Actualités :: Rood Woko : "La dictature comme mode de gouvernement"

La répression des commerçants Rood Woko suscité une levée
de boucliers de la part de nombreux pas d’opposition qui, dans
la déclaration ci-dessous, "tiennent le gouvernement et les
autorités municipales pour responsables de la dégradation
actuelle du climat social".

Le 27 mai 2003, le grand marché Rood Woko, poumon
économique du Burkina Faso, a été consumé dans un incendie
dont les causes immédiates sont ignorées de l’opinion qui
attend toujours que la lumière soit faite sur cette catastrophe. Il
est évident que cet incendie, dû principalement à la mauvaise
gestion et à l’anarchie clientéliste organisée dans des desseins
électoralistes par les autorités municipales, est venu aggraver le
marasme économique dans lequel est déjà plongé le Burkina
Faso.

Au moment des faits, le Maire Simon Compaoré, dans
des déclarations fracassantes, avait promis de prendre
rapidement des mesures pour refaire le marché et y réinstaller
les commerçants.
A cet effet, une commission de réorganisation du marché,
réunie dès le 27 mai 2003, a décidé de réaliser le recensement
de l’ensemble des commerçants du marché et l’identification
d’un site provisoire au secteur 19 pour les commerçants du
marché Rood Woko. En même temps, le Président du Faso
demandait l’ouverture d’une enquête sur les causes exactes de
l’incendie du marché.

Pendant que paradoxalement le gouvernement rejetait l’enquête
parlementaire initiée par le Groupe Parlementaire "Justice et
Démocratie", les autorités communales auraient bénéficié de
plus de deux (2) milliards de francs CFA pour aménager le site
"provisoire". Les commerçants auront ainsi droit aux promesses
tonitruantes du Maire Simon Compaoré de les recaser sur des
marchés existants et sur le site provisoire, en attendant la
réhabilitation de Rood Woko. Las d’attendre, et surtout flairant la
duperie, s’apercevant que le site du secteur 19 serait définitif,
les commerçants ont crié leur ras-le-bol. En toute
responsabilité, ils ont voulu, au nom de leurs droits
constitutionnels et de la liberté de réunion, se retrouver le 12
février 2004, sur leur lieu de travail à Rood Woko pour se
concerter.

Comme dans un guet-apens, les forces de sécurité laisseront
les commerçants se rassembler avant de donner l’assaut, sur
ordre du Maire. Le bilan de cette répression aveugle est lourd :
de nombreux blessés graves dont certains ont été amputés.
Ces événements causeront la stupeur, la désolation et
l’indignation dans la ville de Ouagadougou, où les commerçants
écoeurés s’en sont pris aux symboles de l’Etat et
particulièrement à ceux de la Commune de Ouagadougou,
causant d’importants dégâts matériels.

Les partis d’opposition expriment leur compassion et leur
soutien aux blessés et à leurs familles auxquels ils souhaitent
un prompt rétablissement, ainsi qu’aux syndicats de
commerçants. Ils dénoncent la brutalité aveugle qui a encore
caractérisé l’intervention des forces de sécurité contre des
hommes et des femmes qui réclamaient pacifiquement le
respect de leurs droits et de leurs intérêts.
Après avoir ordonné sans discernement aux forces de sécurité
"d’empêcher par tous les moyens" la réunion pacifique des
commerçants, le Maire Simon Compaoré a accusé sans
nuance les partis d’opposition d’être à l’origine de la
manifestation des commerçants et même de l’avoir financée.

De
nombreuses arrestations de commerçants et même d’un
responsable politique de parti en la personne de Monsieur
Louis Nama, Secrétaire National Adjoint à la Jeunesse de
l’UNDD, ont été opérées.
Face à cette situation, les partis politiques de l’opposition
soussignés, se sont retrouvés le 16 février 2004 pour analyser
la situation qui prévaut. Ils tiennent le gouvernement et les
autorités municipales pour responsables de la dégradation
actuelle du climat social. I

ls condamnent la déclaration
irresponsable et va-t-en-guerre du CDP publiée le 16 février, qui
invite ses militants à la "riposte" et à la violence. En criant pour la
énième fois au complot pour la déstabilisation du régime de
Blaise Compaoré, le CDP veut justifier des projets de
répression sur l’opposition politique traitée par lui "d’apatride".

C’est pourquoi les partis signataires de la présente déclaration
prennent l’opinion nationale et internationale à témoin des
manoeuvres orchestrées par le pouvoir pour museler ceux qui
osent lui porter la contradiction, particulièrement à l’approche
des échéances électorales qu’il redoute. Il en a toujours été
ainsi depuis le 15 octobre 1987. C’est ce qui explique
certainement pourquoi, depuis le 13 février 2004, on remarque
des miliciens qui se pavanent avec gourdins et casse-tête dans
les rues de Ouagadougou et qui cherchent certainement les
prétendus apatrides que le pouvoir en place veut trucider.

Cette attitude de provocation outrancière et d’irresponsabilité
rappelle celle vécue lors de la crise ivoirienne. En effet un certain
rassemblement à la manière de l’ivoirien Blé Goudé, dit
"Rassemblement de patriotes", appelait ni plus ni moins à la
répression des leaders de l’opposition, au motif qu’ils avaient
osé contredire le "Roi" Blaise Compaoré.

C’est pourquoi, les partis politiques de l’opposition, très
préoccupés par la situation délétère et le climat d’insécurité
aggravé, condamnent les agissements des caciques et des
excités du pouvoir qui ne croient qu’à la dictature et au fascisme
comme mode de gouvernement au Burkina Faso. Ils
condamnent les actes d’agression et de violence de quelque
nature que ce soit et appellent les protagonistes à plus de
retenue dans le souci du respect de l’intérêt supérieur de la
nation. Ils appellent à la vigilance face à la constitution de
milices pour semer le désordre et la désunion.

Les partis politiques de l’opposition, invitent le gouvernement, à
trouver des solutions aux problèmes concrets des commerçants
au lieu de recourir à la répression. Ils se réservent le droit de
prendre toute initiative en direction des autorités et des
commerçants pour s’enquérir des préoccupations et de
l’évolution de la situation.

Ouagadougou, le 16 février 2004

LES PARTIS POLITIQUES DE L’OPPOSITION

Convergence pour la Démocratie Sociale (CDS)
Convention Panafricaine Sankariste (CPS)
Front des Forces Sociales (FFS)
Front Patriotique pour le Changement (FPC)
Groupe des Démocrates Patriotes (GDP)
Opposition Burkinabé Unie (OBU)
Parti Africain de l’Indépendance (PAI)
Parti pour la Démocratie et le Progrès / Parti Socialistes
(PDP/PS)
Parti pour la Démocratie et le Socialisme (PDS)
Parti des Forces Indépendantes pour le Développement (PFID)
Parti National Républicain / Juste Voie (PNR/JV)
Rassemblement Des Ecologistes du Burkina (RDEB)
Union des Démocrates et Progressistes Indépendants (UDPI)
Union Nationale pour la Démocratie et le Développement
(UNDD)
Union pour la Renaissance / Mouvement Sankariste (UNIR/MS)

Pour les partis politiques de l’opposition

Ont signé :

Le Président de l’OBU, Emile P. PARE

Le Secrétaire Général du PAI, Philippe OUEDRAOGO

Le Président de l’UNDD, Hermann YAMEOGO

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