Actualités :: PROCES : Le Général Kouamé Lougué parle
Kodjo Lougué, Kouamé Lougué
et Alain Bonkian

L’audience du Tribunal militaire de Ouaga dans le cadre du
procès de la tentative présumée de putsch s’est poursuivie dans
l’après-midi du 14 avril 2004. Elle a été marquée par la
comparution de 5 témoins. Parmi eux, le Général Kouamé Lougué
qui a comparu durant 19 mn au cours desquelles il a nié avoir
eu des contacts avec les accusés par rapport à leur projet de
déstabilisation.

La comparution du Général Lougué, ancien ministre de la
Défense, était particulièrement attendue depuis le début du
défilé des témoins à la barre. Elle a finalement eu lieu hier sans
qu’au finish grand chose n’en sorte.

Le Général a été appelé
pour son témoignage en 5è et dernière position, à 18 h. A
propos des faits, c’est-à-dire la tentative présumée de putsch, il
dit avoir été informé à travers les compte rendu que lui faisait le
chef d’Etat-major général des armées et celui de la
Gendarmerie sur la base des relations de la presse.

Ces
comptes rendus, dit-il, lui ont été faits en sa qualité de ministre de
la Défense. Interrogé sur une audience avec les capitaines
Boulédié Bayoulou et Diapagri Ouali au sujet de revendications
corporatistes, le Général Lougué a répondu qu’il n’a rencontré
en aucun moment l’un ou l’autre de ces officiers de l’Armée
burkinabè. Le président du tribunal donne lecture des
déclarations du Capitaine Ouali à la Gendarmerie qui font état
d’une audience avec le Général quand il était chef d’Etat-major
général des armées pour lui dire de prendre ses
responsabilités et de se préparer sur le plan spirituel pour
affronter le régime en place.

Les déclarations du capitaine font
également état d’un accord du Général pour les préparations
occultes pour lesquels l’officier devrait faire venir ses parents du
village pour s’en charger. Par la suite, le Général, selon toujours
les déclarations du capitaine à la Gendarmerie, a refusé de
s’engager en disant que ses parents l’ont déconseillé de faire
de la politique.

Après la lecture du procès-verbal, le Général
répond par la négative par rapport à tout ce qui a été lu. Le
président du tribunal, Franck Compaoré, lui demande si le Capitaine Bayoulou est venu le voir pour qu’il
prenne la tête de leur mouvement de reversement du régime.
Réponse négative de l’ancien ministre de la Défense. Sur ce, la
parole est donnée au Capitaine Ouali pour qu’il dise s’il a
rencontré le Général pour l’informer de son projet de coup d’Etat
comme il l’a dit devant le juge d’instruction.

Le capitaine avait
souhaité un premier temps que son avocat, Me Adrien Nion,
réponde à la question. Mais face au refus du président du
tribunal, il répond en disant qu’il ne pense pas avoir dit cela. Par
contre ce qu’il a dit est qu’il est allé voir le Général au sujet de la
nécessité de changement de régime voulu, souhaité par le
peuple. A ce sujet, il a dit au Général qu’il est bien placé pour
opérer, réaliser ce changement car il a l’estime de la troupe. C’est ce qu’il a voulu dire à la Gendarmerie qui n’a pas été bien
compris, rendu.

Devant le tribunal, il a ajouté qu’en l’absence de
l’engagement du Général, lui et d’autres personnes se sont
résolu à opérer le changement. Le Capitaine a été appelé une
fois à confirmer une autre déclaration à la Gendarmerie selon
laquelle il était opposé à ce que le coup de force profite au
Général. Oui, a-t-il répondu.

Après, la parole est donnée au
Sergent Babou Naon qui, comme question à poser, a demandé
au Général, dont il dit avoir entendu le nom à la Gendarmerie,
s’il l’a déjà personnellement croisé depuis 2000 jusqu’à
maintenant. L’intéressé a répondu qu’il l’a vu avant son
affectation à Ouahigouya c’est-à-dire en 1999.

Les parties
n’ayant pas de questions à poser au Général, il a été autorisé à
se retirer à 18 h 19 mn. Avant de quitter la salle, il a exigé que
les accusés militaires lui rendent les honneurs parce qu’ils sont
ses soldats. Ces derniers s’exécutent et c’était la fin de la
comparution du Général Kouamé Lougué.

Le témoignage de l’ancien ministre a été précédé de 4 autres. Il
s’agit de celui du Commandant Daniel Yamba Zongo intervenu à
la reprise de l’audience à 16 h 36 mn. On retient de son
passage devant le tribunal que le Capitaine Ouali est venu lui
solliciter une arme (kalachnikov) parce qu’il y a l’insécurité dans
son quartier et sur les axes routiers. Il lui a dit n’être pas habilité
à faire sortir des armes.

Ce témoin a rapidement laissé la place
à un autre, le Commandant Victor Emmanuel Kam qui dit avoir
de bonnes relations avec son collègue argentier comme lui
(Commandant Bernardin Poda) mais pas avec le Capitaine Boulédié
Bayoulou avec qui il a pourtant partagé la même chambre plus
d’un an. Pour illustrer l’aversion du capitaine à son égard, il a dit
que ce dernier a laissé entendre un jour que s’il prend le
pouvoir, il va le déshabiller et l’exécuter.
Le Capitaine Bayoulou a
tout simplement dit qu’il est sidéré par les propos du
commandant avec qui il est en bons termes.

Le troisième témoin de l’après-midi a été le Lieutenant-colonel
Alain Bonkian, adjoint au commandant de la 2è région militaire de Bobo
qui dit avoir appris la tentative de putsch par la presse.

Il a fait
place au directeur de l’intendance militaire, le Lieutenant-colonel
Léonard Sibidou Gambo. Le Commandant Bernardin Poda a
profité de la comparution de son supérieur hiérarchique pour
revenir sur les détournements de fonds à l’OCAC de l’ordre de
80 millions et pour lesquels, a-t-il dit, il n’y a que 16 millions qui
ont été remboursés à ce jour. Le ministère public et la partie
civile n’ont pas voulu qu’il abonde dans ce qu’il qualifie de
complot et d’attentat contre sa personne mais se limite aux faits
à lui reprochés.

Par Séni DABO
Le Pays

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