Actualités :: Rasmata Konfo : Vaincre le handicap pour se rendre utile à la nation

Rasmata Konfo, présidente de l’association « La perche de l’inclusion », a été victime de la poliomyélite à l’âge de deux mois. Abandonnée par son père et élevée par sa mère, elle a dû lutter contre la pauvreté et les préjugés pour accéder à l’éducation. Malgré l’abandon de ses études en classe de 3e, elle a persévéré pour servir sa nation. Aujourd’hui, paralysée du pied gauche, Rasmata milite pour les droits des personnes handicapées.

C’est à l’âge de deux mois que Rasmata Konfo a contracté la poliomyélite, une maladie qui a paralysé, à l’époque, tous ses membres. Sa mère, abandonnée par son époux, a dû affronter de nombreuses difficultés pour l’élever. Souvent sans abri, elles vivaient sous un neemier, même pendant la saison des pluies et survivaient grâce à la mendicité.

« Pour avoir à manger, ma mère était obligée de faire du porte à porte pour demander le restant de nourriture des gens pour me nourrir. Elle était même considérée comme une sorcière parce qu’elle n’avait pas les moyens pour se laver les habits, pour se doucher donc elle était tout le temps sale. Pour m’emmener faire des soins, elle marchait jusqu’à perdre ses chaussures. A cause de mon handicap et au rejet de mon père, je porte le nom de famille de ma mère », a-t-elle expliqué.
Bien qu’elle ait eu une enfance difficile, Rasmata Konfo a commencé sa scolarité à l’âge de sept ans à l’école de Wodogo A où elle a obtenu son Certificat d’études primaires en 1992. Cependant, poursuivre ses études s’est révélé impossible en raison de son handicap et de l’absence de soutien pour ses trajets quotidiens. Elle fut donc contrainte à abandonner ses études en classe de 3e.

« Après l’obtention de mon CEP, j’ai continué jusqu’à la classe de 3e. Ce n’était pas facile pour moi de quitter Tampouy pour le lycée Songtaba avec mon état de handicap car je n’ai pas eu quelqu’un pour m’amener chaque matin et soir. Du CP1 jusqu’au CM1, c’était ma mère qui me portait au dos pour m’amener le matin et revenait me chercher le soir. Elle s’est beaucoup sacrifiée pour moi. Mais vu la nouvelle distance que je devais effectuer, elle ne pouvait plus me porter donc j’étais obligée d’abandonner la classe de 3e », a confié dame Konfo.

Malgré ces difficultés, Rasmata a décidé de se rendre utile à sa nation. Après avoir interrompu ses études, elle a exploré divers métiers tels que la soudure, la peinture et la couture avant de rejoindre le Service national de développement (SND) à Ouahigouya, où elle a servi comme secrétaire et bibliothécaire.

Après avoir servi son pays durant une année à Ouahigouya, la présidente de l’association revient à Ouagadougou. Déterminée à se former, elle a financé une formation en informatique en faisant la lessive des voisins. Grâce à la formation, elle a pu avoir des stages dans des structures telles que Handicap solidaire du Burkina ainsi que l’Union nationale des agents de santé handicapés du Burkina.

Un mariage éprouvant

Rasmata a également affronté des difficultés dans sa vie matrimoniale. Son mariage a été une épreuve, marquée par l’humiliation et le rejet de sa belle-famille. « A chaque fois qu’il y avait des cérémonies dans la belle-famille, j’entendais toujours des phrases comme : lui aussi il est allé chercher celle-là qu’est-ce qu’elle peut t’apporter ? Peut-elle t’apporter de l’eau dans la douche ? Et chacun me le disait au milieu des gens. J’étais vraiment touchée et peinée car à chaque fois qu’on me rappelait mon handicap, c’est comme si je n’étais pas une femme comme les autres. Je ne voulais pas quitter mon foyer mais à la longue j’ai dû le quitter. Mon mari m’a aimé mais par la suite, il a fini par me porter la main et j’en ai gardé des cicatrices », relate-elle.
Après finalement quatre ans de mariage et deux enfants, Dame Konfo a dû quitter un foyer devenu invivable.

Une lutte pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

Aujourd’hui, Rasmata milite activement pour les droits des personnes handicapées et insiste sur l’importance de l’acceptation de soi et de l’affirmation.
« Il faut s’accepter et s’affirmer et se dire que le handicap n’est pas une fatalité. Le handicap n’est pas un frein en soin. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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