Actualités :: Retour de Blaise Compaoré : Un fétiche en provenance d’Abidjan pour la (...)

La chose semble se confirmer, les rumeurs ont enflé toute la journée du 5 juillet 2022 sur les réseaux sociaux pour finir par arriver sur des médias de plus en plus sérieux sans que le gouvernement burkinabè, à qui on attribue cette action, ne pipe mot. Le conseil des ministres de ce jour 6 juillet 2022 n’est pas très affirmatif sur ce retour annoncé en mondovision ; il parle de probabilité. Il revient. C’est un come-back de celui qui a été jugé par contumace et condamné dans sa patrie ; le pays qu’il a dirigé sans discontinuité pendant 27 ans.

On nous annonce le retour de l’exilé comme un apporteur de paix et de réconciliation. Blaise Compaoré s’apprête à rentrer au Faso à la demande du lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, le nouvel homme fort qui siège au palais de Kosyam construit par Blaise Compaoré. Que signifie ce retour du condamné du tribunal militaire de Ouagadougou ? Va-t-il rejoindre Gilbert Diendéré à la Maca (Maison d’arrêt et de correction des armées) condamné comme lui à la perpétuité ?

Alors que le pays subit les assauts accrus des groupes armés terroristes avec près de soixante-dix morts dans les dernières attaques dans la Boucle du Mouhoun, les Cascades, le Sahel, et le Centre-nord, si le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) est vraiment à la manœuvre, du retour de l’assassin de Thomas Sankara, du dictateur chassé en 2014 par une insurrection populaire, c’est que le pays a non seulement « perdu le nord », mais plus encore, il ne nous semble plus avoir quelqu’un aux commandes ; tant on ignore quelles sont les priorités et les urgences.

Le MPSR nous avait dit qu’il est venu pour lutter contre le terrorisme et que nous verrons bientôt les résultats. Pendant que les résultats se font attendre, voilà qu’on nous ramène un exilé volontaire qui a pris une autre nationalité, aux fins de réconciliation. Est-ce une revendication des groupes terroristes pour faire la paix avec le pays ? Auquel cas le diagnostic du pouvoir déchu serait vrai que c’est le clan Compaoré qui serait derrière les groupes terroristes. On se demande quelle est la plus-value de ce retour aujourd’hui ? Combien de divisions celui qui a pris le pouvoir en 1987 dans un bain de sang nous apporte d’Abidjan dans la lutte contre le terrorisme ?

Si vraiment notre gouvernement s’est engagé dans cette aventure, il faut croire que le pays est tombé plus bas que terre. Parce qu’à la tête du pays il n’y a plus de capacité de réflexion. Le pays est attaqué de toutes parts, les routes sont dynamitées, la route nationale N°1 Ouaga Bobo est menacée d’être coupée et le pouvoir, au lieu de s’occuper du pays, ne songe qu’à soigner des états d’âmes et à voler au secours d’égos surdimensionnés.

Mentalement, on ne peut pas accepter que ce groupe de militaires ait pris le pouvoir le 24 janvier 2022 pour organiser le match retour, faire du pays, un objet de jeu entre des personnalités et des groupes qui gagnent une partie ou perdent et ont droit à leur revanche.

Si retour il y a, que ce soit dans les règles du droit et de respect de la justice

Les répercussions de ce retour du condamné du tribunal militaire, Blaise Compaoré, si ce n’est pas à la prison seront incommensurables sur notre Etat déjà en faillite. Il est vrai que cela va réjouir un certain nombre de gens qui se sont faits les grands prêtres du fétiche Blaise Compaoré dont ils ne voulaient pas qu’il soit jugé. Peut-être se réjouiront-ils qu’il vienne et ne purge pas sa peine, aggravant ainsi le processus de destruction de l’Etat, de la justice… Peut-on espérer que par ses pouvoirs surnaturels, ce fétiche nous apporte la paix ?

On sait que peu avant ou concomitamment à cette annonce du retour du dictateur déchu, un de ses hommes-liges qui a quitté la prison pour des soins faisait campagne dans les journaux pour nous faire connaître son entregent et ses talents de diplomate et de négociateur et, nous disait-on, de conseiller de Paul Henri Damiba. Le nouvel homme fort du pays voudrait-il pacifier le pays en vidant les prisons de ses amis politiques ?

Ils nous chantaient que la réconciliation n’était pas une affaire personnelle, ou de politiciens et on les écoutait pensif, cherchant le voisin avec qui on était fâché et qui nous demanderait une réconciliation. Voilà que la jarre est cassée et qu’on nous apporte l’objet de la réconciliation, le fétiche, digne d’admiration et d’adoration pour qu’il délivre le pays. Blaise Compaoré était une divinité au CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) ; tant qu’il était au pouvoir. A sa chute, parmi ses adorateurs, il s’en est trouvé des gens qui n’avaient plus autant confiance en ses « super pouvoirs ».

Eddie Komboïgo avec le 8e congrès du CDP a déshabillé le père fondateur du parti devenu président d’honneur, de certaines attributions qu’il détenait. Il en a fait un président d’honneur comme dans tout parti démocratique qui se respecte. Nulle part au monde on ne connaît cette légende d’un parti dirigé par le président d’honneur et qui convoque son congrès. Qu’il existe une secte, un parti, des gens qui adorent Blaise Compaoré soit, mais que le pays, le Burkina Faso, devienne un satellite de cet astre éteint qu’est l’ancien président du Faso, c’est une grande faute politique.

Sana Guy
Lefaso.net

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