Actualités :: Procès : Pour les sankaristes, "On commence à savoir qui a tué (...)

Pour les cinq partis d’obédience sankariste signataires du communiqué de presse dont teneur suit, le procès des présumés putschistes qui s’est ouvert le 6 avril dernier est une occasion qui leur est donnée de "redécouvrir la nature du régime et des hommes qui nous gouvernent".

Comme suite à notre appel à la mobilisation du 1er avril 2004, les militantes et les militants, les démocrates et les patriotes sont sortis très nombreux le 06/04/04 pour se rendre au tribunal militaire de Ouagadougou.

Depuis cette date, le peuple serein et mobilisé suit avec grand intérêt le procès de la fameuse présomption de tentative de putsch.

Malgré la présence abusive empreinte d’excès de zèle inutile de gendarmes et malgré les provocations multiples, notre peuple laborieux est resté vigilant et suit attentivement les grands déballages des anciens collaborateurs de M. Blaise Compaoré. L’opinion aura été témoin que l’affaire Norbert Zongo est le nœud gordien de cette fameuse histoire de coup d’Etat.

Et ceux qui ont monté cette affaire vont tomber dans leur propre piège. Par exemple, le capitaine Luther Ouali et le sergent Naon déclarent qu’ils sont prêts à donner les noms de ceux qui ont tué Norbert Zongo et le nom du chef de mission qui a dirigé les opérations ; il ressort également des débats que le mobile de la présomption de tentative, loin d’être véritablement la conquête du pouvoir d’Etat, serait plutôt le ras-le-bol d’anciens fidèles compagnons de Blaise Compaoré qui voulaient revendiquer leurs droits. Ceux qui suivent le procès ont dû remarquer par ailleurs le comportement suspect de certains militaires qui ont accès au tribunal avec leurs portables, et d’autres suivent les travaux à l’intérieur et font régulièrement le compte rendu à un témoin de taille.

Pendant que des leaders de partis politiques et des responsables d’organisations de masse sont proprement rudoyés et indésirables au procès, la gendarmerie a investi les lieux sous le prétexte fallacieux de veiller à la sécurité. Des agents de renseignements, infiltrés à la procédure, sont cités comme témoins. Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) aurait pu assurer cette sécurité du tribunal.

Seulement les démocrates et les patriotes de notre pays savent pourquoi et refusent de rentrer dans ce jeu. Ils exigent la vérité, la justice et toute la lumière dans cette affaire.

Un coup d’épée dans l’eau

C’est pourquoi nous, partis sankaristes que sont : la CPS, le FFS, le FPC, le PNP et l’UNIR/MS, félicitons les avocats de la défense pour leur action courageuse qui a consisté à protester énergiquement contre les dérives du procès dirigé par M. Sibila Franck Compaoré, qui a battu campagne pour son cousin Blaise Compaoré en 1998 et est, à ce titre, un adversaire politique de Norbert Tiendrébéogo et des hommes qu’il juge, sans avoir la pudeur de se récuser.

Le peuple et l’opinion auront aussi remarqué que ce juge, après un passage au ministère de la Justice, était à la Cour de cassation avant d’être nommé tout récemment à la tête des présentes assises pour naturellement servir la cause. Mais, comme nous l’affirmons dans notre précédente déclaration, c’est un coup d’épée dans l’eau et l’effet boomerang est en train d’éclabousser à nouveau tout le régime dont c’est véritablement le procès. En termes clairs, la pilule ne passe pas et la machination est en train d’échouer lamentablement. Plus intéressant, on commence à savoir qui a tué Norbert Zongo et pourquoi le limogeage du général Kouamé Lougué. Le peuple attend.

Camarades militantes, camarades militants, peuple du Burkina Faso, démocrates et patriotes épris de paix et de justice, ce procès est une occasion qui nous est donnée de redécouvrir, à l’instar du procès David Ouédraogo, la nature du régime et des hommes qui nous gouvernent. Restons mobilisés et vigilants pour suivre le procès jusqu’au bout. Mais, avec foi et détermination, ne nous laissons point divertir.

Tous unis et mobilisés, nous vaincrons !

Fait à Ouagadougou, le 12 avril 2004

Ont signé :

La CPS

Le président

Nongma Ernest Ouédraogo

Le FFS

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