Actualités :: Rood Woko : Le maire rassure, "Rood Woko n’est pas vendu"

Le maire de la commune de Ouagadougou a rencontré la presse le 13 février 2004 à l’hôtel de ville pour apporter la lumière sur les tractations relatives à la réoccupation du marché Rood Woko une fois les travaux de réhabilitation terminés.

Cependant, le point saillant de cette conférence de presse a été relatif à l’assemblée générale du 12 février des commerçants et les événements qui en ont découlé.

La commune de Ouagadougou, selon Simon Compaoré, envisageait rencontrer la presse cette semaine. Mais les événements consécutifs à l’assemblée générale des commerçants du 12 février 2004 sur le site du marché central Rood Woko ont précipité la rencontre. Alors, le 13 février dans l’après-midi, face à la presse, Simon Compaoré a fait, dans sa déclaration liminaire, le point des différentes négociations que l’Etat et la commune ont eues avec les organisations de commerçants depuis la fermeture du marché. Mais le maire était le plus attendu sur la question des événements du 12 février 2004.

Assemblée générale non autorisée

En effet, à propos de l’assemblée générale controversée des commerçants de ce jour-là sur le site de Rood Woko, fermé suite à l’incendie du 27 mai 2003, M. Simon Compaoré signale que sur "initiative des autorités municipales, ayant été informées de probables tentatives de réoccupation du marché par les commerçants", une rencontre s’est tenue le 11 février courant à l’hôtel de ville. Une rencontre à laquelle ont effectivement pris part les représentants des commerçants. Ce fut l’occasion de signifier auxdits représentants "qu’aucune correspondance sollicitant un regroupement quelconque n’a été reçue par la commune".

Fort de ce constat, il leur a été rappelé la procédure qu’impose la loi en pareille circonstance tout rassemblement d’hommes sur des lieux publics pouvant être source de "dérapage". Car, a dit Simon Compaoré, "Rood Woko ayant subi les dégâts que l’on connaît, devient au terme des normes de sécurité, inapte à recevoir du public sans une évaluation conséquente de la résistance de l’édifice".

Néanmoins, le maire a conseillé à ses interlocuteurs de prendre attache avec son 2e adjoint afin de trouver un autre endroit pour la tenue de l’assemblée générale, de préférence un lieu fermé que garantit un minimum de sécurité.

Ce faisant, les représentants des commerçants confirmeront, toujours selon le maire, "n’avoir pas introduit une demande auprès des autorités communales à cet effet".

Et même, ils réaffirmeront leur intention de ne pas vouloir organiser une marche. Séance tenante, ceux-ci feront la promesse de prendre attache avec la commune. Mais, regrette le maire, "la réponse définitive fut le maintien de l’assemblée générale sur le site de Rood Woko".

Et la police intervint

L’Assemblée eut lieu. La marche également, puisque un groupe de manifestants "a pris le macadam", explique le maire. Sur place à Rood Woko ce 12 février au matin, la compagnie républicaine de sécurité (CRS) a rejoint les manifestants. En pareille circonstance, dira Simon Compaoré, la CRS entre en négociation avec les manifestants. Ce qu’elle a fait. Mais n’ayant pas pu raisonner leurs vis-à-vis, qui étaient "armés" aux dires du maire, la police, à leur corps défendant, les a chargés.

Est-ce que la police a laissé grossir la foule avant de charger ? C’est un sentiment qui avait animé certaines personnes. Cependant, pour Simon Compaoré : "Cela m’a fait pleurer dans mon cœur" que d’aucuns aient pu le laisser croire. Et il poursuit : "Ni les autorités communales, ni les policiers ne sont des assassins".

Au rang des commerçants, plusieurs blessés ont été recensés. "Tout en déplorant les effets regrettables des incidents, nous nous sommes déplacés le 12 février 2004 à l’hôpital Yalgado pour nous enquérir de l’état de santé des blessés et traduire notre compassion aux familles présentes", a ajouté le maire.

Ce qui trottait dans la tête des commerçants

Les velléités des commerçants d’investir la partie non incendiée de Rood Woko ont été alimentées par une rumeur qui a circulé, tendant à faire croire que le marché a été vendu à des opérateurs économiques, notamment des Libanais. "Il n’en est rien et il n’en sera pas ainsi, en tous les cas, pas sous mon mandat", s’est-il insurgé. Et comme une antienne, les commerçants, au cours des différentes négociations avec l’autorité communale, se sont demandés s’ils pourront réintégrer le site du marché. Ce que leur a toujours rassuré le maire, mais cela se fera avec de nouvelles conditions d’occupation opposables à tous, afin d’éviter un autre drame.

Les commerçants étaient d’autant plus convaincus de la perte à jamais du joyau Rood Woko quand ils ont remarqué que même la plaque sur laquelle est faite mention "Rood Woko" a été enlevée. "Il n’en est rien", a expliqué le 1er responsable de la commune : le panneau a été enlevé par inadvertance par des déposeurs commis par les propriétaires de la marque Nestlé qui avaient demandé à la commission de réorganisation du marché de disposer de leurs enseignes publicitaires.

C’est pourquoi, l’ayant remarqué, il leur a été demandé de les retourner. Ces panneaux n’étaient pas encore affichés au moment de l’A.G. des commerçants.

Des actes de vandalisme condamnables

Il y a eu beaucoup de casses. Le vendredi 13 février 2004, lendemain de l’A.G. dispersée, la ville de Ouagadougou a été livrée à des actes de vandalisme. Un bilan non exhaustif fait par la mairie fait état de la destruction de biens publics et privés. Mais pourquoi des agissements subites des commerçants ?

Le maire a sa version. Depuis plus d’un mois, des informations circulaient qu’il ne pouvait prendre pour argent comptant. Et persistantes, elles disaient que certaines organisations incitaient les commerçants à ne pas se laisser faire et par conséquent d’attaquer.

Il a une certitude que des commanditaires politiques sont impliqués dans ces événements, mais n’entend pas se "précipiter car tout vient à point nommé à qui sait attendre". Des manifestants ont été arrêtés aussi bien par la CRS que par la police municipale. Et des enquêtes s’ouvriront à cet effet. Des rumeurs ont ainsi mis en cause la communauté libanaise. L’’Etat par ses lois et règlements, saura prendre des dispositions pour parer à toute éventualité.

Parce que, tempère le maire, "ce que nous ne voulons pas qu’on fasse de nos compatriotes à l’étranger, nous ne devons pas le faire aux autres".

"Le site de l’hippodrome est bel et bien provisoire"

Le maire de la ville persiste et signe. Le nouveau site de l’hippodrome d’Hamdallaye est "provisoire". Il y est prévu l’érection des boutiques en matériaux définitifs. Cela s’explique par le fait que le site est marécageux et d’accès difficile, les voies étant non cabossables. Sa viabilisation a nécessité un milliard de francs CFA. Ce qui "n’empêche pas les commerçants de retourner à Rood Woko une fois les travaux terminés".

D’une capacité d’accueil de 2 604 exploitants, le grand marché en recevait plus de 5 200. Avec la réhabilitation, il va falloir recaser les "illégaux" ailleurs. Et Hamdallaye pourrait pallier cette situation.

Souleymane SAWADOGO


De nombreux dégâts à travers la ville

Le vendredi 13 février, les manifestants au rang desquels de nombreux jeunes, ont fait la pluie et le beau temps dans les rues de Ouagadougou.

Une équipe de Sidwaya a fait le déplacement au marché de Gounghin. A notre arrivée peu avant 13 heures, nous trouvâmes deux barrages érigés à l’aide de kiosques de la LONAB et de divers objets dont des cailloux. On n’eut pas le temps de mettre pied à terre qu’une pluie de pierres nous accueillit. Dans un élan digne des films d’action, le chauffeur fit une marche arrière spectaculaire sur deux cents mètres.

Des enfants nous prirent en chasse qui à pieds, qui à vélo. On s’en est sorti avec un pare-brise fissuré.

Vers 13h 30, deux véhicules de la CRS arrivèrent sur les lieux, pénétrèrent la zone de barrage (qui va du mur de l’Eglise des Assemblées de Dieu à la hauteur du marché de Gounghin vers la station d’essence) et se retirèrent. Pendant ce temps les jeunes ne laissaient passer que les engins à deux roues et quelques véhicules particuliers, surtout pas ceux de l’Etat aux plaques minéralogiques peints en rouge. Nous n’avons donc pas été les seuls à manœuvrer à la marche arrière. Beaucoup d’autres usagers de cette voie sont tombés dans ce piège.

Les feux tricolores jouxtant le marché de Gounghin ont tous été cassés. Peu après 14 heures, ce fut le tour du "snake car" qui est à quelques mètres des feux tricolores, côté Nord-Ouest du marché de subir la loi des manifestants qui, après avoir observé ce véhicule des heures durant, finirent par y mettre le feu. C’est après cet énième "trophée de guerre" que la police décida de disperser les jeunes.

Toute l’après midi de ce vendredi, la ville sera en ébullition. Des enfants se livreront à cœur joie à des actes de vandalisme, causant ainsi d’énormes dégâts : des magasins saccagés, des véhicules et kiosques brûlés, etc.


Le meeting à la Bourse du travail n’a pas eu lieu

Le samedi 14 février, les commerçants avaient programmé un meeting à la Bourse du travail à 9 h. En l’absence des représentants, rien n’a pu être décidé. Une rumeur y a couru tendant à dire que certains des responsables ont été arrêtés. On a surtout assisté à des regroupements sporadiques pour confirmer ou démentir de telles rumeurs. Et l’on se chahutait à qui mieux-mieux selon les humeurs de chacun. Jusqu’à ce que par une salve de tirs de gaz lacrymogène, la police intervint pour les disperser.

S.S

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