Actualités :: Gilbert Ouedraogo : "Je ne sais pas faire de l’agitation, c’est là mon (...)

Le nouveau et premier chef de file de l’opposition en toute liberté avec l’Evénement.

Comment appréciez-vous votre désignation en tant que chef de fil de l’Opposition ?

Je suis animé par un sentiment de fierté légitime. Je dois mesurer la charge et les responsabilités qui sont miennes pour travailler, contribuer à fédérer l’Opposition et offrir au Burkina Faso une Opposition qui parle le même langage, une Opposition responsable, crédible qui puisse proposer une alternance et une alternative à notre pays.

Quelle appréciation faite-vous de la caricature du journal JJ vous qualifiant de l’opposant de l’Opposition ?

Je réagis à cette critique en me référant à la loi parce que l’ADF/RDA est un parti républicain et nous fonctionnons au regard de la loi. Et cette loi est la loi n°007/2000/KN portant statut de l’Opposition. Dans cette loi, il est fait une définition de l’Opposition. Aujourd’hui, il est aisé à tous de constater que nous ne sommes pas de la majorité présidentielle et de constater qu’on ne peut pas être un opposant à l’Opposition puisque l’Opposition par définition est l’ensemble des formations politiques qui ont en commun de n’avoir pas gagné les dernières élections et à ce titre-là, nous ne sommes pas majoritaire. Nous réclamons seulement aux autres le droit à la différence.

Vous êtes chef de file de l’Opposition, ce qui est bien pour l’ADF/RDA l’est-il aussi pour les autres de l’opposition ?

Moi, en tant que chef de fil de l’Opposition, c’est amener les uns et les autres à cette réflexion pour que nous puissions avoir un code de conduite, des lignes directrices par rapport à l’organisation de l’Opposition et que chaque formation garde son autonomie et soit responsable de sa propre stratégie et de sa propre tactique.

Toutefois, il y a des principes sur lesquels nous devons nous entendre. Tous les partis de l’opposition peuvent se retrouver sur un certain nombre de problèmes objectifs, des difficultés qui sont liées au statut de l’Opposition et ensemble nous pouvons travailler à aplanir cette division et c’est en cela que moi je vois l’action que nous pouvons avoir en tant qu’opposants : plus de démocratie, de transparence, la lutte contre la corruption.

J’ai entrepris de rencontrer toutes les formations politiques de l’Opposition pour échanger, prendre des conseils et voir comment nous pouvons ensemble trouver ce minimum qui nous permette de travailler tout en donnant la possibilité à chacun de garder son autonomie. L’ADF/RDA existe toujours, mais moi je suis aujourd’hui au dessus de la formation. Ce n’est pas la formation qui est le chef de file de l’Opposition, c’est le président du parti qui l’est. Il doit travailler dans l’intérêt de toutes les forces politiques de l’Opposition sans exclusif. Et moi, je suis prêt à faire ce travail là pour peu que l’Opposition dans son ensemble le souhaite.

Dans la situation actuelle de notre opposition, quel peut être le minimum commun sur lequel vous pouviez vous entendre ?

On pourrait s’entendre pour mettre en exergue nos difficultés. Il y a également les questions de démocratie, de l’alternance. Pour peu que nous soyons tous animés de bonne volonté, il y a beaucoup de possibilités pour l’Opposition de se retrouver sur un minimum. N’empêche que nous puissions avoir des alliances conjoncturelles pour régler un certain nombre de problèmes qui nous sont propres. Au-delà de cela, on peut faire des alliances pour telle ou telle élection. L’ADF/RDA l’a déjà fait et est prête à le refaire.

Pour être concret, qu’elle est votre position sur la candidature de Blaise Compaoré, sur la révision du code électoral et la désignation des candidats de l’opposition pour la présidentielle à venir ?

Je ne peux que vous donner mon point de vue personnel sur ces questions. A l’ADF/RDA, nous estimons que la question de la candidature du président sortant est à la fois politique et juridique.

Politiquement, on conçoit bien que nous pouvons dire que nous ne souhaitons plus que Blaise Compaoré se représente. Juridiquement, nous ne voyons aucune raison, aucun empêchement juridique à ce qu’un citoyen burkinabè au regard de la Constitution puisse se présenter. Ce qui est important pour nous, c’est de travailler à ce que l’Opposition puisse aboutir à une candidature unique pour que quelles que soient les circonstances, nous puissions mobiliser l’électorat.

Concernant le code électoral, nous avons été contre et nous avons été jusqu’aux termes de notre logique en participant aux travaux en commission. Et en plénière, nous avons voté contre. Nous estimons que la raison évoquée pour réviser le mode du scrutin n’est pas valable et pertinente. Nous avons estimé qu’il n’était pas normal de modifier les règles du jeu en plein tournoi. S’il y a des règles du jeu à modifier, c’était avant le tournoi. L’argument qui dit qu’à chaque province, il faut un député pourrait nous conduire à dire à chaque département un député, à chaque village un député.

Par rapport à l’évolution démocratique, il faut que nous acceptions que chaque formation puisse connaître ses atouts et ses faiblesses, que le débat soit démocratique et tienne compte de la représentativité des formations politiques. Sinon en tenant toujours compte de la loi du nombre, nous risquons d’aboutir à des incongruités qui ne nous permettront pas d’avancer. Si l’Opposition est intéressée par mes propositions, nous allons continuer ensemble. Si elle ne l’est pas, très sincèrement, chef de file de l’Opposition ou pas nous sommes la première formation de l’opposition et nous pouvons fonctionner et cela ne nous posera aucun problème.

Il y a peut-être deux ans, l’ADF/RDA chef de file de l’Opposition n’aurait pas posé de problèmes. Avec l’érosion des voix de l’UNDD, à égalité de voix avec le PDP/PS, il n’est pas certain que la responsabilité du chef de file revienne toujours à l’ADF/RDA ?

Nul ne peut nous contester d’avoir été la formation qui a eu le plus grand nombre de voix lors des dernières élections. Au regard de la loi, il n’y a aucune ambiguïté.
L’UNDD n’existait pas lors des dernières opérations électorales et mieux le président de l’ADF/RDA à l’époque avait fait signer des documents qui nous engageaient à démissionner de nos postes de député si nous venions à quitter la formation politique. Tous les candidats l’ont du reste signer et ces documents existent toujours.

Est-ce un handicap de base pour un chef de file de l’Opposition d’être dans la situation dans laquelle vous vous trouvez ?

Ce n’est pas un handicap de base. L’homme politique doit être préparé à toute sorte de situation. Comme je le dis, nous ne sommes pas accroché à cette question de chef de fil de l’opposition. Ce qui est important est de savoir si à un moment donné nous allons prendre conscience qu’il y va de notre intérêt à tous en travaillant ensemble ou continuer à nous tirer dessus.

Gilbert Ouédraogo serait-il candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Il appartient à ma formation politique d’en décider et à l’ensemble de l’Opposition de voir.

Mais L’ADF/RDA présentera-t-elle un candidat ?

Cela se fera au regard des options et des stratégies de notre formation politique. On dit que le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore.

Mais ce ne sont pas vos seuls militants qui vous porteront à la tête de l’Etat. Les autres Burkinabè ont aussi besoin de lire vos actions et de les comprendre ?

Oui, on fait ce travail et c’est pourquoi je vous reçois aujourd’hui pour expliquer. Mais il faut reconnaître ses erreurs. On n’a pas beaucoup communiqué et ça a donné l’impression parfois qu’on avait rien à dire. Mais c’est vraiment parce qu’on n’est pas fort dans l’agitation. Les partis de droite, c’est notre faiblesse. Nous ne sommes pas fort en agitation. On est fort en mobilisation.

Récemment vous devriez participer au gouvernement, mais vous ne l’aviez pas fait ?

Cette affirmation par exemple est fausse. On aurait même pu intenter un procès pour diffamation. Personne ne m’a contacté en tant que premier responsable de l’ADF/RDA pour faire partir du gouvernement. Il n’a jamais été évoqué la question du gouvernement à plus forte raison de tractation.

Donc il n’est pas question pour l’ADF/RDA de participer à un gouvernement aujourd’hui ?

Ça c’est notre stratégie personnelle. Le gouvernement ? nous n’avons pas étudié la question. Mais nous disons que tout est question de la stratégie politique. Ecoutez ! nous faisons de la politique. L’ADF/RDA, c’est une tradition et même une marque déposée, nous avons de ce fait un sillage dans lequel nous avançons.

Vous n’avez pas donc une culture de l’opposition ?

Sous les coups d’Etat, le premier parti devient l’opposant principal. Sous les régimes d’exception, nous avons été opposants. De ce fait, nous avons également cette culture. Vous savez aussi beaucoup ont ce problème là, c’est qu’ils sont venus tard à la politique, bien que je sois jeune, je peux me permettre de le dire.

Vous avez en face de vous un homme comme Ki-Zerbo qui n’est pas venu tard à la politique quand même ?

Je ne parle pas de Ki-Zerbo. Ah ! Non Ki-Zerbo est une référence politique. J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Là on parle en général. Je n’ai jamais étiqueté une formation.

Vous faites allusion à Laurent Bado alors ?

Bado Laurent ? Moi j’estime bien Laurent Bado. Je trouve que c’est quelqu’un de très sincère. Si vous voulez que je me prononce sur chacun, on y va, moi je parle.
Bon, on y va.

Laurent Bado

C’est un homme sincère et un intellectuel de haut niveau. Mais, il se trouve incompris, ce qui l’amène à s’emporter parce qu’il estime qu’étant sincère, tout le monde devrait comprendre les choses. Aussi, il n’arrive pas à s’expliquer le fait que les gens ne le comprennent pas.

Hermann Yaméogo

C’est un grand-frère que je respecte. Hermann est une personne très forte lorsqu’il s’agit d’actions ponctuelles, personne ne peut lui dénier cela. Le suivi dans l’action est son point faible.

Bénéwendé Sankara

C’est un confrère avec qui j’ai travaillé au palais de justice. Il a des positions qu’il développe. Il a ses convictions personnelles. Je le trouve parfois trop radical sur certaines positions. Mais il est libre d’exprimer son point de vue.

Interview réalisé par Ramata Soré et Newton Ahmed Barry
L’Evénement

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