Actualités :: Coup d’État du 30 septembre 2022 : « Les FDS ont l’obligation de s’entendre sur (...)

Dans cette déclaration en date du 3 octobre 2022, le Faso autrement salue le dénouement heureux et pacifique de cette "dangereuse" crise interne au MPSR. Pour le parti de Ablassé Ouédraogo, les FDS ont l’obligation de s’entendre sur l’essentiel.

DECLARATION DU PARTI LE FASO AUTREMENT SUR LA SITUATION NATIONALE

Le vendredi 30 septembre 2022, Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso s’est réveillée dans la peur et la tension des tirs nourris d’un groupe de militaires en provenance de plusieurs endroits. Et ce, au moment où le traumatisme du carnage de Gaskindé, le 25 septembre 2022, était encore entier dans l’esprit des Burkinabè.
Ce qui s’apparentait à première vue à une mutinerie, a paralysé le pays toute la journée, illustrant l’existence des divisions au sein de notre dernier rempart national : Nos Forces de Défense et de Sécurité.

Cet événement malheureux nous conduit à penser que notre armée nationale manque d’unité et de cohésion pour pouvoir combattre avec efficacité et succès afin de venir à bout des terroristes qui contrôlent déjà plus de la moitié de notre territoire national.

Face à cette situation intolérable et inacceptable pour un pays comme le nôtre qui est en guerre et a besoin d’une armée républicaine forte et soudée, nous appelons toutes les unités de cette composante de notre société à s’inscrire sans atermoiements dans la logique de la véritable réconciliation nationale et de la sauvegarde des intérêts sacrés de notre pays.

Les Forces de défense et de sécurité ont l’obligation de s’entendre sur l’essentiel dans la fraternité d’armes, dans l’union et la cohésion pour faire face à l’ennemi commun, le terrorisme, et ainsi défendre la Patrie. C’est leur responsabilité régalienne.

Dans cette optique, nous saluons le dénouement heureux et pacifique de cette dangereuse crise interne au MPSR qui a permis d’éviter à notre pays un bain de sang qui aurait pu être provoqué par ceux censés pourtant nous protéger.
Nous félicitons les protagonistes de cette récente crise pour l’esprit de fraternité et de patriotisme dont ils ont fait montre, permettant ainsi de surpasser leurs divergences et privilégier l’essentiel.

Nous rendons un vibrant hommage à la médiation réussie des autorités coutumières et religieuses. Cette démarche témoigne des valeurs dont regorge toujours le Burkina Faso, qu’il faut travailler à préserver et à promouvoir, particulièrement dans cette période périlleuse pour notre Nation.

Depuis le 24 janvier 2022, le Burkina Faso s’est installé dans une Transition imposée par le changement anticonstitutionnel dont la justification communément acceptée est prioritairement la restauration de la sécurité, la reconquête de l’intégralité du territoire national, le retour des personnes déplacées internes dans leurs localités d’origine, et bien-sûr, le retour à l’ordre constitutionnel normal avec l’organisation d’élections justes, équitables et transparentes dans des conditions garantissant un minimum de sécurité.

C’est dans cette perspective que nous n’avons pas arrêté de demander au gouvernement du Lieutenant-Colonel Sandaogo Paul Henri Damiba de recadrer, de recentrer la Transition sur ses objectifs initiaux. Et pour que la Transition soit un succès, nous n’avons de cesse appelé les Burkinabè à l’unisson pour la soutenir.
Au-delà de toute autre considération, ayons tous à l’esprit que nous ne pourrons nous en sortir que dans l’union face aux forces du mal.

Plus qu’un problème d’hommes, c’est encore une fois la question de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale qui est ici posée. Nous n’avons pas le choix, il faut plus que jamais renforcer l’unité des Burkinabè.

Tout autre choix, qui entraîne le Burkina Faso et son armée dans la division et la haine feront le bonheur de ses ennemis et compromettra la reconquête de l’entièreté du territoire national, donc de son existence même.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel au Capitaine Ibrahim Traoré et à l’ensemble du MPSR, à travailler pour renforcer la cohésion et la solidarité au sein des Forces de Défense et de Sécurité en vue de restaurer la sécurité et l’intégralité du territoire national et à poursuivre l’œuvre de réconciliation nationale.

C’est tous, ensemble, que nous allons pouvoir mettre définitivement hors d’état de nuire notre ennemi commun qu’est le terrorisme sous toutes ses formes. Pour ce faire, la chasse aux sorcières, l’exclusion et l’injustice ne feront que fracturer le pays et l’exposer à des risques certains d’effondrement.

Aussi, convient-il dès à présent de réfléchir au format des assises nationales envisagées pour qu’elles ne soient pas une foire d’empoignes ou prises en otage par des individus ou des groupes d’individus, professionnels dans les intrigues au profit d’intérêts personnels égoïstes et partisans au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation.

Nous invitons l’ensemble des Burkinabè à ne jamais perdre de vue que nous ne devons pas trop nous écarter les uns des autres, il faut avancer ensemble, quels que soient les défis et difficultés. L’heure est plus que grave, nous devons tous nous surpasser pour être au rendez-vous afin de sauver la patrie en péril.
Dieu aime le Burkina Faso.

« Rien n’arrête une idée arrivée à son heure »

Dr Ablassé OUEDRAOGO
Commandeur de l’Ordre National

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