Actualités :: Burkina : Entre électoralisme et coups d’Etat ou l’alternance de la (...)

Il faut renvoyer les militaires aux fonctions et aux missions pour lesquelles leur corps devrait se vouer, à savoir : défendre le territoire national, protéger la vie des citoyens et écarter de toute gestion de la chose publique la classe oligarchique, toutes tendances confondues. C’est la conviction de Didier Ouédraogo et Ardiouma Sirima qui s’en expliquent dans la tribune ci-dessous.

Les rendez-vous de l’histoire nationale du Burkina Faso entre le peuple et ses dirigeants offrent l’image d’un éternel recommencement. Un départ qui pourrait s’assimiler au vrai-faux départ du Mogho-Naaba. Loin d’un tel symbole, l’éternel départ pour la démocratie au Burkina Faso est devenu véritablement un drame politique et humain depuis plusieurs décennies. Ainsi les cycles électoraux vont et viennent, ouvrant ou clôturant la saison des coups d’Etat, à la manière d’une course de relais, dont le but se serait dévoyé dès le point de départ.

Le coup d’Etat du 24 janvier 2022 par une portion de l’armée burkinabè, l’avènement du MPSR et la Transition qui ont suivi, ouvrent une énième période d’exception, qui doit être propice à une analyse critique du processus démocratique dans notre pays. Si le Burkina Faso a mal en sa démocratie, de quoi s’agit-il exactement ? Quelles sont les causes et quels sont les facteurs qui alimentent ce mal-être démocratique, qui tend à s’ériger comme loi de notre histoire nationale ? Quelles perspectives envisager pour entamer enfin l’édification d’un régime authentiquement démocratique ?

Une démocratie sous influence extérieure, aux antipodes du bien-être du peuple

Le Burkina Faso, comme la plupart des pays du pré-carré français, a embouché le clairon du multipartisme, à l’issue du discours du président François Mitterrand, lors du sommet France-Afrique de la Baule (20 juin 1990, dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France). Ce moment historique a donné lieu à la naissance du « multipartisme » dans cet espace. La course au pouvoir pour la gestion des institutions fut ouverte. Les jeux électoraux ont ainsi inauguré la nouvelle ère de la « démocratie à l’africaine ».

Toutefois, dans notre histoire nationale, le jeu électoral, très ouvert sous l’ère de la Troisième République (qui rendit possible la mise en ballotage du président-candidat), est une séquence politique exceptionnelle à souligner. Sous l’emprise de cette injonction de la Baule, notre pays referma cette parenthèse démocratique et se plia à ses obligations envers la France et sa sphère d’influence : le pouvoir politique devait se parer de ses atours démocratiques pour être à même de sauvegarder et perpétuer l’Etat néocolonial et son ordre : passage obligé pour mériter le bénéfice de l’aide au développement, puisque les conditions de stabilité seraient ainsi remplies.

Cette « camisole démocratique bauloise » permit aux dignitaires du pouvoir néocolonial de conjurer provisoirement les turbulences dues à la répétition des coups d’Etat successifs du 25 novembre 1980, du 07 novembre 1982, du 04 août 1983 et du 15 octobre 1987. Ainsi, en lieu et place de cette succession des pouvoirs militaires, des élections « libres et transparentes » dont les conditions de réalisation sont désormais gravées dans une Constitution (celle de 1991), et dans différentes lois organiques et décrets, furent organisées.

L’inauguration de cette période par Blaise Compaoré portait déjà ses propres limites démocratiques. Pour preuve, les premières élections se heurtèrent au refus des partis dits de l’opposition de l’époque, de participer au scrutin, arguant de l’absence d’une conférence nationale, érigée comme préalable à la course électoraliste. Premier scrutin, un seul candidat. Notre pays, en même temps qu’il semblait répondre aux injonctions du maître Français, mettait en place une forme hégémonique du pouvoir, qui ne disait pas son nom. L’avènement du CDP en 1995, par absorption d’une dizaine de partis politiques se réclamant de la social- démocratie, dessinait le nouveau paysage politique qui devait consacrer la « fabrique de partis politiques » ; véritables instruments dont se dotaient tous azimuts les protagonistes à la gestion de la chose publique. Au bout de quelques années, les échéances électorales offraient le spectacle d’une pléthore de partis politiques, sur la scène politique.

Dotées de promesses de campagnes propres à faire diversion sur les nombreuses et légitimes attentes du peuple, les conquêtes successives n’ont eu de cesse de construire patiemment et sûrement une classe de professionnels du politique qui, très rapidement, feront leur mue en professionnels de la manipulation électorale. Une classe politique qui, au fur et à mesure de son expérience, construisit ses consensus et ses connivences avec toutes les parties prenantes d’une conception oligarchique de la gestion d’un sous-développement de la démocratie. Cette partie politicienne de l’élite burkinabè s’est préoccupée de réunir tous les moyens financiers et humains nécessaires à son accession et son maintien au pouvoir. Ainsi fut scellée l’alliance entre une classe politique et le monde des affaires, se constituant en une classe politico-économique toute puissante.

Par conséquent, à partir de l’ère Compaoré, la mainmise de cette élite oligarchique sur toutes les sphères de la vie publique en général, l’administration, l’économie en particulier, fut sans quartier. L’homme d’affaire et l’homme politique se trouvèrent être le même (fusion-confusion). Ils firent alliance pour accéder au pouvoir et confisquer la démocratie balbutiante pour servir leurs intérêts. Dès lors, toutes les méthodes et les moyens (privés et publics) pour y accéder et le conserver étaient permis et devenaient la norme de comportement des candidats.

La fabrique d’une démocratie en trompe l’œil

La fabrique de la démocratie dans notre pays venait de franchir toutes les étapes de sa propre créativité avec les caractéristiques essentielles suivantes :

-  Manufacturée à partir de l’injonction de la Conférence de la Baule, peu importait qu’on s’intéressât aux vertus et effets démocratiques du processus (transparence, avancées /progrès économiques, politiques, sociales, protection et renforcement des libertés démocratiques, etc. ;). Un simple simulacre devait suffire aux attentes des commanditaires comme des exécutants. Alors fut inaugurée cette démocratie électoraliste, présentée comme l’entrée dans la modernité de notre pays et le levier de son développement.

-  La compétition des partis politiques fut encadrée par des lois du même genre, taillées sur mesure et au profit des gestionnaires de la nouvelle donne. Objets d’âpres discussions et d’arbitrages entre de vrais-faux protagonistes à la veille de chaque scrutin, les règles électorales (la loi électorale) se sont souvent soldées par un consensus. En réalité elles dévoyaient les principes démocratiques mêmes qu’elles étaient censées garantir (transparence du scrutin, un citoyen = une voix, découpage électoral cohérent, révision et actualisation de la liste électorale, effectivité du droit civique et politique de la diaspora, etc.). Fort tardivement, dans une dose et une gestion scabreuse bien maîtrisées, les électoralistes finirent par intégrer dans leur jeu le droit civique et politique de la Diaspora, un droit légitime longtemps réclamé à juste raison par ses bénéficiaires.

Ce tableau de mercantilisme politique laisse apparaître l’ensemble du processus électoral comme une vulgaire marchandise, livré à la loi de l’offre et de la demande électoraliste, dans une logique totalement décomplexée d’un libéralisme électoral. En effet, les « offres » d’une pléthore de partis et de groupuscules politiques, adossés à des OSC de circonstance, des divers groupuscules opportunistes, rivalisent d’adresse, de supercherie et de surenchère dans la marchandisation des voix. A chaque scrutin, le marché de l’offre politique prend des points sur l’indice de l’inflation de la corruption électorale.

Outre cette corruption qui exploite la pauvreté des larges couches sociales, le système néolibéral dans lequel s’est installé d’emblée le processus électoral a pris en otage le débat d’idées, de projets de société et la délibération citoyenne. La rentabilité financière et immédiate du vote, comme un banal placement en bourse, l’achat des voix par des espèces sonnantes et trébuchantes, en nature ou bien matériels (rétribution de luxe ou denrées de première nécessité faisant diversion sur la pauvreté et la faim entretenues par toutes sortes de mécanismes) ont dévoyé toutes les vertus du processus. Pour parfaire ce tableau de l’arrière scène du « libre-échange électoraliste », des chefs coutumiers, des responsables d’OSC, véritables rabatteurs et trafiquants de voix, se transforment en avant-garde et en garde-chiourmes de l’oligarchie politique-économique.

Au vu de ce qui précède, à chaque échéance électorale, la chaine de commande de la fabrique de la démocratie fait grimper le thermomètre de la corruption. Notre génie à inventer la machine à tricher a acquis en quelques décennies ses lettres de noblesse, au point de recevoir la reconnaissance nationale et internationale : face à un processus démocratique mort-né, les observateurs sont unanimes pour dire que la démocratie a triomphé lors de ces scrutins battant les records de la fraude. La transformation de l’électoralisme en système de prédation politique et économique, faisant voler toutes les promesses électorales, et renforçant la domination néocoloniale avec une complicité des « apprentis de la démocratie » devra être considérée comme un vénéneux parasite dont on devra se débarrasser. Mais la classe politique burkinabè alla plus vite et plus loin que ses « maîtres en démocratie ».

La financiarisation et la corruption qui accompagnent les élections n’ont jamais inquiété la communauté dite internationale sur la sincérité des scrutins. Bien au contraire, parce que cette même communauté finance aussi cette manipulation électorale, il est alors logique qu’elle attende le retour sur investissement. En créant ainsi les conditions de sa « victoire de la démocratie » la classe politico-économique dans notre pays garantit la continuité de l’exploitation, de sa soumission aux diktats de cette communauté. Cette complicité dans le mensonge, l’hypocrisie et le vol à l’intérieur et à l’extérieur du Burkina Faso retardent l’avènement d’une démocratique véritable qui, en son essence, est populaire.

L’avalanche de félicitations de chefs d’Etat et d’institutions internationales au vainqueur de cette compétition contre le peuple sonne dans l’oreille des démocrates comme la répétition de la trahison de toute une classe, depuis près de six décennies. Les profits gigantesques tirés de ces manipulations des processus électoraux, aidées en cela par les puissances intérieures et les réseaux d’influences extérieurs, garantissent la main mise au plan politique, économique et culturel du pays, en favorisant l’émergence et l’implantation d’une véritable caste de parvenus politico-oligarchiques, chargées de la gestion de la pseudo-démocratie (démocratie de pacotille) et du sous-développement endémique (véritable modèle pour les pays du pré carré français sous domination).

L’espace politique est par conséquent sous séquestre. L’Etat et les institutions, instrumentalisés à cet effet, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, ne remplissant plus les missions qui leur sont dévolues. Ce faisant l’histoire politique de ces presque quarante dernières années se conjugue avec une incapacité à affronter les défis essentiels de la société, une falsification du processus démocratique, un approfondissement du sous-développement et la domination continue du pays.

Se convaincre et convaincre de la nécessité d’une rupture avec l’ordre néocolonial, nourri et entretenu par l’électoralisme et le putschisme

Face à ces échecs récurrents, certains esprits habiles, en parfaits manœuvriers politiques, ne tariront pas de critiques condescendantes selon lesquelles l’Afrique ne serait pas faite pour la démocratie. Une telle opinion valide en creux ces alternances du recul, entre coups d’Etat et démocratie électoraliste, en leur attribuant souvent des vertus taillées à la mesure des intérêts de la classe politique au pouvoir. Et pourtant, toutes les preuves sont faites de leur caractère délétère, obstruant le chemin pour une démocratie véritable et pour le développement.

Pour pallier ces échecs récurrents, l’invocation de « valeurs africaines à la démocratie originelle » constituerait notre spécificité et nous permettrait d’échapper à la contagion d’une démocratie étrangère, exogène, n’ayant pas de prise sur nos réalités. En réalité, une démocratie à l’aune des valeurs africaines ne saurait s’élaborer sans un certain toilettage de celles-ci, puisqu’elles ont aussi subi certains effets des alluvions de la modernité, comme le délitement des liens sociaux, des idées de solidarité, ou encore des valeurs d’honneur et de dignité.

Les coups d’Etat, par leur récurrence, surviennent comme des forces légitimistes de correction des dérives démocratiques. La prise du pouvoir par les armes semble inscrire dans la conscience collective l’idée selon laquelle la force militaire, à un moment donné, serait la solution salvatrice au regard des maux qui obstruent notre avenir. L’imaginaire collectif au sujet de l’ordre, préférable au désordre, lui accorde, chaque fois qu’il se produit, un certain crédit au départ. Il nourrit régulièrement à l’endroit des rectificateurs du démocratisme en échec un certain espoir.

Cependant, le regard critique nous impose d’emblée une première réserve : comment peut-on comparer et faire un choix entre deux situations qui sont elles-mêmes des échecs avérés (méthodes, processus et résultats). La construction presque jamais commencée de la démocratie constitue l’antichambre de la corruption, du clientélisme et de la mauvaise-gouvernance, avec pour résultante logique la stagnation, voire le recul de la construction d’un Etat de droit et celui de la promesse d’un réel développement.

Mimétismes électoraux, ils ont conduit à la faillite de l’Etat. Inspirés faussement par les coups d’Etat, la construction d’une nation démocratique butte sur ses bases et reste toujours sujette aux dérives autocratiques, à la génération d’une caste militaro-oligarchique, à la gestion du pouvoir par une caste de prédateurs en cravates ou en treillis. Ce tableau tragique de notre histoire nous éclaire suffisamment sur une certaine lucidité, définitive et active. Elle passe d’abord par le rejet de tous ceux qui, presque quarante décennies durant, ont su tourner leurs vestes, vendu des illusions au peuple et conduit le pays à la faillite et leur propre entreprise politique au succès. Le spectacle auquel le peuple a toujours droit, consiste à lui faire des promesses qu’elle est en droit d’attendre, et à rebattre les cartes avec la même classe et en passant par perte et profit tous les engagements pris.

Sortir des fausses alternatives
Accélérer le processus de rupture avec l’ordre néocolonial

Le point de départ de cette accélération concerne en premier lieu notre regard sur nous-mêmes. Le spectacle que nous ont livré les acteurs de l’alternance (la classe politique aux affaires depuis presque quarante ans, et les forces armées qui leur sont liées et les relaient à chaque coup d’Etat, en troquant parfois le treillis contre le veston et la cravate), n’a jamais été autre chose qu’une vraie tartufferie. Les promesses se sont toujours vite muées en oubli, désinvolture, et trahison. Le temps d’un sursis scandant des « attendons de voir », « voyez dans quel état ils ont trouvé le pays » « donnons-leur un peu de temps », « un peu de patience » passe très vite en méfiance, défiance, déception. Comme un rituel dont il faut se souvenir, on plaide le changement. Se présentant les uns les autres comme la dernière bouée de sauvetage, l’abus de confiance du peuple demeure leur trophée de départ, un trophée sans chasse. Et pourtant, l’amélioration des conditions de vies, de notre système de santé, de l’éducation, de celle des conditions de vie de la jeunesse, entre autres urgences, reste irrémédiablement chevillée aux mêmes pesanteurs. Rien, ou presque à l’horizon des promesses, d’où qu’elles viennent.

Par conséquent, devant nous, deux impératifs, inconditionnels :

- renvoyer les militaires aux fonctions et aux missions pour lesquelles leur corps devrait se vouer, à savoir : défendre le territoire national, protéger la vie des citoyens (ainsi que de tous les résidents) et de leurs biens, tant individuels que collectifs ;

- écarter de toute gestion de la chose publique la classe oligarchique, toutes tendances confondues, peu ou prou impliquée dans cette gestion, par souci même de salut public et de salubrité politique. La responsabilité que porte cette classe politique dans la faillite de l’Etat, sur le recul démocratique et le sous-développement endémique du pays ne saurait faire l’objet d’une quelconque mansuétude. Aucune diversion politique saupoudrée à la sauce indigeste d’une prétendue réconciliation nationale ne saurait relégitimer cette caste de prédateurs. Les classes populaires ont perdu toutes raisons de croire en cette partie de l’élite. Bas les masques pour tous ces acteurs, premiers responsables de l’état désastreux du Burkina Faso !

Alors, il est définitivement temps que notre regard, celui du peuple, se détourne résolument de tous ces charlatans de la démocratie et de ses innombrables rectificateurs, survenant au cours de chaque changement de pouvoir, civil ou militaire. En effet, le changement de regard s’impose à nous. Comme une loi de l’histoire, il commence dans notre attitude critique qui se mue en méfiance, s’aiguise en défiance et s’organise en résistance.

Oui, toute naissance est une résistance ! Si l’enfant qui vient au monde doit se détacher du cordon ombilical, raison de plus pour un peuple, ployant sous le joug de vrais-faux messies, de s’en défaire enfin, et une bonne fois pour toutes ! S’en défaire pour accepter de se regarder en face, pour affronter nos véritables adversaires et nos vieux démons. Ni fuir notre réalité, ni en dédier sa transformation à des tiers, mais la regarder en face par nous-mêmes, citoyens, démocrates et révolutionnaires de ce pays, qui en compte tant !

Emprunter cette direction encore inexplorée, c’est tourner définitivement le dos aux injonctions issues de la Conférence de la Baule et toutes celles qui sont imposées à notre pays pas les règles de la finance internationale, alimentées par la fumisterie d’un modèle de développement, le néolibéralisme et son avatar au Burkina Faso, la démocratie électoraliste.

Sortir de l’enlisement des alternances, de la démocratie électoraliste et des coups d’Etat, emprunter le chemin d’une vraie alternative, consiste à renforcer le camp des patriotes et des démocrates. C’est élargir et renforcer toutes les organisations démocratiques, sur le sol national et dans toute la diaspora burkinabè à travers des luttes de conquête d’une véritable souveraineté du Burkina Faso.

Emprunter ce chemin de l’alternative, consiste par ailleurs, à faire face à nos propres faiblesses, dont celle de l’immaturité de notre identité nationale. Il s’agit ici de nous débarrasser de nos hypocrisies, de tout truisme, de nos fuites en avant qui pointent avec facilité des boucs émissaires et d’œuvrer résolument pour un esprit patriotique, affranchi des allégeances et des exclusions ethnicistes. Le déficit patriotique est la conséquence du dévoiement de la gouvernance, en transformant la gestion du pouvoir en prébendes électorale, clanique, familiale.

Emprunter cette alternative, c’est accepter que l’égalité de droits et de devoirs de tous et de toutes, le droit à la vie, et toutes les libertés démocratiques, non négociables, sont garanties par notre Loi Fondamentale. En revanche, la pleine jouissance de ces droits et devoirs n’aura lieu que par notre propre combativité pour faire corps avec tous et chacun, pour nous retrouver et nous porter tous garants d’un Burkina Faso Un et indivisible.

Le véritable Etat de droit se construit sans aucune illusion démocratique. Dans la situation actuelle de notre pays, il exige de renforcer les rangs de tous ceux et celles, notamment notre jeunesse combative et organisée, sur le sol national et au sein de nos nombreuses diasporas, de créer toujours des dynamiques citoyenne et politique plus inclusives, indispensables à notre libération, nationale et sociale.

Conclusion provisoire

La stagnation démocratique et son corollaire qu’est le sous-développement économique et social du Burkina, évoqués à travers ce bref aperçu de son parcours, dit que le présent dans lequel nous sommes plongés depuis le 24 janviers 2022 pourrait se prolonger, se poursuivre, et même s’aggraver. Cependant, affirmons-le sans ambages : c’est une possibilité mais pas une fatalité !

Loin de vouloir conjurer le sort comme s’il s’agissait d’un oracle, la tâche qui incombe à chacun d’entre nous désormais, consiste à faire mentir l’histoire et la fatalité des alternances et des défaites, telles qu’elles tentent de s’inscrire dans notre conscience collective. Faire mentir l’histoire, c’est nous éviter la répétition du même. Faire mentir l’histoire, c’est affronter notre propre vérité.

Elle est dans la mobilisation générale de tous les citoyens pour engager les véritables batailles, devenues ultimes parce qu’elles concernent notre propre survie en tant qu’Espace commun de vie collective, peut-être demain, un Etat digne de ce nom, c’est-à-dire un Etat Démocratique et Moderne ! Il nous faut éviter simplement de disparaitre. Urgence sans délai. Impératif absolu. Et sans doute, ce sera le chemin de la construction d’une véritable démocratie, engagée et assumée par un peuple déterminé à tracer sa trajectoire par lui-même, fort de sa diversité et de sa richesse culturelle, dans le respect des valeurs d’une démocratie populaire. Car, en dernière instance, il n’y a de démocratie véritable que populaire !

Cosignataires :
Didier OUEDRAOGO et Ardiouma SIRIMA

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