Actualités :: Régionalisation au Burkina : Le dernier virage

Le processus de décentralisation en cours dans notre pays exige aussi et surtout un cadre législatif adéquat et des "normes" pour pouvoir être une réalité sur le terrain.

Pour clarifier les responsabilités de chaque acteur afin d’éviter certains "conflits", le conseil des ministres du 16 juin 2004 a adopté deux rapports modificatifs portant sur les attributions du gouverneur de région, du haut-commissaire, du préfet et du délégué de village. Avec ces textes modificatifs, on peut dire que le train de la décentralisation est en marche.

M. Moumouni Fabré, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation

Selon le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, les 13 gouverneurs des 13 régions seront nommés avant août 2004. La nomination de ces gouverneurs sera à n’en pas douter, le dernier acte majeur qui doit sceller la concrétisation de la gouvernance locale. Mais, pour y arriver, il fallait que les attributions soient bien définies quand on sait que sur le terrain, travaillent déjà, et de fort belle manière, les hauts-commissaires, les préfets… Tous ayant pour mission le développement économique et social de leurs localités. On a encore en mémoire les interrogations et les inquiétudes soulevées lors du découpage de notre pays en 13 régions, celles-ci devant être dirigées par des gouverneurs. Les inquiétudes et les interrogations avaient trait entre autres aux attributions du gouverneur et la place que devaient occuper dorénavant les hauts-commissaires et les préfets. Des conflits de compétence, si ce n’est de personne pouvaient surgir à tout moment entre ces acteurs sur le terrain de la mise en œuvre effective de la gouvernance locale.

En sus de cette réalité, il fallait savoir qui doit gérer quoi et comment, parlant bien évidemment de gestion budgétaire. C’est donc pour résoudre tous ces problèmes qui devaient inéluctablement se poser avec la "conception" de départ du gouverneur que le conseil des ministres du 16 juin dernier a procédé à la modification de certains textes de loi régissant la région et les provinces.

Ainsi en matière financière et budgétaire, le gouverneur est désormais l’administrateur des crédits du budget de l’Etat, alloués à la région et aux services déconcentrés. Au sein du cabinet du gouverneur, il est créé des postes de conseillers techniques de défense et de sécurité. Le projet de décret de modification révise aussi l’organisation des gouvernorats et revoit à la baisse, l’état des besoins en personnels indispensables.

Bref, ces modifications rendent plus fluides les relations fonctionnelles entre les gouvernorats, les départements ministériels et éventuellement les hauts-commissariats et les préfectures.

Ces nouvelles dispositions devraient non seulement affirmer l’autorité de l’Etat mais aussi et surtout son souci d’œuvrer pour le développement local.

Le développement local passe donc par une organisation conséquente tant au niveau des autorités qu’on niveau des populations à la base.

Il ne saurait aussi être une réalité sans des moyens et des mesures d’accompagnement. Les gouverneurs qui seront nommés ont, sans doute, besoin de ces moyens pour remplir pleinement la mission. C’est pourquoi, le gouvernement ayant compris que la décentralisation est un processus qui est loin d’être une course de vitesse, veut aller par étape. Ainsi et selon le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, M. Moumouni Fabré, en 2004 il sera réalisé 3 gouvernorats, 3 autres en 2005… et au bout de 3 ans, "nos" 13 gouverneurs pourront avoir des résidences et des bureaux dignes de leur rang.

En fait, le plus important est que chaque acteur comprenne l’importance du processus de décentralisation en cours et s’y engage pleinement. Autorités et populations à la base doivent se donner la main afin que la gouvernance et le développement local soient une réalité.

Le gouvernement est, en tout cas, en train de jouer sa partition, il appartient aux autres acteurs sur le terrain de jouer la leur. Il y va de leur avenir et de celui du Burkina.

Jules Robert IBOUDO
L’Hebdo

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