Actualités :: Crise au sein du CDP : Un citoyen appelle les protagonistes à privilégier la (...)

Dans une lettre signée du 3 juillet 2022 et adressée à Eddie Komboïgo et Achille Tapsoba du CDP, dans le cadre de la crise qui les oppose, un citoyen apporte sa contribution. Il appelle les protagonistes à privilégier le dialogue plutôt que les batailles judiciaires. Et ce, dans le but de préserver le parti d’une disparition certaine de la scène politique nationale. L’intégralité de sa contribution dans la lettre ci-dessous.

Lettre à Eddie KOMBOÏGO et Achille TAPSOBA

La crise au sein du PAI entre 1998 et 2011, avait opposé principalement Soumane TOURE et Philippe OUEDRAODO. En tant que démocrate cela m’avait interpellé parce qu’à l’époque le PAI était le plus ancien des partis politiques les plus structurés au Burkina. Hélas, malgré mes bons offices volontaristes auprès de mes deux ainés en 2009, ils ont préféré les batailles judiciaires fratricides qui ont entrainé d’abord la fragilisation et ensuite la disparition de ce parti sur la scène politique nationale.

Aujourd’hui, le CDP traverse une crise dont les principaux protagonistes sont, vous Eddie KOMBOÏGO, qui prétendez avoir tenu le 8ème congrès ordinaire les 18 et 19 décembre 2021, et toi Achille TAPSOBA (mon camarade de longue date), qui prétends vouloir tenir le 8ème congrès dans les jours à venir. Cela m’interpelle parce qu’à ce jour, le CDP est le plus ancien des partis politiques les plus structurés au Burkina et que sa disparition sera dommageable à notre démocratie en construction.

C’est pourquoi, sans considérations autres que le droit, j’ai entrepris des démarches auprès de toi Achille et auprès de ton cadet Eddie, afin de vous exposer ma petite compréhension des textes qui régissent votre parti et des lois de la République notamment la loi n° 032-2001/AN du 29 novembre 2001.

Les textes de votre parti, modifiés par le congrès extraordinaire du 22 septembre 2019 disposent :

1- que le congrès est l’instance suprême (statuts article 81 alinéa 1er et règlement intérieur article 126 alinéa 1er) ;

2- que le congrès peut être convoqué :

-  par le Bureau Politique National (statuts article 33, 4ème tiret) ;

-  par le Président d’honneur (statuts article 80) ;

-  et par le Président du parti (règlement intérieur article 62, 5ème tiret) ;

3- que les décisions du congrès « ordinaire ou extraordinaire » sont exécutoires et ne peuvent être révoquées ou modifiées que par un autre congrès (règlement intérieur article 126 dernier alinéa).

En considération donc :

-  des dispositions ci-dessus sur les prérogatives du BPN, du Président d’honneur et du Président du parti quant à la convocation du congrès ;

-  des dispositions du règlement intérieur sur les sanctions (articles 134 à 140) ;

-  de la décision de la 70ème session du BPN le 23 octobre 2021 portant convocation du 8ème congrès ordinaire ;

-  de la mise en place du comité d’organisation du 8ème Congrès le 25 octobre 2021 ;

-  de l’assignation en justice en vue de faire reporter la tenue du 8ème congrès ordinaire ;

-  de la décision de justice favorable à la tenue du 8ème congrès ordinaire ;

-  de la convocation et la tenue par le Président du parti du 8ème congrès ordinaire des 18 et 19 décembre 2021 ;

-  de l’absence d’une notification par MATDS, défavorable aux conclusions de ce 8ème congrès ordinaire de 2021 sans pour autant en délivrer récépissé ;

je pense qu’il est improbable que le MATDS délivre récépissé aux travaux d’un autre 8ème congrès ordinaire du même parti politique. N’allez vous pas alors privilégier le dialogue plutôt que les batailles judiciaires, afin de préserver votre parti de la fragilisation voire la disparition de la scène politique nationale comme le PAI ?
« sokré la bangré »

Ouagadougou, le 03 juillet 2022

Harouna DICKO

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