme conséquence, des effectifs pléthoriques (pour cette rentrée, le nombre d’élèves par classe de 6e varie de 105 à 120, et de 95 à 110 pour les classes de 2nde, et ne parlons pas des classes d’examen.

Au primaire, sous le prétexte d’atteindre 70% de taux de
scolarisation, le gouvernement de la IVe République, par le biais de son Ministère de l’Enseignement de Base et de
l’Alphabétisation, invite les directeurs / directrices d’école à coup de communiqués, à recruter au-delà de la capacité d’accueil des classes. Cela traduit en réalité le fond de l’esprit "alphabétiser et non enseigner". Il foule aux pieds l’un des intérêts des élèves : celui d’avoir un enseignement et une formation de qualité. En procédant ainsi, c’est une alphabétisation qui est recherchée. Nous disons qu’au-delà du chiffre (70%) recherché, il faut la qualité, en mettant en place les conditions idoines et le temps nécessaire pour une bonne formation des enseignants. C’est fort de cette conviction que nous pensons que la durée de la formation des instituteurs dans les ENEP, ramenée à une année, pose problème.

En effet, enseigner, éduquer un enfant ne doit pas se concevoir comme
une formation à la carte, au point de traduire cela dans la
formation de l’instituteur.
L’Ecole burkinabè souffre d’un manque criard de maîtres dans
les classes. Face au boycott des 800 élèves-maîtres sortants, le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation a plutôt préféré polémiquer sur la justesse ou pas du boycott, sans donner le nombre de classes n’ayant pas de maître pour
permettre au peuple de savoir si le recrutement de 2550
instituteurs est suffisant.

Nous demeurons persuadés qu’avec le départ des instituteurs pour les concours professionnels
(ENAM-IEPD), la surveillance au secondaire, le système de 2
instituteurs par classe pour les grands effectifs, les 4300
candidats pouvaient tous être utiles pour aider à une
augmentation du niveau et du taux de scolarisation.

A l’Université, c’est la poursuite de la refondation avec tout le cortège de sacrifices et de difficultés que cela implique pour les
étudiants. Il n’est un secret pour personne que la bourse est
aujourd’hui presque inexistante. Quel est cet étudiant qui ne
sent pas cette réalité dans sa chair ? Pourtant, beaucoup de nos
décideurs actuels ont bénéficié de la bourse qui était de 32500
F en janvier 1978, au moment où l’essence coûtait 85F/le litre, et
le bic 25F. En 1982, les frais d’inscription étaient de 4625 F pour
les boursiers et 7625 F pour les non-boursiers, alors
qu’aujourd’hui, la bourse se trouve être contingentée ; 25 000 F
en première année, les frais d’inscription sont de 15 000 F,
tandis que le litre d’essence coûte 500 F et le bic 75F.

L’Union de la jeunesse socialiste, fidèle à ses objectifs,
s’engage à lutter avec d’autres organisations autour des
revendications suivantes :
dans le domaine scolaire et universitaire :
- la gratuité de l’enseignement au primaire ;
- la réintroduction de l’octroi de la bourse au secondaire et à
l’université pour tous les enfants démunis ;
- la gratuité des soins de santé pour les élèves et étudiants.

Dans le domaine de l’emploi :
- l’arrêt de l’affairisme, de la corruption et du népotisme dans
les examens et concours ;
- la création d’un mécanisme transparent d’emploi des jeunes.

Dans le domaine de la santé :
- la gratuité des soins dans les établissements sanitaires
publics pour tous les jeunes démunis ;
- la gratuité des soins pour les jeunes atteints du VIH/SIDA.
L’union de la Jeunesse socialiste lance un appel aux élèves,
étudiants, enseignants et parents d’élèves pour qu’ils prennent conscience de leurs responsabilités. La nuit, la longue nuit est finie. En luttant pour la vérité, la justice sociale et le pain, vous ne faites qu’user des seuls moyens qui vous permettent des
meilleures conditions de vie et de travail.

Unissons-nous, tous ensemble, nous vaincrons !

Pour le Bureau National
Le président

Ousmane LINGANI

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