Actualités :: Présidentielle de 2005 : Blaise Compaoré comme programme politique de (...)

A vingt mois de l’élection présidentielle de 2005, aucun observateur ou analyste de l’échiquier politique national ne peut reprocher pour une fois, à l’opposition burkinabè de ne pas disposer d’un programme politique audacieux à défendre et à proposer aux Burkinabè.

Conçu dans les hautes sphères et autres états-majors, de l’opposition, ce programme politique se décline en un prénom et un nom : Blaise Compaoré. C’est plus qu’un programme ! La forme est connue et le contenu se résume en une seule phrase : "Blaise Compaoré doit s’abstenir de la présidentielle de 2005".

Qu’un homme, fût-il président de la République puisse constituer un programme politique, il y a là tout un hymme au défaitisme. L’opposition burkinabè est en panne. En panne d’idées novatrices et de stratégie conquérante. Le centre d’intérêt qui devait être le Burkina se traduit en une peur bleue d’un probable candidat. Ainsi, l’opposition burkinabè a perdu la bataille électorale avant même de l’avoir engagée.

Les "empêchements absolus" que d’aucuns égrènent traduisent un manque d’audace et une résignation. Pour que Blaise Compaoré ne soit pas candidat à sa propre succession, il n’y a qu’une seule et unique manière de l’en empêcher : le putsch. Cette solution reste le véritable "empêchement absolu" . Et ce n’est pas faute d’avoir essayé ce scénario du putschisme comme la voie du "tékré". Désormais, l’on appréhende mieux le profil bas de certains acteurs politiques face à l’annonce de la tentative de putsch déjouée.

Ceux qui s’étaient donné rapidement un destin national parce qu’ils ont poussé l’opportunisme en rencontrant des présidents africains qui les ont "arrosés" , ont perdu leurs repères. Le faux débat que l’opposition tente d’imposer au peuple burkinabè est un piège qui se referme sur ses initiateurs. Elle tente de privillégier la solution politique à celle judiciaire.

Que cache un tel choix ? La bataille juridique étant perdue d’avance, car rien, ni constitutionnellement, ni juridiquement, ne s’oppose à la candidature de Blaise Compaoré, les opposants ont choisi les médias pour entretenir une polémique stérile. S’ils sont si confiants en leurs argumentations juridiques, pourquoi ne saisissent-ils pas la Cour constitutionnelle alors qu’un tiers des députés peut ester en justice ?

Pourtant l’opposition radicale compte plus d’un tiers des députés à l’ Assemblée nationale. Cette solution permet en toute évidence, de faire l’économie des palabres inutiles et à l’avantage de ranger les épouventails dans les placards. L’opposition veut ruser avec le peuple en optant pour la solution politique. C’est ainsi que la bataille révèle toute sa signification.

L’autre faiblesse de l’offensive de l’opposition burkinabè réside dans le fait qu’elle veut forcer la porte du parti majoritaire (CDP) et y dénicher des " présidentiables ’’. Cette maladresse tactique au lieu de fragiliser l’adversaire comme elle l’espérait, suscite la cohésion qui se manifeste par une union sacrée. Sur toute la ligne, la stratégie de l’opposition repose sur des tentatives vaines de fragiliser l’adversaire politique.

Ce combat d’arrière-garde ne saurait donner des résultats tangibles dans la course au pouvoir. En exigeant avec frénésie et sans trop y voir réellement "l’abstension’’ de Blaise Compaoré, l’opposition hisse le candidat potentiel du parti majoritaire sur un piédestral inacessible par ses propres candidats. Ainsi, elle a tué dans l’œuf tout l’intérêt de l’élection présidentielle de 2005.

Blaise Compaoré est placé au-dessus de la melée et devient de fait, le favori avec une légitimité populaire renforcée par la légalité constitutionnelle. Monsieur Blaise Compaoré, l’opposition burkinabè travaille pour vous ! En pareil cas, dans le respect des valeurs ancestrales de notre peuple et en guise de reconnaissance, vous ne pouvez que lui dire merci !

Merci de l’intérêt suprême qu’elle vous porte !

Alors, messieurs les opposants, changez le fusil d’épaule pour redonner à la précampagne électorale toute sa saveur démocratique et du coup, à l’élection présidenteille de 2005, toute sa compétitivité républicaine.

Par Michel Ouédraogo
Sidwaya

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