Actualités :: Financement de l’entrepreneuriat au Burkina : Les jeunes vivant en milieu (...)

Face au chômage qui prend de l’ampleur au Burkina Faso, les autorités burkinabè ont mis en place plusieurs dispositifs publics de financement et d’accompagnement des personnes en quête d’emploi. C’est ainsi qu’a été notamment créé le Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ) pour réduire le taux de chômage en encourageant la jeunesse à l’entrepreneuriat. Cependant, l’inégal répartition des fonds destinés à absorber le taux de chômage dans le pays des hommes intègres pose problème. Et c’est ce que démontre Larba Pilga, à travers la thématique : « Viabilité des dispositifs publics de financement de l’entrepreneuriat des jeunes au Burkina Faso, mythe ou réalité ? ». Directeur de la jeunesse et de l’éducation permanente, au ministère en charge des sports et de l’emploi, Larba Pilga est intervenu au cours de la conférence publique organisée par l’université Thomas Sankara dans ses locaux, le mercredi 7 juin 2023.

« Ni la fonction publique, ni le secteur privé ne peuvent absorber tous les demandeurs d’emploi, titulaires de diplômes ». C’est ce qu’affirme Larba Pilga, dans l’introduction de sa communication intitulé « Viabilité des dispositifs publics de financement de l’entrepreneuriat des jeunes au Burkina Faso, mythe ou réalité ? ». Avec chiffres à l’appui, M. Pilga explique qu’en 2022, pour 6 069 postes à pourvoir au niveau de la fonction publique, ce sont 2 106 962 candidats détenteurs de diplômes qui ont été enregistrés.

Qu’en est-il alors des non diplômés, s’interroge le directeur de la jeunesse. Il révèle qu’au Burkina Faso, seulement 51,8% des hommes en âge de travailler et 35,2% des femmes dans la même situation sont occupés. Le taux d’occupation le plus faible lui, est enregistré dans la région du Sahel avec 22,8% tandis que celui le plus élevé est enregistré dans le Sud-ouest avec 53,2%.

Ces statistiques extraits du dernier (5e) recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) du Burkina Faso, montrent ainsi qu’il y a nécessité selon le conférencier, de promouvoir l’entreprenariat des jeunes. Si l’État a en effet, consenti des efforts dans ce sens, en mettant à la disposition des populations plusieurs dispositifs de financement de leurs initiatives, force est de constater que ces fonds sont inégalement répartis dans l’espace du pays, fait-il remarquer.

Inégalité des répartitions des fonds dans l’espace

Pour étayer ses propos, Larba Pilga présente les chiffres de financement du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ) entre 2020 et 2021. Ainsi, il est enregistré entre autres pendant cette période, 361 initiatives financées dans la région du Centre, 172 dans les Hauts-Bassins, 43 dans le Centre-nord, 31 dans le Nord, 22 dans le Sahel et 5 initiatives financées dans l’Est.

Ces données viennent corroborer la thèse de M. Pilga selon laquelle, les dispositifs publics de financement bénéficient principalement aux jeunes vivant dans les centres urbains au détriment de ceux installés en milieu rural. Des insuffisances des fonds initiés pour soutenir les personnes désirant entreprendre, le directeur de la jeunesse relève un problème de recouvrement des crédits octroyés. Cela, du fait du nombre réduit des agents devant assurer le suivi des bénéficiaires. Ces difficultés s’illustrent par les sommes non encore payés des souscripteurs aux différents fonds suivants.

Statistiques de financement de l’entrepreneuriat des jeunes entre 2020 et 2021

Difficultés de recouvrement

Il s’agit ainsi, pour le Fonds d’appui au secteur informel (FASI), d’un montant de plus cinq milliards de francs CFA à recouvrer du fait du non-paiement des crédits octroyés à 19 184 promoteurs d’entreprises arrivé à échéance. Dans le même contexte, plus de quatre milliards de francs CFA sont à recouvrer pour le Fonds d’appui à la petite entreprise (FAPE), après le financement de 2 955 promoteurs. À cela, s’ajoutent plus de cinq milliards de francs CFA qui sont également à recouvrer pour le compte du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ), à l’issue de l’accompagnement de 8 488 jeunes.

Au regard de toutes ces insuffisances recensées dans l’attribution des fonds destinés à réduire considérablement le taux de chômage au Burkina Faso, Larba Pilga déduit que les dispositifs publics de financement de l’entrepreneuriat des jeunes ne sont pas viables. Il recommande de ce fait, une réforme des fonds en vue de les rendre plus viables et les adapter aux besoins des jeunes.

Pour rappel, le Fonds d’appui au secteur informel (FASI) a pour mission de promouvoir l’auto emploi dans le secteur informel, de lutter contre le chômage, le sous-emploi et la pauvreté.

Ses domaines d’intervention sont l’agropastoral, l’artisanat, le commerce et les prestations de services.

Le Fonds d’appui aux initiatives des Jeunes (FALJ), quant à lui, a pour mission de réduire la pauvreté, le chômage, le sous-emploi des jeunes en milieux urbain et rural. Il a aussi pour but de contribuer à la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de jeunesse à travers le financement des promoteurs jeunes formés en entrepreneuriat. Son public cible constitue les jeunes scolarisés ou non, âgés de 18 à 35 ans et formés en entrepreneuriat.

Lire aussi : Burkina/Entrepreneuriat : « Le crédit n’est pas la solution miracle à tous les problèmes des entrepreneurs », Pr Florent Song-Naba

Hamed NANEMA
Lefaso.net

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