Actualités :: Sport : Crise du football au Burkina ou conflits des egos ?

Il est donne à l’opinion publique d’être malheureusement témoin de ce qui s’apparente à une honte pour le football national et partant pour le sport au Burkina. Une véritable nébuleuse !

En effet la sortie peu glorieuse des étalons de la CAN 2021 (tenue au Cameroun), a fait exploser ce qui couvait déjà depuis belle lurette. Pourquoi subitement rien ne va encore entre les acteurs à l’intérieur de la Fédération comme de l’extérieur ? Allons-nous reposer tout sur les performances des étalons à la CAN ou sur une éventuelle incompétence de l’équipe dirigeante actuelle de la Fédération ? Que se passe-t-il exactement ?

Remontons l’histoire récente de la Fédération.

Le 10 mars 2012, en remplacement a Zambendé Théodore SAWADOGO, le Colonel Sita SANGARE par ailleurs magistrat au tribunal militaire de Ouagadougou est élu à la tête de la Fédération pour un mandat de 4 ans. On lui reconnaitra la stabilité du championnat national mais aussi la chance d’être arrive au moment ou le pays disposait d’une bonne cuvée de joueurs talentueux (génération des Jonathan PITROIPA, Alain TRAORE, Charles KABORE, Aristide BANCE, …). Mais on retiendra aussi le tumulte avec son mentor et ancien Colonel Yak et les multiples plaintes de son staff aussi bien managérial que technique qui ont perturbé inutilement la quiétude du secteur.

Le 11 novembre 2016, le sieur SANGARE sera reconduit à la tête de la Fédération avec brio d’ailleurs puisqu’il passe haut les mains avec 221 voix contre son challenger Bertrand KABORE petitement crédité de 75 voix. C’est visiblement le mandat de nos malheurs actuels tant de malheureuses initiatives du Président de la FBF ont échappé à la vigilance de tous. Il décide de changer les textes et d’introduire principalement des mesures pour moins curieuses comme ce qui suit pour ne nous intéresser qu’à cela :

L’article 42 dispose que le Comité exécutif est constitué de 21 membres dont 1 Président et 4 vice-présidents et 16 membres tous nommes par le Président une fois élu par l’assemblée général. Seul le Président est donc élu.
Voyons à quels titres cette disposition est exagérément dangereuse et pourtant ne l’a pas été suffisamment pour alerter ni la presse nationale ni la commission juridique de Fédération.

D’abord, il va contre l’esprit du tout premier article qui dit que la Fédération et une association sportive constituée d’associations sportives ou clubs, de districts ou ligues de football au Burkina et adhérant aux statuts de la Fédération. Alors que l’article 42 donne la latitude au Président de prendre des gens de son choix pour peu que ces derniers « aient une connaissance du milieu du football ». Connaissance du milieu du football, qu’est-ce à dire ?

Ensuite, l’article ne ferme la porte d’entrée du comité a aucun Burkinabè ni de par sa fonction, ni de par aucune autre limite objective dont il pourrait être sujet.
En fin, seul le Président de la fédération est élu, tout le reste des membres du comité arrive par le fait du prince.

Mais qui est le Prince en l’espèce ?

Puisque les membres du Comité Exécutif (CO) sont désignés par le Président, par présomption, on dira que ce dernier est bien et bel le prince ; donc en l’espèce, le Sieur Lazare BANCE. Mais comment le prince se ferait-il harakiri en nommant des membres et vice-présidents qui ne lui sont pas acquis encore moins soumis ? Donc la thèse qui ferait Président BANCE le prince ne tient pas. Mais quand on connait les enjeux du football national, on est à même de comprendre que c’est une conjugaison de forces qui a permis d’installer l’actuel président de la Fédération.

La légitime question qu’on se poserait revient au changement des textes. Quels intérêts l’ancien président de la Fédération avait-il à introduire de disposition aussi conflictogènes dans les textes ? Serait-ce pour contrôler les choses de dehors une fois partie ? Que s’est-il passe pour que personne ne dénonce ces dispositions ? En attendant une réponse a ces interrogations, la crise que traverse le football national est étroitement liée aux insuffisances des textes opérés par la Fédération sous le magistère de Président SANGARE.

En tout état de cause, nous sommes témoin une fois encore de quelque chose d’unique en son genre : un Président qui nomme des membres d’un CE mais ne dispose d’aucun droit de les révoquer quoi le statut ne l’en interdisent. Que fait-on du principe du parallélisme des formes ? Dans tous les cas, les choses n’auraient pu être autrement puisque parmi les frondeurs du CE il existe un spécial praticien du droit.

C’est bien là une raison qui vaut que les textes interdisent un certain nombre de citoyens d’avoir la qualité de membre du CE de la Fédération. Notre cas d’espèce est d’autant plus grave que ce dernier n’est pas membre d’un club de football. On assite alors à une judiciarisation systématique de toutes bisbilles dans le football ce qui lui enlevé son caractère plaisant.

Oui judiciarisation quand le manager des Etalons (Aristide BANCE) est à son tour trainé en justice par le Sieur SANGARE qui aurait bien plutôt demander au procureur de d’ouvrir une enquête contre X sur la base de la déclaration de l’ex international des Etalons, pour assainir le milieu du football ce qui de même coup en définitive le grandirait davantage dans l’opinion publique si jamais les enquêtes venaient a l’exempter de toute malversation. Il a préféré viser la diffamation de sa personne.

On se souviendra que n’eut été la proactivité du Ministre des sports d’alors (Mathias TANKOANO que nous félicitons), qui a initié et conduit une médiation entre les parties, les Burkinabè auraient été victime encore d’une brouille entre quelque membre de la Fédération et le Sieur SANGARE à qui nous ne dénions aucun droit d’ester en justice.

Mais tant qu’à y faire, il nous semble que dans toute action il nous faut juger de l’opportunité et arbitrer entre l’intérêt national et son intérêt privé. Ainsi, aurait-il fallu préférer interpeller le procureur pour qu’il engage une action contre X, suite aux déclarations du BANCE Aristide, ce qui aurait eu le mérite non seulement nettoyer la maison de ses pratiques non recommandables mais aussi de lever tout soupçon de sur le Président SANGARE. Le droit, la Justice au service du peuple et non de l’individu. Ceci est une vue sous l’angle de la cohésion sociale qui n’est pas toujours ce qui poursuit le juge en disant le droit voire son droit (les textes étant bien souvent interprétables).

Vu sous l’angle du football, notre passion commune, alors que nous sommes à la veille des éliminatoires de la CAN 2023, on organise de toutes pièces une brouille sur l’identification du sélectionneur national. On cherche à casser la Fédération. Finalement qu’est-ce que les acteurs escomptent ? Qu’est-ce qu’ils évitent ? De quoi ont-ils peur ? Il semble que ce qu’il y a sous la roche est bien plus qu’une anguille.

L’inévitable gigantesque et passif perdant de ce nauséabond mouvement est bien le peuple puisque visiblement son ministère en charge de la question est incapable de siffler la fin de la recréation alors qu’il dispose de toutes les cartes en mains ; pis, il faut craindre qu’il ne prenne position et divise davantage les cœurs. Espérons seulement que l’enfant terrible de Koupèla saura jouer sa partition de patron, lui qui a dédié un ministère à la cohésion sociale.

Dieu sauve le Faso !
Célestin Badolo

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